La situation économique de la France est toujours plus compliquée. La dépense publique ne fait qu'augmenter et la dette publique va elle aussi exploser. Marc Touati, économiste et conseiller chez e-Toro est jeté son oeil d'expert au micro de Sud Radio, afin de dresser un bilan dramatique de la situation actuelle.
"Le chômage va évidemment augmenter davantage"
"La catastrophe était déjà prévisible. Dès le début, il y avait une augmentation des dépenses publiques, une augmentation des impôts, la suppression de la réforme de la retraite. On savait très bien que l'index public allait déraper, mais surtout Sébastien Lecornu avait tablé à peu près sur une croissance de 1,2%, alors qu'on sera autour de 0,4% de croissance. Il nous a annoncé le retour du plein d'emploi alors que le chômage est en train d'augmenter et qu'il va évidemment augmenter davantage"
"Le déficit public ne sera pas de 5% comme annoncé, mais 6% de notre richesse"
"Je vous rappelle qu'il a déjà commencé à augmenter avant le choc pétrolier, donc évidemment ça va s'aggraver demain. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'il faut le dire et avertir les Français : le déficit public cette année ne sera pas de 5% comme c'était annoncé, mais d'environ 6% de notre richesse, c'est-à-dire un près de 200 milliards d'euros. La dette publique va encore exploser. Les taux d'intérêts de notre dette publique sont en train d'augmenter"
"L'État a fait n'importe quoi"
"Ce matin, on a touché 4%. On n'a jamais vu ça depuis le 11 juin 2009. Vous vous rendez compte qu'on n'a pas les moyens de payer. C'est ça qui est dramatique aujourd'hui. L'État a fait n'importe quoi parce qu'évidemment, on va tous nous dire que c'est à cause du choc pétrolier. Le problème, c'est que quand ça n'allait pas trop mal ces dernières années, on faisait déjà n'importe quoi avec les données publiques, qui sont, je vous rappelle, nos impôts, où on a été l'un des rares pays à continuer d'augmenter notre déficit, d'augmenter notre dette"
"Les dirigeants (politique) de la France n'anticipent pas"
"C'est ça qui est dramatique. Ce qu'on demande à des dirigeants d'un pays, c'est justement d'anticiper les crises économiques. Ça arrive tous les 5 et 10 ans, on sait très bien. Mais nous, on n'anticipe pas. Du moins, les dirigeants français n'anticipent pas. Ils demandent à chaque fois aux Français de se serrer la ceinture. Donc ce discours ne peut plus passer. Et quand on voit ce qui est annoncé aujourd'hui par le gouvernement, on voit bien que ça sera de briques et de brocs. Ça sera évidemment du rafistolage"
"Ce gouvernement continue le déni de réalité"
"Moi, ce qui m'agace, c'est que ce gouvernement qui continue le déni de réalité. On a vu le ministre de l'économie dernièrement nous dire non mais tout va bien, la France fait face, on a une crise mondiale, mais nous ça va, on s'en sort pas trop mal. Mais pourquoi ce déni ? Ce n'est même plus du déni, c'est devenu du mépris à l'égard des Français. Je pense qu'il faut arrêter cela. On n'arrête pas de diffuser des mensonges"
"On a des records de faillites d'entreprises"
"On est 19% au-dessus du sommet de la récession de 2009. Parce que derrière, quand les entreprises de grande taille font faillite, évidemment, il y a des milliers de salariés qui sont en chômage. On a vu le chômage qui est en train d'augmenter et qui, malheureusement, va augmenter. On va bientôt atteindre les 9%. L'inflation qui, également, continue d'augmenter. Et évidemment, on dit qu'on va essayer de limiter, alors qu'on sait très bien qu'aujourd'hui, il faudrait baisser les charges qui pèsent sur l'essence notamment. Si vous baissez les taxes et les impôts, il faut également baisser les dépenses publiques. Notamment, les dépenses de fonctionnement qui ont le plus augmenté. C'est ça qui est dramatique. Personne n'en est conscient"
"On ne peut pas continuer comme ça"
"On est bloqué. Mais est-ce qu'on va tenir encore un an ? C'est ma grande question. Je vais souvent en province pour pouvoir faire mes conférences et je vois l'état d'effroi des Français, des chefs d'entreprise, des particuliers. Mais encore une fois, on ne peut pas continuer comme ça"
"Les dépenses de fonctionnement de la dépense publique ont augmenté de 106 milliards d'euros depuis 2021"
"Nous sommes le pays numéro un pour les impôts et le numéro un pour les dépenses publiques. On ne peut pas faire pire. Là, on est les champions. J'ai une première mesure qui est justement moins douloureuse : ce sont les dépenses de fonctionnement. Les dépenses de fonctionnement de la dépense publique, tenez-vous bien, ont monté de 106 milliards d'euros depuis 2021. Une hausse de 24%"
"Le remboursement des intérêts de la dette va nous coûter cher"
"L'État français ne rembourse pas sa dette. Il rembourse juste les intérêts de la dette. L'année dernière, ça a coûté 65 milliards d'euros. Cette année, ça va coûter au moins 70 milliards d'euros. Avec l'augmentation des taux d'intérêt, on est à 4 %. Rien que les intérêts de la dette, cette année, ça va nous coûter dans le meilleur des cas 70 milliards d'euros. Il y a beaucoup de dettes indexées sur l'inflation. Quand l'inflation augmente, ça coûte encore plus cher à l'État. C'est comme ça que ça a commencé avec la Grèce. Je pense qu'il vaut mieux prendre des décisions maintenant plutôt que d'attendre"
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