Comment le narcotrafic recrute-t-il sur Internet ? Par quel biais et quels réseaux, sur quels supports, ces gangs vont-ils chercher de nouvelles recrues pour leur méfaits ?
Narcotrafic : la France au bord du gouffre
Auteur d’un rapport en 2024 sur la question du narcotrafic, le sénateur Etienne Blanc connaît bien son sujet. "Nous avions pointé le recrutement sur les réseaux sociaux. Vous mettez une annonce sur les réseaux, mentionnant le point de deal, la rémunération et les horaires de travail. Et vous recrutez beaucoup de mineurs. On les surveille de mieux en mieux. Mais la réalité, c’est qu’on est débordé par le nombre, par la puissance du narcotrafic. La France est au bord du gouffre" explique-t-il notamment au micro de Sud Radio.
"Le narcotrafic, c’est comme Lidl. Vous avez un consommateur à approvisionner. Et pour cela vous devez acheter de la drogue, la transformer, la transporter. Et pour cela, vous avez besoin de points de distribution. Ces points vont l’objet d’une conquête marketing. Et les moyens sont extrêmement puissants. En France, ce sont 250.000 personnes qui vivent directement ou indirectement du narcotrafic. Le chiffre d’affaires est de l’ordre de sept milliards d’euros. Soit 70% du budget de la Justice. Et il n’y a plus aucunes limites : les menaces, les enlèvements, les exécutions" ajoute Etienne Blanc.
« Des lacunes juridiques évidentes »
Aujourd’hui, des gangs comme la DZ Mafia cherchent à s’étendre. Notamment à Lyon. "Lyon c’est une grande ville. C’est une grande métropole. Donc il y a un marché. Je rappelle qu’en France cinq millions de personnes consomment de la drogue" estime Etienne Blanc. "Pourquoi on s’y prend si tard ? Emmanuel Macron est président depuis une quinzaine d’années. Il ne lit pas le journal ? Ses conseillers ne lisent pas le journal ? Il a fallu attendre une commission sénatoriale pour qu’on comprenne que le problème est en train de s’aggraver" précise le sénateur au micro de Sud Radio.
"Il y a deux lacunes aujourd’hui. La première, c’est la surveillance des messageries cryptées. La France doit savoir ce qu’elle veut. La seconde, ce sont les saisies. Si on n’arrive pas à saisir le fruit du trafic, ce sont des coups d’épée dans l’eau. Et là nous avons des lacunes juridiques évidentes" conclut Etienne Blanc.
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