Carburant : "la seule solution c’est le blocage des prix" selon Adrien Quatennens

Carburants, pouvoir d'achat, pass sanitaire, campagne des présidentielles : Adrien Quatennens était l’invité du “petit déjeuner politique” de Patrick Roger le 21 octobre sur Sud Radio, à retrouver du lundi au vendredi à 8h15.

Adrien Quatennens
Adrien Quatennens, interviewé par Patrick Roger sur Sud Radio, le 21 octobre, dans "le petit déjeuner politique".

Carburants, pouvoir d'achat, pass sanitaire, campagne des présidentielles : Adrien Quatennens répond aux questions de Patrick Roger.

Adrien Quatennens : "Au départ, les meilleurs arguments contre le pass sanitaire étaient ceux de Monsieur Macron et de Monsieur Véran !"

Le texte de loi sur le prolongement du pass sanitaire a été adopté de justesse par les députés dans la nuit du 20 au 21 octobre. Adrien Quatennens, s'y était opposé : "le vaccin est efficace contre les formes graves, il diminue la contagiosité, mais il ne confère pas l'immunité. Par conséquent, être équipé d'un pass sanitaire ne veut pas dire que vous êtes immunisé", explique-t-il. "Au départ, les meilleurs arguments contre le pass sanitaire étaient ceux de Monsieur Macron et de Monsieur Véran ! Jusqu'à un temps récent, ils étaient contre le pass sanitaire puis contre son extension à tous les domaines de la vie quotidienne puis contre son extension dans la durée", rappelle le député du Nord.

"Ce dont il était question hier dans l'hémicycle, c'était de permettre au gouvernement, sans plus jamais devoir solliciter l'avis du Parlement, d'avoir recours à discrétion au pass sanitaire jusqu'au 31 juillet 2022", fustige le député. La France insoumise a voté contre, "ça n'est plus totalement la liberté que de devoir présenter ses données de santé pour pouvoir entrer dans tel ou tel lieu", justifie-t-il.

L'épidémie reprend dans quelques pays voisins à l'étranger. "Pourquoi Olivier Véran a-t-il procédé au déremboursement des tests, qui est une arme contre l'épidémie, au moment où on a une éventuelle résurgence ?", s'interroge Adrien Quatennens qui rappelle que "l'OMS préconisait de tester massivement". "On a vu, en l'espace de quelques jours, les chiffres passer de 700.000 tests réalisés à 400.000. Les incohérences et contradictions de ce gouvernement sont importantes", déplore l'élu.

 

Adrien Quatennens : "Le gouvernement a une difficulté avec la démocratie"

"Ce gouvernement, qui disait que la santé n'a pas de prix, a fermé des lits à l'hôpital et a continué à le faire en pleine crise sanitaire", dénonce le député. "En plein cœur de la crise, en 2020, ils ont fermé 5.700 lits d'hospitalisation complète", détaille-t-il. "On ne peut pas continuer à fonctionner avec un modèle d'hôpital-entreprise. L'hôpital est totalement essoufflé, le personnel est épuisé, il y a un manque de moyens, les situations sont catastrophiques en Outre-Mer", alerte Adrien Quatennens.

L'Assemblée a adopté un amendement permettant aux directeurs d'écoles et chefs d'établissements dans le second degré d'avoir accès au statut vaccinal des élèves. "C'est un problème !", estime Adrien Quatennens. "En l'espace de quelques minutes, sans scrutin public, on a décidé la levée du secret médical à l'école. De la même manière qu'on réclame à des salariés dans les entreprises soumises au pass sanitaire une preuve de vaccination, tout ça n'est pas anodin", déplore-t-il. "Un employeur n'a pas à connaître le carnet de santé de ses employés. Il y a eu des heures de débats mais tout ça est mené au pas de charge. C'est toujours la même méthode, le gouvernement a une difficulté avec la démocratie", souligne le député du Nord.

"Je crois à la méthode de l'OMS : la conviction", indique le parlementaire. "Il faut convaincre les gens qui doutent que le vaccin permet de limiter les formes graves du virus et de limiter la contagion. Mais dire aussi très honnêtement que l'immunité collective ne sera pas atteinte. Il faut continuer à être vigilant", argumente-t-il.

