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Guerre contre l'Iran : Donald Trump lâché par sa base MAGA ?

Par La rédaction

ECLAIRAGE SUD RADIO - Donald Trump vient de prétendre que la guerre en Iran serait bientôt achevée. Une façon de rassurer sa base d'électeurs qui voit d'un mauvais oeil l'action américaine à l'étranger, bien loin des promesses électorales axées sur l'"America first".

Trump
Donald Trump lâché par sa base sur le conflit en Iran ? (REUTERS/Andrew Kelly/Pool)

Donald Trump l'a déclaré hier soir : la guerre contre le régime des mollah en Iran serait quasi finie, la qualifiant même d’ « excursion ». Une déclaration qui aurait été faite parce que son mouvement MAGA ne le suit guère ? En effet, l'action de Donald Trump contre l'Iran en ce début d'année 2026 semble avoir provoqué une fracture inédite et profonde au sein du mouvement MAGA (Make America Great Again). Le mouvement MAGA, qui s'était construit en partie sur le slogan "America First" et une volonté de désengagement des conflits étrangers, se retrouve dans une position inconfortable. Un malaise d'autant plus palpable que le 47e président des Etats-Unis avait fait la promesse d'arrêter les « guerres sans fin », créant donc une tension palpable entre sa base électorale et ses convictions anti-guerre.

Tucker Carlson a qualifié l'attaque contre l'Iran de "dégoûtante et maléfique", craignant que les États-Unis ne s'enlisent dans un nouveau conflit de type Irak-Afghanistan. Cette attaque frontale a conduit Donald Trump à une rupture publique, déclarant que Carlson avait « perdu le cap » et qu'il n'était « plus MAGA ». Les critiques au sein du Parti républicain existent, bien qu'elles soient minoritaires face au bloc institutionnel qui soutient l'administration Trump. Certains élus, souvent proches de l'aile libertarienne ou populiste du parti, dénoncent une action militaire menée sans autorisation explicite du Congrès. Ils considèrent que le président a outrepassé ses pouvoirs constitutionnels.

Rand Paul, le seul à s'opposer vraiment à Trump

La plupart des leaders républicains au Sénat et à la Chambre des représentants soutiennent l'action, arguant qu'un président doit disposer d'une large latitude pour protéger les intérêts américains et ceux de ses alliés stratégiques. Le sénateur républicain du Kentucky, Rand Paul, a été la seule figure marquante de la majorité républicaine à s'opposer frontalement à la stratégie présidentielle lors du vote crucial au Sénat le 4 mars 2026. Il a voté en faveur de la résolution (introduite par le démocrate Tim Kaine) visant à exiger l'autorisation du Congrès pour poursuivre les hostilités. L'argument : Rand Paul, fidèle à sa ligne libertarienne et isolationniste, dénonce systématiquement les interventions militaires lancées sans l'aval formel du pouvoir législatif, arguant que cela viole la Constitution et risque d'entraîner le pays dans un bourbier sans fin.

Le président Trump, lors d'une cérémonie de transfert des corps à la base aérienne de Dover, a reconnu la lourdeur de ces pertes tout en réaffirmant sa volonté de poursuivre l'opération Epic Fury. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a publiquement préparé l'opinion publique à la possibilité de pertes supplémentaires, qualifiant ces sacrifices de "nécessaires" dans le cadre de cette campagne militaire.

"Il y a toujours eu deux camps aux Etats-Unis"

"Les États-Unis ne comprennent pas toujours très bien le fait que l’on puisse perdre des soldats américains dans une guerre qu’ils pensent ne pas les concerner directement, décrypte Denis Jacquet, entrepreneur français vivant à New York, au micro de Patrick Roger, sur l'antenne de Sud Radio. Ils ne sont pas non plus très forts en géographie."

"Il y a toujours eu deux camps, entre ne pas être le gendarme du monde et ceux qui disent qu’il faut débarrasser l’Iran, pour plusieurs raisons. Que l’Iran ait la bombe nucléaire serait une catastrophe, pas seulement pour Israël mais pour toute la région. Quand on est épris d’un peu de justice humaine, on ne peut plus laisser faire les mollah, abrités en France et mis en place par Jimmy Carter à l’époque."

"Un numéro d'équilibriste difficile à tenir"

Comment Donald Trump peut-il légitimer son action, lui qui s’est toujours dit opposé à ce type de conflit ?"Pour moi, ce conflit en Iran est quand même la victoire de la fin de l’hypocrisie, notamment en France, estime Denis Jacquet, témoin in situ de l'ambiance outre-Atlantique. Quand il s’est agi de tuer 40000 personnes en quelques semaines, personne n’agitait de drapeau. On sait maintenant les raisons exactes du soutien à la Palestine. Il n’y avait personne pour soutenir les Iraniens."

"Aujourd’hui, tous ceux qui se réfugient derrière le droit international sont ceux qui ont défendu la Palestine et Gaza. Il a prononcé cette phrase « c’est bientôt fini », je n’ai aucune capacité de dire si c’est vrai. Il y a quand même de grandes chances que les Israéliens terminent ce conflit assez rapidement. Mais ce ne sera pas fini dans quinze jours. Ce sera un numéro d’équilibriste difficile à tenir pour lui si cela dure un ou deux mois. Deux ou trois semaines sera déjà très long."

Retrouvez "Sud Radio vous explique" chaque jour à 7h40 dans le Grand Matin Sud Radio avec Patrick Roger

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