La crise du logement s’est installée durablement en France. Il manque chaque année dans l’Hexagone environ 500.000 nouveaux logements. Face à cela, les centres villes sont saturés. La demande explose. Et rien ne semble bouger au niveau politique.
Le logement, un problème pour 58% des Français
La crise du logement en France n’est pas liée à un manque d’argent ou à une fatalité économique, mais à un système politique et administratif profondément dysfonctionnel. Voila la théorie du journaliste David d'Equainville. "Les chiffres, les bilans, l’état des lieux ont été faits. Et pourtant la crise est toujours là. Plus de la moitié de la population a des difficultés d’accès au logement. C’est énorme. Cela reste le premier poste de dépense des ménages. C’est un élément central de l’aménagement du territoire" explique David d'Equainville au micro de Sud Radio.
"Très curieusement, si on regarde comment l’Etat répartir l’argent, le logement n’apparaît pas. On peut voir la Justice, l’Intérieur, la recherche, mais pas le logement. Il est dans une sorte de mission de cohésion du territoire, avec 23 milliards d’euros. Et on n’a toujours pas de solutions, alors qu’il y a visiblement beaucoup d’argent" ajoute David d'Equainville, pointant du doigt la bureaucratie, l’empilement de lois, de normes, qui ralentissent les constructions.
Le témoignage d’une crise politique grave
"Cette crise du logement est le témoignage d’une véritable crise politique. Qui est aussi une crise démocratique. Le préambule de notre Constitution pose l’idée d’un logement comme droit fondamental. Cela a été renforcé par une série de lois. Aujourd’hui, ce droit fondamental n’est pas respecté. Il n’y a pas d’offre suffisante. Nous avons un ministre délégué, qui n’a pas les pleins pouvoirs. On donne le sentiment que l’Etat s’occupe de cette mission, mais elle a énormément délégué aux régions, aux communes, qui se retrouvent en concurrence. Et il n’y a plus de logique de cohésion nationale" lance encore le journaliste au micro de Sud Radio.
Dans un tel contexte, le Français qui souhaite se loger dans de bonnes conditions sans dépenser un tiers de son revenu, n’y arrive pas. Ce même Français pourrait alors se rabattre sur le logement social. Une mission plutôt noble. Mais là encore, c’est affolant, conclut David d'Equainville. "Il y a trois millions de demandeurs. C'est une demande qui a doublé en 20 ans. Ils risquent d’attendre encore longtemps, car le système ne fonctionne pas. Faire des promesses c’est très bien, essayer de la tenir c’est mieux".
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