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Pierre de Maere : "Je fais une musique lisible, à la portée de tout le monde"

Par Elliott Léonard

ENTRETIEN SUD RADIO - Pierre de Maere est de retour. Après son album à succès « Regarde moi », il revient avec le single « Je pense à vous », accompagné d’un clip à l’esthétique léchée. 

Pierre de Maere (Photo by Julie SEBADELHA / AFP)

Pierre de Maere, s’est confié au micro de Maxime Lledo, dans le Grand Matin Week-end sur Sud Radio. À l’occasion de son nouveau titre « Je pense à vous », il est revenu sur la dimension kitch dans sa musique et ses clips, sur la difficulté de la réalisation d’un deuxième disque, sur sa façon de travailler et même sur sa future tournée.

"L'essence même de ce qu'un artiste devrait être, avoir une sorte de rôle d’ensorceleur"

Dans « je pense à vous », ce « vous », qui est-ce ?

D'abord c'est ceux qui m'aiment. Puis ceux qui ne m'aiment pas aussi, peuvent le prendre peut-être. C'est l'occasion de leur dire, je ne sais pas, donnez-moi une dernière chance. C'est « je pense à vous » mon public, « je pense à vous » ceux qui m'ont manqué, ceux à qui j'ai peut-être manqué. Et puis « je pense à vous », pour tout vous dire, ça honore un petit peu la place de la musique dans ma vie. (...) Le meilleur moyen de me faire des copains, c'était la musique, depuis toujours.

Inclure des éléments kitch, est-ce important pour vous ?

(…) Eh oui, le « kitsch », c'est la générosité, c'est avoir peur de rien, et c'est un peu ça ce disque. 

(…) En fait, dans le clip que vous verrez, j'arrive, je débarque dans une sorte de quartier où je sème un semblant de curiosité, on va dire. J’arrive tout feu tout flamme, avec une grosse attitude, vraisemblablement fier de moi, avec cette cravate à poids et un costume plutôt bien taillé pour le coup. Et peu à peu, il y a une contagion. Les gens se mettent à danser comme moi, se prennent au jeu, et pour moi, c'est l'essence même de ce qu'un artiste devrait être. Avoir une sorte de rôle d’ensorceleur. (…)

"La date n'est pas tout à fait arrêtée, mais je pense que ce sera pour fin septembre"

Vous avez étudié la photographie. Votre intérêt pour l’image, vous le mettez aussi dans ces visuels, dans ces clips ? 

Complètement, oui. Je suis hyper impliqué sur toutes les images. Essentiellement, la photo, en fait. Par exemple, vous ne l'avez pas encore vue, mais la pochette du disque, je l'avais en tête depuis deux ans. Il existe, je pense, 36 versions d'un moodboard, dans lequel je mets plein de références qui me plaisent, qui existent depuis toujours.

Et j'avais en tête chaque élément qui constitue la photo. Vous la verrez bientôt, je ne vous spoil rien. Elle est très belle, étonnante. Et c'est la même chose pour le clip. (…) C’est un travail de groupe plutôt familial, restreint. 

Qu'est-ce que vous pouvez nous dire de plus sur cet album ? Une date ?

Bien sûr ! La date, elle n'est pas tout à fait arrêtée, mais je pense que ce sera pour fin septembre. Le titre, on débattait encore hier à table. C'est très clivant. Moi, j'ai plein d'idées, mais tout le monde déteste. Donc pour l'instant, ce n'est pas gagné. Mais on va y arriver.

Et je pense inviter un peu plus de monde sur celui-ci. Enfin, c'est-à-dire que sur le précédent, il n'y avait personne. Donc un peu plus de monde, ça peut être une personne.

"J'ai fait 100 maquettes pour en garder 12"

Alors, vous avez déclaré également que le deuxième disque était le plus difficile. Qu'est-ce qui a été dur à faire ? 

En fait, je pense que c'est le plus difficile parce qu'il y en a eu un premier. Et donc forcément, je compare tout avec le premier. J'ai envie que ce soit mieux. Sur le premier, je n'avais pas d'éléments de comparaison.

Et donc, je faisais mon truc sans me poser trop de questions. Là, je me suis posé plein de questions, mais qui étaient les bonnes parce que ce n'était pas comment égaler le succès, c'était juste comment faire mieux, comment aller chercher plus loin musicalement dans les textes, comment être plus riche, plus abouti.

Et je pense que c'est réussi parce que j'ai eu le temps de le faire, parce que j'ai fait 100 maquettes pour en garder 12, ce qui n'était pas du tout le cas du premier album. J'en avais fait 15.

Vous travaillez seul ou en groupe ? 

Assez souvent seul. Je pense qu'il y a bien 7 morceaux sur le disque que j'ai commencé seul. Ils sont tous écrits à peu près seul, composés plus ou moins seul. Et la production, seul aussi, en fait. Je m'entoure. Mon frère m'aide beaucoup sur les finitions. Et puis, quelques fois, il y a des amis qui sont intervenus.

Mais globalement, je pense qu'on est 5 à avoir fait le disque, pas plus. Ce qui est assez lunaire dans un environnement où aujourd'hui, souvent, il y a 30 personnes dans les crédits de chaque titre. 

"Je n'ai pas la prétention de révolutionner l'industrie de la musique aujourd'hui"

Une autre de vos déclarations : « Je fais de la pop et il n'y a rien de plus conventionnel », que pouvez-vous en dire ?

Je n'ai pas la prétention de révolutionner l'industrie de la musique aujourd'hui. J'aimerais bien. Ça serait formidable. Mais pour l'instant, ce n'est pas vraiment le cas. Je fais une musique, je pense, qui est lisible, qui est à la portée de tout le monde. Et moi, c'est ce que j'ai envie de faire, parce que c'est ce que j'écoute.

Je n'écoute pas tellement des groupes niches. Je n'écoute pas des chansons qui durent 13 minutes avec des solos de saxophones interminables. Je peux apprécier, dans un contexte de film, parce que c'est mon père qui me l’impose. Mais pas moi, en tant que consommateur. Ce n'est pas ce que j'écoute. Et je pense qu'il faudrait arrêter les snobs avec la pop, comme il ne faut pas non plus se moquer de la musique niche. Je pense que l'hybride, c'est la vérité. La vérité est toujours dans la nuance.

Vous avez annoncé quatre dates pour l'instant, deux à Bruxelles, deux à Paris. Qu’avez-vous prévu pour la suite ? 

On attend, je pense, que les dernières options se confirment pour annoncer la tournée française et belge, et globalement francophone. Parce que la Suisse fera certainement partie de nos objectifs très bientôt, fin du mois, je pense. (…)

J'ai l'envie de chanter mes morceaux partout. Je suis tellement fier du disque, je suis tellement content de ce que j'ai entre les mains, que je pense que ce serait un gâchis immense que de faire 15 dates et puis de partir. (…)

Retrouvez l'échange intégral ici.

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