Le chiffre a de quoi interpeller, selon la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), près de 40 % des 1.600 établissements contrôlés ont fait l'objet de suites correctives ou répressives.
Mais faut-il en conclure que les garagistes sont malhonnêtes ? Pour Luc Fournier, directeur d'activité chez Back2Car, l'interprétation mérite d'être nuancée. Au micro de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau, dans On parle auto, il revient sur les principales raisons de ces manquements.
Les garages doivent proposer des pièces d'occasion
La réglementation impose aux réparateurs d'informer leurs clients de l'existence des pièces issues de l'économie circulaire, plus communément appelées pièces de réemploi. « Le réparateur doit proposer un devis avec des pièces de réemploi, tout comme il propose un devis avec des pièces neuves », explique Luc Fournier.
Le consommateur reste libre de son choix, en fonction de son budget ou de ses convictions écologiques. Mais le professionnel est tenu de présenter cette possibilité. Or, selon le spécialiste, une grande partie des garages sanctionnés l'ont été précisément parce qu'ils n'avaient pas respecté cette obligation.
🚨Les garagistes sont-ils vraiment malhonnêtes ? #OnParleAuto
🗣️ Luc Fournier (Back2Car) : "Le réparateur doit proposer un devis avec de la pièce de réemploi, tout comme il propose un devis avec de la pièce neuve"
➡️Le direct : https://t.co/y4VcQ5a6lt
☎️Réagissez au 0 826 300… pic.twitter.com/lzQF8yuF6w— Sud Radio (@SudRadio) June 13, 2026
Une pratique de plus en plus répandue
Contrairement aux idées reçues, les réparateurs sont de plus en plus favorables à l'utilisation de pièces d'occasion. « Les réparateurs pas du tout favorables à la pièce de réemploi ne représentent que 4 % », souligne Luc Fournier.
Aujourd'hui, 87 % des professionnels se disent plutôt favorables ou très favorables à cette pratique, soit une progression de plus de 20 % en quatre ans. Dans le secteur de la carrosserie, leur utilisation est même devenue quasiment systématique.
Jusqu'à 75 % d'économies sur certaines réparations
L'intérêt des pièces de réemploi est avant tout financier. Elles permettent de réduire considérablement la facture. « On peut réaliser jusqu'à 75 % d'économies par rapport à une pièce neuve », affirme le directeur d'activité de Back2Car.
Toutes les pièces ne sont toutefois pas concernées. Les consommables et les éléments d'usure, comme les plaquettes de frein ou l'huile moteur, ne sont pas réutilisés. En revanche, les portes, pare-chocs, capots, moteurs, boîtes de vitesses, alternateurs ou encore certaines pièces de l'habitacle sont couramment disponibles.
Des délais légèrement plus longs, mais souvent raisonnables
L'un des reproches fréquemment formulés concerne les délais d'approvisionnement. Une pièce neuve peut parfois être livrée plusieurs fois par jour. Pour une pièce d'occasion, le délai est généralement d'une journée. « Le réparateur commande la pièce la veille et l'a pour le rendez-vous du lendemain », précise Luc Fournier. Selon lui, environ 80 % des besoins peuvent ainsi être couverts sans retarder significativement la réparation.
Que faire si votre garage refuse ?
Si un professionnel refuse de proposer un devis intégrant des pièces d'occasion, le spécialiste conseille tout simplement de se tourner vers un autre établissement. « Il est stupide de ne pas le faire, parce que son voisin va le faire », estime Luc Fournier.
Avec la montée en puissance de l'économie circulaire et les économies qu'elle permet, la pièce de réemploi s'impose progressivement dans les ateliers. De quoi relativiser le chiffre avancé par la DGCCRF : derrière les 40 % d'anomalies relevées, il ne s'agit pas nécessairement d'escroqueries, mais souvent d'un défaut d'information ou d'un non-respect des obligations d'affichage.