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Qui est Mojtaba Khamenei ? Tout savoir sur l’héritier nommé nouveau Guide suprême

PORTRAIT SUD RADIO - 9 jours après la mort de l’ayatollah Ali Khamenei, tué dans des frappes israélo-américaines le 28 février, Téhéran a fait savoir qu’un nouveau guide suprême avait été élu. C'est donc son fils, Mojtaba Khamenei qui lui succède.

Mojtaba Khamenei
Mojtaba Khamenei (AFP)

À 56 ans, Mojtaba Hosseini Khamenei, né le 8 septembre 1969 à Machhad, a été désigné hier comme troisième Guide suprême de la République islamique d’Iran par l’Assemblée des experts, succédant à son père Ali Khamenei, tué lors d’une frappe israélienne au début de la guerre. Figure longtemps discrète mais influente, il était considéré depuis des années comme l’un des candidats les plus sérieux à la succession.

Âgé de 56 ans, il est né le 8 septembre 1969, à Machhad en Iran. Deuxième des fils d’Ali Khamenei (sur six), il est marié à Zahra Haddad-Adel, issue d’une famille politique influente et a trois enfants. Il a suivi des études au Séminaire de Qom, haut lieu du clergé chiite.

Mojtaba Khamenei n’a jamais occupé de fonction politique officielle de premier plan avant 2026. Son influence s’est construite dans les coulisses, au cœur des réseaux sécuritaires et religieux.

Un rôle clé dans la répression de 2009

Il a dirigé la milice Bassidj lors des manifestations post-électorales de 2009, soutenant le président Mahmoud Ahmadinejad et a joué un rôle clé dans la répression du mouvement vert.

Homme de réseaux et conservateur, il cultive une proximité étroite avec les Gardiens de la Révolution, qui ont joué un rôle déterminant dans sa montée en puissance et son influence religieuse croissante, lui qui a été désigné comme ayatollah dès 2022, signe d’une légitimation théologique progressive.

Vers un probable durcissement

Selon plusieurs analyses, Mojtaba exerçait déjà une influence significative sur les décisions de son père, notamment dans les affaires sécuritaires et la gestion des crises internes. Rien n’indique donc une volonté d’ouverture démocratique de sa part. Au contraire, son parcours suggère une continuité autoritaire, voire un durcissement.

Son manque de légitimité populaire, son rôle dans les répressions passées et la dimension dynastique de sa nomination pourraient donc fragiliser son autorité à long terme.


Profil : un dirigeant secret, idéologue et pragmatique

Mojtaba Khamenei est décrit comme :

  • Secret, rarement filmé ou interviewé.
  • Idéologiquement dur, fidèle à la ligne révolutionnaire.
  • Stratège, capable de manœuvrer entre clergé, Pasdarans et institutions.
  • Pragmatique, notamment dans sa gestion des réseaux économiques liés aux fondations religieuses.

Son style contraste avec celui de son père : moins orateur, plus gestionnaire, davantage tourné vers les appareils sécuritaires.

Ambitions et objectifs :

  • Consolider le pouvoir interne : Son premier objectif semble être de stabiliser le régime dans un contexte de guerre et de tensions internes. Il s’appuie pour cela sur les Gardiens de la Révolution, les réseaux religieux de Qom et les fondations économiques du régime.
  • Pérenniser une dynastie théocratique. Sa nomination marque une évolution notable car la République islamique devient de facto dynastique, un phénomène inédit dans un système théoriquement collégial.
  • Renforcer l’axe de résistance. Il devrait poursuivre la stratégie régionale de son père en continuant à soutenir le Hezbollah, jouer de son influence en Iran, Irak, Syrie et Yémen, et poursuivre le bras de fer avec Israël et les États-Unis.

Vision de l’Iran

Mojtaba Khamenei défend une vision d’un Iran :

  • religieux et idéologiquement homogène
  • militarisé et centralisé
  • résilient et fort face aux pressions extérieures
  • technologiquement autonome (nucléaire, drones, cybersécurité).

Peu d’ouverture politique

Antécédents et controverses

  • Accusations d’ingérence dans les élections de 2005 et 2009.
  • Rôle dans la répression des manifestations de 2009.
  • Critiques internes : certains religieux s’opposaient à une succession héréditaire, jugée contraire aux principes de la République islamique.
  • Opacité financière : soupçons de contrôle de vastes réseaux économiques liés au clergé.

L’arrivée de Mojtaba Khamenei au sommet de l’État iranien marque un tournant historique.
Son pouvoir repose sur un triptyque solide : clergé – sécurité – économie religieuse.

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