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L'humeur de Périco Légasse : "Les résultats du PS illustrent l’effondrement d’un parti historique"

OPINION SUD RADIO – Périco Légasse revient sur la stratégie du Parti socialiste face à La France insoumise à l’approche des élections municipales. Malgré les prises de distance affichées par Olivier Faure, il dénonce des alliances locales qu’il considère comme des reniements.

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Thomas SAMSON - AFP/Archives

« Je porte un regard très critique sur la situation actuelle de ce grand parti qu’est le Parti Socialiste, dans lequel j’ai milité dans ma jeunesse et pour lequel j’ai longtemps eu de l’affection et du respect.

Même si, depuis plusieurs années, je le fustige, c’est parce que je considère que le socialisme français a trahi une partie de ses principes. Les résultats électoraux récents en témoignent, notamment celui d’Anne Hidalgo, qui illustre l’effondrement d’un parti historique, celui de Jean Jaurès, de Léon Blum, et même de François Mitterrand, bien qu’il n’en ait pas toujours été le représentant le plus exemplaire.

"Le PS est aujourd’hui en décrépitude"

Ce parti est aujourd’hui en décrépitude. On a pourtant cru à un sursaut après ce que j’appelle la « forfaiture » du Front républicain en 2024. Pour faire barrage au Rassemblement national, des forces politiques qui se détestent se sont alliées. Des électeurs de droite ont voté pour des candidats d’extrême gauche, et inversement. Une forme de cohésion nationale de circonstance, destinée uniquement à empêcher une majorité absolue du RN. Mais dès le lendemain, chacun reprenait ses affrontements.

Dans ce contexte, Olivier Faure a semblé adopter, ces dernières semaines, une position plus ferme. Il s’est montré sans concession face aux outrances et aux prises de position de Jean-Luc Mélenchon et de La France insoumise, notamment sur des sujets sensibles comme Israël, ou encore après le drame de Quentin Durand. Le Parti socialiste affirmait alors que la France insoumise n’était plus fréquentable et qu’il n’y aurait plus d’alliance.

"Tous les électeurs de LFI ne sont pas infréquentables"

Mais à l’approche des élections municipales, cette ligne apparaît beaucoup plus floue. Les résultats montrent que La France insoumise ne réalise pas de percée majeure au niveau national, restant sous la barre des 10 %, malgré quelques succès locaux, notamment dans des villes comme Roubaix ou Saint-Denis.

Malgré cela, Olivier Faure a déclaré qu’il n’y aurait pas d’alliance nationale avec La France insoumise. Une formulation ambiguë, car nous sommes précisément dans des élections locales. Et dans les faits, on constate que, partout, pour conserver leurs positions, des listes socialistes ont pactisé avec ceux qu’ils dénonçaient encore récemment. Je ne dis pas que tous les électeurs ou représentants de La France insoumise sont infréquentables. Mais force est de constater que, pour sauver certaines mairies, les socialistes ont accepté des alliances, voire des fusions de listes, avec des partenaires qu’ils avaient pourtant rejetés.

"Olivier Faure pourrait être menacé"

L’obsession d’Olivier Faure, qui remonte à la création de la Nupes puis du Front populaire, reste la même : préserver les sièges des députés socialistes. Aujourd’hui, ils sont 67. Sans l’apport des voix de La France insoumise lors des prochaines législatives, ce nombre pourrait chuter drastiquement. Et certains dirigeants, y compris lui-même, pourraient être menacés.

Une fois de plus, les sociaux-démocrates semblent prêts à de nombreuses concessions pour conserver leurs positions. À mes yeux, cela relève d’un reniement et constitue une forme d’humiliation pour ce parti. Et pourtant, je le répète : le Parti socialiste reste un grand parti. Il fait partie de l’histoire politique française, il a porté des idées et des projets importants, et je continue de lui garder une forme d’estime historique.

"Je vois une contradiction majeure du PS"

Mais aujourd’hui, lorsque j’entends Olivier Faure affirmer solennellement qu’il n’y aura pas d’alliance avec La France insoumise, alors même que des accords sont conclus localement, je vois une contradiction majeure. Pour sauver des positions, certains sont prêts à toutes les concessions, voire à des reniements.

Je ne pense pas que les électeurs soient dupes. Et, à l’horizon 2027, cela laisse présager des choix difficiles pour l’électorat de gauche, entre ce qui est compatible avec les valeurs de la République et ce qui ne l’est pas avec celles du socialisme. »

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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