Plus de 200 000 personnes ont été évacués du bassin d’Arcachon par les soldats du feu. Si ces derniers sont accueillis dans des villages aux alentours, certains sont oubliés : les animaux. Des associations comme culture d’âne de Caroline Restiaux accueillent les animaux en attendant que le feu soit confiné et terminer.
"On a récupéré une quinzaine de gros animaux"
Vous êtes situés au nord du bassin d'Arcachon, du côté de l'estuaire de Gironde. Combien d'animaux avez-vous, déjà vous, sur votre ferme et combien vous en avez accueilli depuis le début de l'incendie ?
« Alors moi, en comptant les gros animaux et les petits, j'en ai à peu près 80. Nous, on est déjà un refuge à la base, on récupère des animaux en situation de maltraitance. Et là, lors de l'évacuation, on a récupéré une quinzaine de gros animaux, donc ânes, chevaux, et après une cinquantaine de différents animaux de la ferme. » déclare Caroline Restiaux au micro de Sud Radio.
« Cela peut aller du cochon d'Inde au lapin à la mouche, enfin au mouton zébu, quoi. On a beaucoup parlé de cette ferme pédagogique du Porge qui avait dû être évacuée en urgence. »
On avait reçu, la semaine dernière d'ailleurs, Yasmine qui tient cette ferme avec son mari. Vous avez recueilli ces animaux, comment vous avez été alertés de la situation, de ce qu'ils vivaient ?
« On a suivi, comme tout le monde, l'actualité, mais en fait, c'est sur les réseaux sociaux, ils ont lancé un appel à l'aide auquel on a répondu, comme beaucoup de personnes d'ailleurs, sauf que malheureusement la situation a vite dégénéré, et du coup, les gens n'ont pas pu se présenter sur place. » déclare la présidente de l’Association Culture d’âne.
« Nous on est intervenus, mais vraiment en urgence. À 19h, on a reçu un appel catastrophé, et on est partis vite sur place pour procéder à cette évacuation. »
"Les animaux sont paniqués"
Vous étiez sur place, il a fallu aller vite, et on a dit à Yasmine de choisir les animaux qu'elle voulait sauver, car tous ne pouvaient pas être évacués. Vous avez vécu cela de près, bien évidemment ?
« Alors moi, j'ai dû rester sur place pour gérer tout le côté logistique pour la réception des animaux, et il y a quand même des clauses sanitaires à respecter, mais c'est mon compagnon qui a été, et malheureusement, tout le monde ne pouvait pas rentrer dans les camions. »
« Ça a été la grosse difficulté de devoir prendre ceux qui montaient facilement, parce que les animaux sont paniqués dans ces cas-là, voire parfois même un peu dangereux. Donc oui, malheureusement, on n'a pas pu monter tout le monde d'un coup. » témoigne Caroline Restiaux
« Fort heureusement, le feu a encerclé la ferme, mais n'a pas brûlé la ferme en elle-même, donc on a pu y retourner plusieurs fois, plusieurs jours d'affilée, et donc récupérer à peu près l'ensemble. Là, à l'heure actuelle, il ne reste plus que les cochons, et c'est les voisins à côté de chez eux qui s'en occupent, qui les nourrissent, et tout le monde va bien. Forcément, c'est une très bonne nouvelle. »
J'imagine que Yasmine, qu'on avait eue, qui était en pleine détresse, ça va peut-être un peu mieux pour elle. En tout cas, c'est une très bonne nouvelle, ça c'est sûr.
« Oui, après, ça a stressé tout le monde, ceux qui évacuaient, ceux qui allaient chercher, les animaux aussi. Donc oui, bien sûr, ça a été une bonne nouvelle pour eux, un soulagement, surtout quand on y a été le lendemain, et de voir que, oui, ceux qui étaient restés, étaient toujours vivants »
« Vous vous doutez, on se met à leur place, et on a bien vu à quel point ils étaient mâles, et nous aussi, de ne pas pouvoir charger tout le monde d'un coup, mais c'est impossible, compte tenu des moyens qu'on avait, de mettre tout le monde ensemble. Si c'est pour qu'ils se fassent du mal dans le camion, c'est pas la peine non plus. En tout cas, tous les animaux sauvés, forcément, c'est une très bonne nouvelle, je le disais. » explique la présidente de Culture d'âne
"Dans les meilleures conditions"
Ils sont choqués, ces animaux, ils ont besoin d'être apaisés, rassurés, j'imagine ?
« Alors franchement, je trouve que, dans l'ensemble, tout le monde a vécu ça à peu près bien, alors forcément, le transport, ça les stresse toujours un peu, mais ils sont arrivés vite, et l'avantage, c'est que comme nous, on avait déjà des animaux sur place, les communications se sont vite faites, les ânes se sont mis à braire, les chevaux ont communiqué entre eux »
« Sinon, on arrive à être stables et apaisés, les animaux le ressentent finalement, et puis voilà, on fait de notre mieux. En tout cas, c'est toute une organisation, forcément, à gérer, pour mettre dans les meilleures conditions l'ensemble de ces animaux. » dévoile Caroline Restiaux
Comment on peut vous aider ? Est-ce que j'imagine que vous avez besoin d'argent, notamment pour nourrir toutes ces bêtes ?
« Oui, alors déjà, on a eu un incroyable élan de solidarité, je tiens vraiment à le souligner, parce qu'on a fait un appel, nous aussi, sur les réseaux sociaux, parce qu'on s'est retrouvés débordés, en fait, avec un nombre d'animaux incroyables, parce qu'il y a eu la ferme du Porges, on a aussi eu l'écurie de Carcan, qui est la pension de Maréchal Ferrand, et l'association Epona aussi, de Sainte-Hélène, donc d'une structure, on est passés à quatre au même endroit, et c'est le Leclerc, en fait, du Verdon, celui de l'Espard aussi, le carrefour de Soulac, et les boulangeries du coin aussi, tous les particuliers, en fait, qui ont répondu à l'appel, qui nous ont amené des grains, des fruits, des légumes, les grandes surfaces qui nous ont donné des palettes pour construire des enclos, voilà, tout le monde a ramené sa petite... pierre à l'édifice. » conclut la présidente de Culture d'âne.