Donald Trump tend les relations entre le FMI et les États-Unis

Donald Trump tend les relations entre le FMI et les Etats-Unis
Le ton monte entre le Fonds Monétaire International et l’administration de Donald Trump (© MANDEL NGAN / AFP)

Depuis sa création en 1945, le Fonds monétaire international (FMI) a su jongler entre crises financières et plans d’aide internationaux. Il doit désormais faire face à un nouveau problème : Donald Trump.

Un défi nommé Trump. En plus de soixante-dix ans d’existence, le FMI a su faire face aux problèmes économiques de ses 189 États membres. Désormais, il doit se confronter à un adversaire de taille : la nouvelle administration de la Maison Blanche.
    
Les sujets de divergences sont nombreux entre l’administration Trump et l’institution présidée par Christine Lagarde. Les États-Unis ont récemment lancé des réformes économiques, comme le démantèlement des mesures mises en place après la crise de 2008 ou un décret favorisant l'achat de biens américains dans les projets publics. Pour le FMI, cette dérégulation risquerait plutôt d’accroître dangereusement la probabilité d’une future tempête financière ou d’une "guerre commerciale". "Très clairement, certains au sein de l'administration Trump ont exprimé un immense scepticisme vis-à-vis du multilatéralisme et si leur ligne prévaut, les institutions comme le FMI vont souffrir", souligne Douglas Rediker, un ancien représentant américain au FMI

Autre point de discordance : l’impact économique du changement climatique. Trump n’a jamais caché son climato-scepticisme. Le fantasque président américain veut relancer l’industrie du charbon à l’échelle nationale, et menace de se retirer de l’accord de Paris sur la réduction des émissions polluantes.

De nouvelles frictions à l’avenir ?

L'allègement de l'impôt sur les bénéfices, promis par Donald Trump, risquerait de créer également de nouvelles tensions. Le FMI a tiré la sonnette d’alarme, suggérant que cette réforme pourrait inciter les entreprises à prendre des risques inconsidérés pour augmenter la rémunération de leurs actionnaires ou de leurs dirigeants.

Le FMI penche néanmoins pour l’apaisement, saluant le plan d'investissements promis par Donald Trump et son engagement à réduire l'impôt sur les sociétés aux États-Unis… tout en maintenant son message anti-protectionniste. Mais la question du commerce international reste le sujet le plus épineux. Le FMI a plusieurs fois mis en garde son principal actionnaire concernant sa volonté de "repli sur soi" économique. Trump, de son côté, continue à dénoncer le libre-échange défendu par l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) et exhorte le FMI à en faire davantage pour s'attaquer aux déséquilibres commerciaux mondiaux.

"Il y aura des tensions mais le poids des États-Unis (...) ne doit pas empêcher le FMI d'être direct et franc dans son évaluation des mesures américaines", note Nathan Sheets, ancien sous-secrétaire au Trésor.

 Les États-Unis n’ont pas les moyens légaux de couper les vivres du FMI, mais ils peuvent sérieusement leur rendre la vie difficile.

 

Alexandra SEGOND

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