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À Marseille, les soignants sous le choc après une attaque dans un hôpital : "les patients ont accès à la drogue"

REPORTAGE SUD RADIO - À Marseille, un infirmier en psychiatrie a été poignardé le week-end dernier par un patient sous l'emprise de stupéfiant.

Marseille / Narcotrafic / Drogue
À Marseille, des travailleurs sociaux ont dû quitter leurs locaux en raison de l'insécurité liée à un point de deal.

L'émotion est encore vive ce jeudi matin du côté de la cité phocéenne après l'attaque au poignard le week-end dernier d'un patient sous l'emprise de stupéfiant sur un infirmier en psychiatrie. Si les jours de ce dernier ne sont heureusement pas en danger, ce fait divers choque profondément les équipes de l’hôpital Édouard Toulouse à Marseille, qui affirment qu’un tel drame était redouté de longue date.

"Il y a de la fabrication de crack au sein des unités"

Dans les unités, la situation est décrite comme hors de contrôle. Une infirmière de nuit témoigne au micro de Sud Radio : "Je n'ai qu'à aller à la cafétéria de l’établissement, pour vous trouver quelqu’un qui va dealer." Selon elle, cannabis, crack et cocaïne circulent facilement parmi les patients.

"On a des gens qui ingèrent de l’ammoniaque parce qu’il y a de la fabrication de crack au sein des unités. On en est là. Moi, je ne suis pas de la pénitentiaire, je ne suis pas flic. Comment vous voulez qu’on fasse ?", ajoute elle.

Selon là, tout le monde est conscient de la situation, mais face au manque de moyens, les effectifs sont laissés sans solution face à cette situation.

"La drogue est partout, même en isolement"

L’hôpital est également pointé du doigt pour ses failles en matière de sécurité. "Pas de fouilles, l’hôpital Édouard Toulouse est une véritable passoire", affirme Pascal, une autre soignante. Selon elle, la drogue circule partout, y compris dans les unités fermées : "Même en isolement, les patients ont accès à la drogue. Ils sont sortis aménagés, on leur livre à la grille."

"Quasiment 100% de patients sous responsabilité pénale"

Pour les syndicats, la situation s’est aggravée ces dernières années avec l’évolution du profil des patients. "Ces patients-là qui sont sous responsabilité pénale… là où on en avait deux il y a encore quelques années, maintenant on en a quasiment 100 %", explique Kader Benayed, du syndicat Sud Santé. Il réclame des moyens supplémentaires pour protéger les équipes, ainsi qu’"une indemnité forfaitaire de risques".

De son côté, l’Agence régionale de santé (ARS) indique renforcer progressivement la sécurité, notamment en équipant les personnels de dispositifs d’alerte. Des mesures jugées insuffisantes par les soignants, qui demandent des actions concrètes face à une situation qu’ils estiment devenue intenable.

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