M. Bolloré avait révélé le 8 avril dernier, lors de son audition par une commission d'enquête parlementaire, l'existence de ce cercle créé un an plus tôt, en avril 2025.
"Nous avons réussi à réunir au sein d’un petit institut qui s’appelle l'Institut de l’Espérance une vingtaine de personnes qui réfléchissent et essaient de ramener du bon sens et de la prospérité pour la France et les Français", avait-il déclaré devant les députés.
L'agence Bloomberg a rapporté mardi qu'un "manifeste" était en cours d'élaboration, ce qu'a confirmé à l'AFP l'un des trois membres du comité directeur de cet institut, l'entrepreneur Philippe Royer.
L'Institut est "un groupe démocrate et apolitique qui a vocation à produire un manifeste. Dans un monde où beaucoup de gens pensent que tout est foutu, que le chaos toujours plus grand est devant nous, ce groupe a vocation à poser une vision porteuse d'espérance déclinée avec des mesures concrètes", a expliqué M. Royer, ancien président du réseau des entrepreneurs et dirigeants chrétiens.
Ces propositions, attendues d'ici "fin mai - début juin", tourneront autour de quatre thématiques, selon lui : "comment redonner du pouvoir d'achat aux Français"; "comment redonner plus de liberté et de sécurité"; "comment prendre soin des plus vulnérables"; comment bâtir "une France heureuse, harmonieuse, intergénérationnelle dans laquelle on redonne aux jeunes des perspectives".
A l'approche de 2027, ce think tank "ne porte aucun candidat à la présidentielle, et je pense qu'à l'intérieur du groupe il y a des sensibilités très différentes", assure M. Royer, qui précise que ce cercle "s'est interdit d'échanger avec tous les politiques qui pourraient être en campagne ou en préparation de campagne".
Mais la production du "manifeste" vise à ce que "l'espace politique s'empare des vrais sujets", ajoute-t-il.
Il réfute que le projet puisse être qualifié de "conservateur", ou qu'il s'inscrive dans "une démarche religieuse", même si plusieurs membres ne cachent pas leur "inspiration chrétienne".
Leur démarche "traduit surtout le fait de montrer que l'enracinement ne s'oppose pas à la modernité", dit-il.
Quant à Vincent Bolloré, qui a dans son giron plusieurs titres de presse (JDD, Cnews, Europe 1) ou de maisons d'édition (Fayard) régulièrement accusés de promouvoir des thèses conservatrices voire d'extrême droite, ce que ces médias contestent, "il y a un écart entre l'image et la réalité que j'ai rencontrée", assure M. Royer qui situe le milliardaire "plus sur une échelle de démocrate chrétien".
Parmi les membres de ce cercle de réflexion figure Jean-Christophe Thiery, directeur général du groupe d'édition Louis Hachette, qui va prendre la tête de Grasset après le licenciement d'Olivier Nora.
Guillaume Zeller, un journaliste qui a dirigé plusieurs chaînes de télévision détenues par Vincent Bolloré, Stanislas de Bentzmann, coprésident d'une entreprise de conseil en technologies, ou Chantal Barry, productrice de télévision et de cinéma, y participent également.