Parlons Vrai chez Bourdin: les tenants de l'immigration zéro sont "peu crédibles" et "des menteurs"

La question des migrants à Calais : Natacha Bouchart, maire de Calais, était l’invitée de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 24 novembre 2022 dans "Parlons Vrai chez Bourdin". 

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"Parlons Vrai chez Bourdin" du lundi au vendredi de 10h30 à 12h30 sur Sud Radio et en podcast.

"Parlons Vrai chez Bourdin" : après l'acceptation des migrants de l'Océan Viking, la question de l'immigration en France est revenue sur le devant de la scène politique. En direct du Salon des Maires, Jean-Jacques Bourdin en parle avec la maire de Calais, Natacha Bouchart.

 

"Parlons Vrai chez Bourdin" : "Aujourd’hui, on est plus confrontés à l’organisation professionnelle des passeurs"

La ville de Calais est toujours confrontée au problème des migrants, qui stationnent dans la commune dans l’espoir d’atteindre le Royaume-Uni. Une polémique, celle des migrants, relancée par l’affaire de l’Ocean Viking, le bateau accepté par la France. Mais pour Natacha Bouchart, maire de Calais, "il fallait accueillir les migrants". Elle regrette néanmoins que l’accueil se soit fait avec "un dispositif qui n’était pas adapté". "Mais les dispositifs en France et en Europe ne le sont toujours pas avec 20 ans de recul."

Calais, aujourd’hui, se retrouve "avec un environnement d’environ 1.500 migrants". La situation évolue néanmoins. "Aujourd’hui, on est plus confrontés à l’organisation professionnelle des passeurs" ou encore à "l’embrigadement par des activistes, des associatifs". Ceux-ci font "faire tout et n’importe quoi aux migrants".

 

Natacha Bouchart : "Nous ne sommes pas armés financièrement et en termes d’effectifs pour combattre cette traite humaine"

Les "traversées" sont un système nouveau mis en place pour faciliter la traversée de la Manche grâce à des small boats, des petits bateaux. En 2020, 8.500 migrants ont été candidats à cette traversée extrêmement dangereuse, 42.000 en 2022, confirme Natacha Bouchart. "On a recensé en 2021 70.000 passages", complète-t-elle. Et elle donne le montant payé par les migrants : "un coût qui varie entre 4.000 et 10.000 euros".

De fait, "on voit que nous ne sommes pas armés financièrement et en termes d’effectifs et de renseignements pour combattre cette traite humaine", analyse la maire de Calais. Les passeurs sont connus et sont d’origines diverses : des Afghans, des Érythréens, des Anglais, "quelques Calaisiens". "L’argent est trop fort, trop puissant."

 

Migrants : "On n’a pas les outils judiciaires pour appréhender les passeurs"

Un accord entre la France et le Royaume-Uni a été signé, au sujet des migrants, le 14 novembre 2022. l’accord "va renforcer en tous les cas l’essoufflement des forces de sécurité", juge la maire de Calais. Les autorités refont en effet tous les jours "les mêmes choses, avec les mêmes buts et les mêmes conséquences".

Mais c’est inutile : "on n’a pas les outils judiciaires pour appréhender les passeurs", affirme Natacha Bouchart. Ni même "les complices des passeurs ou des associations". "Et c’est en ça que j’aimerais qu’il puisse y avoir une évolution très forte."

Elle demande des mesures qui "puissent permettre un éloignement obligatoire" des migrants, sur l’ensemble de la façade littorale. "Pour que nous puissions mieux accompagner ces migrants dans des lieux adaptés pour eux."

 

"Il y a les migrants de guerre, il y a les migrants économiques, il y aura bientôt les migrants climatiques"

Si Natacha Bouchart veut des lieux adaptés, c’est qu’elle en est certaine : l’immigration existera toujours, alors qu’une partie de la classe politique veut une "immigration zéro". "Ce sont des désillusionistes, des gens peu crédibles qui essayent de manipuler des personnes qui n’ont peut-être pas accès à tout", estime la maire de Calais. Pour elle, c’est simple : l’immigration zéro, "ça n’est pas possible".

Les tenants de l’immigration zéro sont "des menteurs". "Il y aura toujours des flux migratoires", assure la maire de Calais. "Les mouvements migratoires bougent, changent. Il y a les migrants de guerre, il y a les migrants économiques, il y aura bientôt les migrants climatiques."

Pour Natacha Bouchart, "on n’est pas prêts". "Et on se voile la face. Et on ne veut pas aborder les sujets de fond sur la problématique de l’immigration."

 

 

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