Alors que Patrick Bruel joue actuellement à Paris, au Théâtre Edouard VII, pour la pièce de Samuel Benchetrit, sa tournée anniversaire doit débuter le 16 juin prochain. Mais depuis plusieurs semaines, la pression médiatique et militante s’intensifie autour du chanteur, visé par plusieurs enquêtes judiciaires en France et en Belgique après au moins 12 plaintes pour viols et une trentaine d'agressions sexuelles supposées.
Lancée fin avril par le collectif Salon Féministe, une pétition soutenue par plusieurs personnalités et associations féministes demande l’annulation des concerts de l’artiste dans toutes les villes de la tournée. Parmi les personnalités soutenant la pétition figurent notamment la chanteuse Pomme, la journaliste et autrice Giulia Foïs ainsi que les actrices Anouk Grinberg et Corinne Masiero.
Que dit la loi ?
À ce stade, aucun concert n’a été officiellement déprogrammé. Juridiquement, une plainte ou une enquête ne suffit pas à empêcher un artiste de se produire. Tant qu’aucune condamnation n’est prononcée, les producteurs, tourneurs et salles restent libres de maintenir les représentations.
Mais dans le monde du spectacle, la pression de l’opinion publique peut parfois peser lourd. Certaines municipalités, salles ou organisateurs peuvent choisir de prendre leurs distances pour éviter polémiques ou manifestations. Les appels au boycott et les pétitions en ligne jouent désormais un rôle majeur dans ces décisions. Dans un communiqué, l’artiste affirme toutefois vouloir poursuivre sa carrière : “Je continuerai de faire mon métier, avec le même dévouement et la même passion.”
🔴 Accusations contre Patrick #Bruel : Selon la porte-parole du #gouvernement, Maud Bregeon, il faut encourager les femmes victimes à parler, « même des dizaines d’années après »
— Sud Radio (@SudRadio) May 19, 2026
🗣️ Alexandra Szpiner : "La libération de la parole des femmes est essentielle mais ce type… pic.twitter.com/92cuIxVnMa
Des plaintes déposées en France et en Belgique
Aujourd’hui âgé de 67 ans, Patrick Bruel fait l’objet de plusieurs enquêtes ouvertes après des plaintes déposées en France et en Belgique. Parmi elles, celle de l’animatrice Flavie Flament,qui accuse le chanteur de l’avoir violée en 1991 alors qu’elle était mineure. Dans une interview accordée à Mediapart, elle évoque un “black-out total” après avoir consommé un thé au domicile du chanteur. Son avocate parle désormais d’un possible scénario de soumission chimique.
En face, la défense de l’artiste dément catégoriquement toute contrainte. Sur BFMTV, Me Christophe Ingrain, avocat de Patrick Bruel, a dénoncé “une vague d’accusations infamantes” et assuré que son client “conteste absolument avoir forcé qui que ce soit”.
Des précédents avec Bertrand Cantat, Jean-Luc Lahaye et Ary Abittan
Ces dernières années, plusieurs artistes français ont vu leurs concerts ou spectacles perturbés par des affaires judiciaires et la pression de l’opinion publique.
- Le chanteur Bertrand Cantat avait notamment été déprogrammé de plusieurs festivals après de fortes mobilisations associatives. Plus récemment, en 2025, plusieurs concerts de Jean-Luc Lahaye avaient été annulés, notamment à La Penne-sur-Huveaune, alors que le chanteur reste mis en examen pour viol et agression sexuelle sur mineures. Certaines salles avaient préféré renoncer face à la polémique et aux appels au boycott.
- À l’inverse, Ary Abittan avait suspendu sa carrière scénique après des accusations de viol avant qu’un non-lieu ne soit prononcé par la justice. Depuis, l’humoriste est progressivement remonté sur scène.
L’affaire Patrick Bruel relance ainsi un débat devenu central dans le monde culturel : jusqu’où la pression médiatique et sociétale peut-elle influencer le maintien d’une tournée avant toute décision judiciaire ?