single.php

Prestations, actes médicaux et hospitaliers : faut-il rendre visible le coût réel de la santé ?

OPINION SUD RADIO - L’Institut Montaigne propose d’informer les Français du coût détaillé des prestations de santé dont ils bénéficient. Pour Mathias Wargon, médecin urgentiste, connaître le coût de la santé ne va pas responsabiliser les Français.

santé
Combien coûte vraiment notre santé ?

Pour "rendre visible le coût réel des services publics” et "informer chacun du coût exact des prestations de santé dont il bénéficie", l’Institut Montaigne propose d’informer les Français du coût détaillé des prestations de santé dont ils bénéficient, reprenant un chantier déjà lancé par l’Assurance-maladie. L’idée serait que chaque Français « reçoive une information personnalisée et complète sur les coûts de chaque acte médical, hospitalier et pharmaceutique dont il bénéficie », souligne Marie-Pierre de Bailliencourt, directrice générale de l’Institut Montaigne. Cette facture précise serait « portée sur les ordonnances, factures et relevés de soins » et accessible dans l’espace numérique Ameli.

Mathias Wargon, chef de service des urgences et du SMUR du centre hospitalier Delafontaine, en Seine-Saint-Denis, porte son regard éclairé sur sur cette proposition.

"Nous avons encore un niveau de santé correct, mais ce n’est pas la panacée"

"Je ne sais pas si nous sommes dans un certain confort, juge Mathias Wargon, chef de service des urgences et du SMUR du centre hospitalier Delafontaine, en Seine-Saint-Denis, au micro de Sud Radio. Surtout alors que nous n’avons pas suffisamment de médecins et que les hôpitaux sont en quasi faillite. Nous avons encore un niveau de santé correct, mais ce n’est pas la panacée. »

"Personne ne se paie une jambe cassée"

Disposer d’une carte Vitale ne donne cependant pas conscience du prix qu’il paient. « Non, il n’en ont pas conscience, à la pharmacie, à l’hôpital. Mais en fait, cela ne responsabilise personne. Quand vous avez un problème de santé, vous êtes obligé d’aller chez le médecin. Les prescriptions sont faites par lui. Personne ne se paie une jambe cassée. Cela ne coûte pas 60000 euros. Je l’ai eu l’an passé, je suis allé aux urgences, je n’ai pas été opéré. Que je connaisse les coûts ou non, c’est l’orthopédiste qui a décidé."

"Nous ne sommes pas dans un système à l’américaine"

"C’est intéressant de connaître les coûts, de savoir pourquoi on paie sa sécu, reconnaît Mathias Wargon, chef de service des urgences et du SMUR du centre hospitalier Delafontaine, en Seine-Saint-Denis, sur l'antenne de Sud Radio. Mais est-ce que cela va me responsabiliser ? Non. Est-ce que l’on ne va pas culpabiliser, quand on a un cancer ? C’est chez le généraliste et aux urgences que se trouvent le principal coût, mais on parle de cancer, de grosses pathologies. Nous ne sommes pas dans un système à l’américaine."

"Dire que l’on va responsabiliser les gens en montrant les coûts est vraiment un raccourci"

Connaître les coûts peut-il responsabiliser certains médecins et patients ? "Les personnes âgées consomment énormément de médicaments. Mais est-ce que cela va les responsabiliser ? Dire que l’on va responsabiliser les gens en montrant les coûts est vraiment un raccourci. On ne va pas chez le médecin, chez les urgences pour le plaisir."

Retrouvez "C'est à la Une" chaque jour à 7h10 dans le Grand Matin Sud Radio avec Maxime Lledo

Toutes les fréquences de Sud Radio sont ici !

L'info en continu
23H
22H
21H
20H
19H
18H
17H
16H
Revenir
au direct

À Suivre
/