 

Carburant : "la seule solution simple et efficace, celle de blocage des prix"

Jean Castex doit annoncer un dispositif "juste et efficace" pour aider les consommateurs confrontés à la hausse des prix du carburant. Chèque carburant sous condition de ressources, baisse des taxes... Adrien Quatennens est favorable à "une solution que beaucoup de politiques n'évoquent pas, qui est la seule simple et efficace, celle que Jean-Luc Mélanchon propose : le blocage des prix". "Nous avons eu des hausses successives pour le carburant, mais aussi pour le gaz et l'électricité", rappelle-t-il, s'interrogeant sur le fait que les prix montent. "Qui va financer le chèque carburant ? Le contribuable. Si de la même manière on jouait sur la fiscalité, ce que vous gagnerez à la pompe avec la baisse des taxes, vous le paierez ensuite en impôts", explique le député.

"Certains sont exonérés de devoir participer à tout ça, ce sont les actionnaires des grandes compagnies pétrolières et des fournisseurs", déplore-t-il. "Vous allez avec ce chèque énergie payé par le contribuable, rémunérer les dividendes des actionnaires. Nous souhaitons que les actionnaires, les profits de ces grandes entreprises pétrolières soient mis à contribution", réclame le député qui rappelle que "le Code du commerce permet de bloquer les prix de manière très simple, plutôt qu'une usine à gaz du chèque énergie". "On l'a déjà fait par le passé, pendant la guerre du Golfe. On a aussi bloqué les prix du gel hydroalcoolique au plein cœur de la crise sanitaire", se souvient-il.

Pour Adrien Quatennens, il faudrait le faire aussi pour le gaz et l'électricité. "Le gros problème est que tout ça est géré par le marché. Produire du pétrole ne coûte pas plus cher qu'il y a quelques mois alors que les prix ont augmenté. C'est un mécanisme de marché qu'il s'agit de mettre en cause. Si le gaz augmente, mécaniquement l'électricité aussi depuis l'ouverture à la concurrence. Il faut sortir du tout marché, réguler tout ça".

 

"Il faut lire les programmes, ce n'est pas une course aux petits chevaux !"

Jean-Luc Mélenchon dit que le second tour des élections présidentielles est à portée de points. "À la même période en 2016-2017, on était au même niveau dans les sondages, on est montés très vite", rassure Adrien Quatennens. "Aujourd'hui, le ticket d'entrée au second tour est en train de s'abaisser", note-t-il en affirmant vouloir "faire campagne sur un programme". Un programme "complet et réactualisé" qui sera en librairie à partir du 18 novembre prochain. "Il faut lire les programmes, ce n'est pas une course aux petits chevaux !", lance l'insoumis.

Pour remobiliser les classes populaires autour de Jean-Luc Mélenchon, la gauche aurait peut-être intérêt à se saisir des thématiques d'immigration. "Les mouvements de populations sont vieux comme l'humanité, et quand on regarde les chiffres aujourd'hui, il n'y a pas plus que d'habitude. Il n'y a pas de vague migratoire", affirme Adrien Quatennens qui dénonce "des causes dont on ne parle jamais". "Nous avons un devoir d'humanité", estime le député qui rappelle le nombre de personnes noyées dans la Méditerranée ces dernières années.

"Monsieur Zemmour et madame Le Pen sont très macronistes en économie", estime l'élu du Nord qui note que le journaliste souhaite augmenter l'âge de départ à la retraite et que les deux concurrents "ne veulent pas augmenter les salaires". "Pendant qu'ils vous servent leurs obsessions, ils divisent à la base des gens qui auraient des causes communes à défendre", déplore le porte-parole de la France insoumise. Déplorant que le gouvernement ne réagisse pas lors des dernières polémiques d'Éric Zemmour, Adrien Quatennens pense qu'ils ont "du mal à l'affronter". "Éric Zemmour se comporte en candidat, fait de la politique, Éric Zemmour est donc un adversaire politique qui doit être traité comme un adversaire politique", invite-t-il.

 

 

 

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