La République islamique d'Iran a un nouveau dirigeant. À 56 ans, Mojtaba Khamenei a été désigné guide suprême, succédant à son père, Ali Khamenei, tué au premier jour de l'offensive américano-israélienne lancée le 28 février. Cette succession intervient dans un contexte d'escalade militaire sans précédent au Moyen-Orient, où les frappes israéliennes contre l'Iran et ses alliés redessinent les équilibres régionaux.
Une succession inédite dans la République islamique
La nomination de Mojtaba Khamenei constitue un tournant politique majeur pour l'Iran. Pour la première fois depuis la révolution islamique de 1979, la fonction de guide suprême semble passer de père en fils, ce qui alimente les critiques sur une possible "dynastisation" du pouvoir au sein d'un régime qui s'était construit contre la monarchie.
Mojtaba Khamenei n’a jamais occupé de fonction élective officielle. Pourtant, il est depuis longtemps considéré comme une figure centrale du cercle du pouvoir iranien, notamment grâce à ses relations étroites avec les Gardiens de la révolution et les milieux conservateurs du régime.
Sa nomination a été rapidement soutenue par plusieurs alliés régionaux de Téhéran, notamment les rebelles houthis au Yémen. L'armée idéologique de la République islamique d'Iran a aussi déclaré son allégeance à Mojtaba Khamenei. Mais cela a également suscité de vives réactions à l'international. Donald Trump a qualifié cette nomination "d'inacceptable", affirmant qu'elle "ne durera pas longtemps"
Des sites pétroliers attaqués en Iran
La succession intervient alors que le Moyen-Orient est plongé dans un conflit majeur. Depuis la fin février, Israël et les États-Unis mènent une campagne militaire contre l’Iran, visant notamment ses installations militaires, énergétiques et ses infrastructures liées au programme balistique.
Des frappes israéliennes ont notamment visé des dépôts de carburant à Téhéran, provoquant d'importants incendies et un nuage de fumée toxique au-dessus de la capitale iranienne. Les autorités locales ont évoqué des pluies acides et des problèmes respiratoires chez les habitants.
L'Iran a riposté en tirant des missiles vers Israël peu après la nomination de son nouveau guide suprême, marquant une nouvelle étape dans l’escalade militaire entre les deux pays.
Violents combats au Liban, près de 400 morts depuis le début du conflit
De violents combats ont fait font rage dans la nuit de dimanche à lundi dans l'est du Liban, près de la frontière syrienne, où des troupes israéliennes ont atterri à bord d'hélicoptères, selon l'agence de presse nationale libanaise Ani
Plus de 500 000 personnes ont été contraintes de quitter leur domicile au Liban à la suite des frappes israéliennes, d'après le dernier bilan communiqué par les autorités libanaises. Le pays subit depuis lundi une série de bombardements intenses menés en réponse à des attaques du Hezbollah, mouvement soutenu par l'Iran.
Le bilan des frappes israéliennes menées dans le pays s'élève désormais à 394 morts, a rapporté le ministre de la Santé libanais. Dimanche, l'armée israélienne a, elle, annoncé la mort de deux de ses soldats dans le sud du Liban.
Réunion des ministres des Finances du G7 ce lundi
Une réunion des ministres des Finances du G7 est prévue ce lundi afin d’aborder les répercussions économiques des tensions croissantes au Moyen-Orient. Les discussions doivent notamment porter sur les risques pour les marchés de l’énergie, la stabilité financière mondiale et les réponses possibles face à l’escalade du conflit dans la région.
La réunion se tiendra à 13 h 30 (heure de Paris) et sera présidée par le ministre français de l'Économie Roland Lescure depuis Bruxelles, où il participe à une réunion de l’Eurogroupe. Elle rassemblera les représentants des sept grandes économies industrialisées : États-Unis, Japon, Canada, Royaume-Uni, France, Allemagne et Italie.
Emmanuel Macron s'est par ailleurs entretenu dimanche avec les présidents américain Donald Trump et iranien Massoud Pezeshkian avant ce lundi à Chypre. "J'ai souligné la nécessité que l'Iran cesse immédiatement ses frappes contre les pays de la région", a déclaré le président français, premier dirigeant occidental à s'être entretenu avec le président iranien depuis le déclenchement de la guerre en Iran le 28 février. Aucune précision n'a été donnée dans l'immédiat sur la nature des échanges avec le président américain.