Depuis les frappes américaines et israéliennes du 28 février, qui ont marqué le début du conflit contre l’Iran, un point semble faire consensus : Mojtaba Khamenei a bien été touché. Plusieurs sources diplomatiques et responsables iraniens ont reconnu que le successeur d’Ali Khamenei au poste de guide suprême avait été blessé lors de l’attaque qui a également tué son père.
Une blessure confirmée, mais un silence de plomb
L’ambassadeur iranien à Chypre, Alireza Salarian, a d’abord admis « avoir entendu que Mojtaba Khamenei a été blessé au niveau des jambes, des mains et des bras. Je pense qu’il est à l’hôpital parce qu’il est blessé. Je ne pense pas qu’il soit dans une bonne position pour prononcer un discours ». Dans le même temps, des informations relayées par des médias internationaux évoquent une fracture au pied, des contusions au visage et un hématome près de l’œil.
Malgré ces confirmations partielles, Téhéran maintient un strict contrôle de sa communication. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaeil Baghaei, s’est contenté d’affirmer que le guide suprême « est blessé, mais il va bien ». Il a reconnu qu’il n’est pas encore en état de s’exprimer publiquement. Son premier message officiel a d’ailleurs été lu par un présentateur, sans image ni enregistrement sonore du dirigeant.
Invisible et sûrement « abîmé » depuis son élection
Élu le 8 mars, Mojtaba Khamenei n’est jamais apparu en public depuis son intronisation. Les médias officiels ont tenté de cadrer le récit en le qualifiant de « janbaz », un terme persan désignant un vétéran blessé de guerre. Mais cette stratégie n’a pas suffi à dissiper les interrogations.
Certaines sources anonymes décrivent un état bien plus grave, évoquant des blessures lourdes, voire une possible mutilation. Ces informations restent invérifiables, mais elles trouvent un écho dans les déclarations des Américains. Donald Trump a estimé que le dirigeant iranien était « probablement vivant d’une manière ou d’une autre », mais « abîmé ». Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth a affirmé que les renseignements américains le croyaient « atteint et probablement défiguré ».
Transféré en secret vers un hôpital russe ?
À ces incertitudes s’ajoute une hypothèse de plus en plus importante : celle d’une évacuation vers la Russie. Selon des informations relayées par le quotidien koweïtien Al Jarida et reprises par le Kyiv Post, Mojtaba Khamenei aurait été transféré en secret à Moscou pour y recevoir des soins spécialisés.
Ce transfert aurait été organisé après un échange entre Vladimir Poutine et le président iranien, Masoud Pezeshkian. Le Kremlin aurait proposé d’accueillir le dirigeant iranien. Toujours selon ces sources, il aurait été opéré dans une structure médicale hautement sécurisée, située dans une résidence présidentielle. Ni Moscou ni Téhéran n’ont confirmé ces informations mais admettant l’existence d’un échange téléphonique entre les deux dirigeants.