single.php

À Perpignan, un lycée au cœur d’une polémique sur les tenues vestimentaires

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - À Perpignan, un lycée relance le débat sur la tenue vestimentaire à l’école. L’interdiction de certains vêtements jugés “inappropriés” a suscité une vive polémique chez les élèves et les parents.

À Perpignan, un lycée au cœur d’une polémique sur les tenues vestimentaires
À Perpignan, un lycée au cœur d’une polémique sur les tenues vestimentaires

Au cœur des critiques : une communication maladroite de l’établissement évoquant un risque de “déconcentration des garçons”, accusée d’alimenter des stéréotypes et de viser particulièrement les filles.

Une communication du lycée jugée sexiste et stigmatisante

Au lycée Arago, à Perpignan, la question des tenues vestimentaires a brusquement fait irruption dans le débat scolaire. À l’approche des beaux jours, l’établissement a décidé de rappeler et de renforcer les règles concernant les vêtements autorisés. Sont notamment visés les crop tops, les shorts jugés trop courts ou encore les dos nus.

Dans un message adressé aux familles, la direction a évoqué la nécessité de maintenir un cadre propice aux apprentissages. Mais c’est une formulation en particulier qui a déclenché la controverse : certaines tenues pourraient “déconcentrer l’attention des garçons”. Rapidement, élèves et parents ont dénoncé une approche jugée sexiste et stigmatisante. Pour eux, cette décision traduit une forme de contrôle du corps et de la liberté individuelle, loin des priorités éducatives.
Du côté des représentants de parents d’élèves, le débat dépasse largement la question vestimentaire. "Ce qui s'est passé au lycée Arago, ça dépasse largement le simple débat sur les vêtements. Cela touche à différentes questions, qui sont sensibles : la place des tenues, de l'habillement à l'école, l'égalité, la place des établissements scolaires… Et cette frontière entre un règlement intérieur et contrôle moral. On est quand même en 2026 - il y a la volonté de certaines filles de pouvoir s'habiller comme elles le souhaitent, malgré tout", fait valoir au micro de Sud Radio Rémy Landri, président de la FCPE 66 (la Fédération des conseils de parents d’élèves dont il est aussi co-président régional pour l'Occitanie).

La polémique s’est amplifiée avec la diffusion du message incriminé. "Le véritable enjeu, ce n'est pas de cibler un type de tenue ou un genre en particulier. C'est ce qu'a fait le lycée dans cette maladresse qui a été envoyée aux aux parents d'élèves, en disant 'ça peut déconcentrer l'attention des garçons'. C'est pour ça que ça a fait polémique et que ça a été quand même assez surprenant", poursuit Rémy Landri à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

"Il faut un débat au niveau de l'établissement"

Face à la controverse, la question d’un cadre vestimentaire clair et partagé revient au centre des discussions. "Mais d'une part, il faut définir des critères clairs qui soient cohérents, qui soient applicables à tous les élèves. Et puis garantir à la fois l'équité et un climat de travail soit serein. Les questions posées, elles sont assez simples. Mais il faut un débat au niveau de l'établissement. Et qu'il y ait un règlement intérieur qui ne change pas chaque année en fonction du moment, mais qui soit équitable pour tous les élèves, de manière que chacun sache comment s'habiller. Mais sans cibler que les filles ou les garçons", estime Rémy Landri sur Sud Radio.

Au-delà du cas de ce lycée, l’affaire relance un débat national récurrent : jusqu’où l’école peut-elle encadrer les tenues sans porter atteinte aux libertés individuelles ? Entre exigence de neutralité, respect du cadre scolaire et revendications d’égalité, la ligne reste difficile à tracer.

Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.

L'info en continu
11H
10H
09H
08H
07H
06H
Revenir
au direct

À Suivre
/