Turquie : l'opposition va demander l'annulation du référendum 

Turquie : l'opposition va demander l'annulation du référendum 
Manifestation de partisans du "non" au référendum turc sur le renforcement des pouvoirs présidentiels, le 17 avril 2017 près d'Istanbul © Bulent Kilic / AFP

Deux jours après la courte victoire du "oui" au référendum sur le renforcement des pouvoirs présidentiels, l'opposition turque a fait savoir qu'elle allait demander l'annulation du scrutin.

Le principal parti d'opposition en Turquie, le CHP, va présenter mardi au Haut-Conseil électoral (YSK) une demande d'annulation du référendum sur le renforcement des pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan, remporté dimanche de peu par ce dernier.

La demande sera déposée à 14H30 (11H30 GMT), a précisé dans un communiqué le CHP (social-démocrate), tandis qu'un cadre du parti devait rencontrer le président du YSK deux heures plus tôt.

Dès l'annonce des résultats, les deux principaux partis d'opposition, le CHP et le HDP (prokurde), avaient dénoncé des "manipulations" lors du scrutin.

En cause, la décision du YSK de considérer comme valides les bulletins non marqués du sceau officiel des autorités électorales. L'opposition y a vu une manoeuvre rendant possibles des fraudes.

Peu après l'annonce de la décision du CHP, le Premier ministre turc, Binali Yildirim, a déclaré mardi que "tout le monde, à commencer par le principal parti d'opposition, doit respecter (...) la parole de la nation".

"Ceux qui s'efforcent de jeter une ombre sur le résultat du référendum en propageant des allégations (d'irrégularités) agissent en vain. La volonté de la nation s'est (exprimée) librement dans les urnes, cette affaire est terminée", a déclaré le chef du gouvernement.

Par ailleurs, une mission commune d'observateurs de l'OSCE et du Conseil de l'Europe a estimé lundi que la campagne s'était déroulée dans des conditions inéquitables et que le scrutin n'avait pas été "à la hauteur des critères" européens.

Le président Erdogan a immédiatement répliqué en appelant les observateurs européens à "rester à leur place". "Nous ne voyons et nous ne tenons pas compte de tout rapport que vous pourriez préparer", a-t-il ajouté.
 

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