Parlons Vrai chez Bourdin : "En Iran, le voile est un assassinat, un outil d'oppression de plus"

Le port du voile peut-il être un choix pour les femmes musulmanes ? Azadeh Alemi, Franco-Iranienne, et Pauline Rapilly Ferniot, directrice de campagne de Maïté Carrive Debouani pour l'élection législative partielle des 2 et 9 octobre 2022, et conseillère municipale écologiste, étaient les invitées de Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio le 3 octobre dans "Parlons Vrai chez Bourdin".

voile Iran
Dans plus de 150 villes du monde, des manifestants se sont mobilisés après la mort de Masha Amini. © AFP

Des manifestations se sont déroulées en soutien des Iraniens dans le monde entier après la mort de Mahsa Amini, arrêtée par la police des mœurs pour avoir porté son voile de manière "inappropriée". Des milliers d'Iraniens et d'Iraniennes se battent pour la liberté dans leur pays.

En Iran, "le voile est un assassinat, c'est un outil d'oppression de plus"

"La mort de Mahsa Amani a été l'étincelle de ce soulèvement, explique Azadeh Alemi. Mais ça fait 43 ans que ce régime réprime le peuple iranien. Les femmes sont les premières cibles de ce régime misogyne, mais les hommes aussi sont opprimés. Nous n'avons pas le droit de parler, de penser, d'exprimer nos opinions. Il y a énormément de prisonniers politiques en ce moment, les prisons sont remplies de femmes et d'hommes iraniens. Les femmes iraniennes sont les avant-gardes, celles qui ont ouvert ce soulèvement, mais ça va au-delà de ça. Le peuple iranien cherche la liberté et le renversement de ce régime avant tout".

"Le voile imposé aux femmes est un moyen de plus de réprimer le peuple depuis leur arrivée au pouvoir, souligne Azadeh Alemi. Depuis 2017, le pays est en évolution, il y a eu différentes émeutes mais avec le Covid, Khamenei a étouffé le cri du peuple. Mais là, c'est la goutte d'eau, cette fois-ci, ça ne s'arrêtera pas". "Le combat du peuple iranien n'est pas de porter ou pas le voile. C'est tout d'abord d'arriver à la liberté". Dans une tribune, l'écrivain Kamel Daoud écrit que "le voile est un féminicide". Azadeh Alemi affirme ne pas être contre le voile. "Je suis pour la liberté de porter ou non le voile. Le voile n'est pas un féminicide mais en Iran, si". Pour elle, "le voile doit être un choix. Dans une dictature religieuse comme l'Iran nous n'avons pas le choix. Dans un tel pays, le voile est un assassinat, c'est un outil d'oppression de plus".

 

"Les pays tels que l'Iran ont voulu exporter le fondamentalisme religieux"

Kamel Daoud ajoute que le voile est un instrument de conquête. Azadeh Alemi n'est pas d'accord. "Nous avons la liberté de le porter ou pas dans notre religion". Mais dans notre démocratie, une femme qui retire son voile peut parfois être considérée comme une mécréante. "Ça doit arriver, reconnaît Azadeh Alemi, mais c'est la pensée fondamentaliste religieuse qui s'est développée dans nos pays européens. Il faut voir l'origine de ces problèmes, qui viennent des pays tels que l'Iran qui ont voulu exporter le fondamentalisme religieux. En France, si on traite correctement le sujet, il y a des solutions", estime-t-elle.

Pauline Rapilly Ferniot dénonce, quant à elle, une "transposition du débat sur l'oppression du voile en France". "Est-ce qu'on écoute les femmes qui portent le voile et qui disent que c'est un choix ?, interroge-t-elle. Des femmes luttent dans un pays musulman pour la liberté de ne pas porter voile. C'est le même combat, le même mouvement vers la liberté", estime-t-elle. "Ce que je mets sur le même plan, c'est le combat des féministes, le pouvoir de disposer librement de nos corps". Elle en profite pour adresser sa solidarité à Sandrine Rousseau "qui a été huée injustement. On ne peut pas lui reprocher de ne pas dédier son combat politique au droit des femmes".

 

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