single.php

Cuba : la prochaine cible de Donald Trump ?

Par Alexandre Saint-Etienne

ECLAIRAGE SUD RADIO - Alors que tous les yeux sont rivés sur le Moyen-Orient depuis le déclenchement des frappes américano-israéliennes sur l’Iran le 28 février dernier et l'embrasement de toute la région, Cuba reste dans l’expectative. L’État insulaire ne nourrit que peu de doutes quant à la prochaine cible du président américain.

Cuba Trump Intervention Embargo
Les conditions de vie sont devenues intenables à Cuba (Photo by YAMIL LAGE / AFP)

Cuba, milieu du jour. L’eau et l’électricité sont coupées depuis plusieurs heures déjà, et ne seront sans doute pas rétablies avant la tombée de la nuit. Les pénuries se multiplient. Ce cadre de vie est désormais le sombre quotidien auquel doivent faire face ses habitants, depuis le durcissement du blocus américain décidé par le fantasque Donald Trump en janvier dernier.

L’objectif ? Étrangler (un peu plus) le régime castriste, aux destinées duquel Miguel Díaz-Canel préside péniblement depuis 2019, en espérant une révolte de la population. De premiers frémissements ont déjà été observés. Un siège du Parti communiste a été vandalisé par des manifestants le 14 mars dernier.

Un passif lourd et historique

Le blocus ne date pourtant pas d’hier, la “Bannière étoilée” ayant imposé un embargo à l’île depuis 1962, à la suite de l’arrivée au pouvoir de Fidel Castro. Un bref réchauffement des relations avait eu lieu sous Barack Obama, lorsque ce dernier avait annoncé, simultanément avec son homologue cubain Raúl Castro, le début des négociations pour rétablir les relations diplomatiques entre les deux pays. Culminant avec la visite du 44ème président américain en mars 2016.

Mais ce dégel historique ne résista pas au premier mandat de Donald Trump, qui s’empressa de renforcer les sanctions à l’encontre de la république islamique dès juin 2017. L’intérim Biden ne changera pas grand-chose…

Entre fermeté et calcul stratégique

Pour autant, la position américaine ne se résume pas à une logique de confrontation. Si Donald Trump adopte régulièrement un ton offensif, allant jusqu’à évoquer des scénarios radicaux, des discussions se poursuivent en parallèle entre les deux pays. Cette approche, à la fois dure et pragmatique, entretient une forme d’ambiguïté. Elle permet à Washington de maintenir la pression tout en laissant entrevoir la possibilité d’un compromis.

Au-delà du seul face-à-face entre les deux pays, la question cubaine s’inscrit dans un contexte géopolitique plus large. Dans une région marquée par les tensions, notamment avec le Venezuela, Cuba conserve une importance stratégique pour les États-Unis.

Une cible politique plus que militaire

L’idée d’une « cible » doit néanmoins être nuancée. Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une menace d’intervention directe. La pression exercée par Donald Trump s’inscrit davantage dans une logique économique et diplomatique, visant à peser sur les décisions du régime cubain. Cuba apparaît ainsi moins comme un objectif militaire que comme un terrain d’influence.

Enfin, cas symbolique s’il en est, il s’agit également d’une affaire personnelle pour l’administration Trump. Les parents du secrétaire d’État Marco Rubio, le “ministre des Affaires étrangères”, sont des migrants cubains arrivés aux États-Unis dans les années 1950. Il se murmure qu’il rêve plus que quiconque de voir le régime castriste tomber.

Une chose est sûre : fragilisée sur le plan économique et social, l’île n’a sans doute jamais été aussi exposée aux pressions extérieures. Et dans ce contexte, les choix de Donald Trump pourraient peser durablement sur son avenir.

L'info en continu
08H
07H
06H
00H
23H
22H
20H
19H
18H
Revenir
au direct

À Suivre
/