single.php

Marseille : pas d'expulsion des logements sociaux pour les familles de narcotrafiquants !

GROS PLAN SUD RADIO - À Marseille, une décision de justice sur l’expulsion de familles liées à des trafiquants de drogue met en lumière les limites de la loi "narcotrafic" et ravive les tensions autour de la gestion des quartiers sensibles.

roumanie
Le prince Paul de Roumanie entendait récupérer des biens dans son pays (89Stocker - Canva)

La décision fait déjà beaucoup réagir à Marseille ! Hier mardi 19 mai, le tribunal a débouté un bailleur social qui demandait l’expulsion de familles liées à des trafiquants de drogue, en s’appuyant sur la loi dite "narcotrafic".

Cette loi, adoptée pour renforcer l’arsenal juridique contre les réseaux de stupéfiants, permet en principe de faciliter les procédures d’expulsion des locataires impliqués, directement ou indirectement, dans des activités de trafic, ou dont le logement est utilisé pour des faits liés au narcobanditisme

Cette décision relance le débat sur les limites de ce nouveau dispositif.

"C'est du dogmatisme politique"

À l’origine de la procédure, le bailleur social souhaitait expulser les proches de deux trafiquants présumés de la cité de la Castellane. Mais la justice a estimé que les conditions d’expulsion n’étaient pas réunies, provoquant la colère de certains acteurs de terrain.

Un policier, sous couvert d’anonymat, dénonce une décision incompréhensible au micro de Lionel Maillet, correspondant Sud Radio à Marseille : "Honnêtement, c’est du dogmatisme politique. On est face à des narcotrafiquants maintes et maintes fois condamnés qui faisaient vivre un enfer aux habitants de ces quartiers populaires. Et aujourd’hui, on leur dit : vous allez rester avec vos bourreaux."

À ses yeux, cette situation traduit un manque de prise en compte des victimes du trafic dans les quartiers concernés.

"120 000 personnes attendent un logement social"

Dans le même esprit, Romain Simmarano, conseiller municipal d’opposition, estime que le dispositif doit évoluer pour être plus efficace : "On a 120 000 personnes qui attendent un logement social. On a aujourd’hui des dealers condamnés. Il faut que l’État et la justice aient les moyens de les en exclure, même s’il faut modifier la loi et aller vers des sanctions individuelles plutôt que collectives."

Une victoire juridique sous conditions

Du côté des défenseurs des locataires, la décision est vécue comme une victoire. Maître Marie-Lou Poiseau, avocate de l’une des familles concernées, salue le jugement tout en appelant à la prudence : "C’est une victoire, effectivement. Maintenant, on reste mesurés puisqu’on sait qu’il y a une possibilité d’appel », explique-t-elle.

L’avocate souligne également que cette décision ne signifie pas une application automatique de la nouvelle loi dans des dossiers similaires : "Il est important de rappeler que l’application de cette nouvelle loi n’est pas automatique dans tous les dossiers soumis à cette juridiction."

La préfecture de police de Marseille indique de son côté que cette décision ne remet pas en cause la stratégie engagée. Elle précise avoir déjà transmis 37 dossiers à la justice et entend poursuivre les procédures en cours. Si cette première décision crée des tensions, elle ouvre surtout un débat de fond sur l’équilibre entre la lutte contre le narcotrafic et la responsabilité des familles dans l'implication de leurs enfants.

L'info en continu
12H
11H
10H
09H
08H
07H
Revenir
au direct

À Suivre
/