Parmi les questions souvent posées figurent celles de l’impact de l’alimentation — y compris les régimes végétariens — et du rôle des produits ultra-transformés dans l’apparition de l’obésité. L’occasion de faire le point sur les idées reçues.
Une explosion de l'obésité aux quatre coins du monde
L’obésité est une maladie complexe définie par un excès de masse grasse susceptible d’entraîner des risques pour la santé. Elle se mesure généralement par l’indice de masse corporelle (IMC), un calcul simple basé sur le poids et la taille. Toutefois, l’obésité n’est pas qu’une question de chiffres : elle touche au métabolisme, à l’environnement, au comportement alimentaire, au mode de vie et à des déterminants sociaux et économiques.
Dans le monde, la prévalence de l’obésité a augmenté de façon très significative au cours des dernières décennies. Cette progression s’observe dans de nombreux pays, y compris en France, où une grande partie de la population adulte se trouve en surpoids ou obèse. Cet état de santé n’est pas sans conséquences : le surpoids et l’obésité sont associés à une élévation du risque de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de certains cancers et de troubles musculo-squelettiques.
Alimentation et obésité : une relation multifactorielle
L’alimentation est l’un des nombreux facteurs qui influencent le poids corporel, mais elle ne peut être analysée isolément. La survenue de l’obésité est liée à un déséquilibre énergétique prolongé : lorsque les apports caloriques dépassent régulièrement les dépenses énergétiques du corps, l’excès est stocké sous forme de tissu graisseux. Ce déséquilibre peut provenir de plusieurs combinaisons d’aliments, de modes de vie sédentaires, de facteurs génétiques, de stress ou encore de la qualité du sommeil.
Dans ce contexte, une question revient fréquemment : peut-on devenir obèse en étant végétarien ? "Oui, on peut devenir obèse en étant végétarien", répondu au micro de Sud Radio Jean-Michel Cohen, nutritionniste et animateur de télévision. "Je vous donne un exemple, c'est très simple. Quelqu'un qui est végétarien ou végétalien et qui va supprimer toute une gamme de parties alimentaires pourra très bien retrouver le nombre de calories équivalentes dans des produits à connotation végétarienne. Les végétariens mangent du chocolat, même si c'est que du chocolat noir. Ils peuvent manger des chips, ils peuvent manger des graines, des noisettes, des cacahuètes et des amandes, dont la consommation actuelle explose. Ce sont certes des produits intéressants, mais qui sont quand même des produits à 700 calories par 100 grammes. Donc oui, on a des végétariens et des végétaliens qui peuvent grossir", poursuit Jean-Michel Cohen à l'antenne de Sud Radio, dans la rubrique "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.
Obésité : quel est le rôle des produits ultra-transformés ?
Un autre facteur majeur dans la discussion sur l’obésité est la consommation de produits ultra-transformés. Ces produits alimentaires sont généralement élaborés à partir d’ingrédients industriels, souvent pauvres en fibres et riches en sucres ajoutés, en graisses transformées, en sel et en additifs. Ils sont conçus pour être très appétissants, pratiques et souvent moins coûteux, ce qui favorise leur consommation fréquente.
De nombreuses études épidémiologiques ont mis en évidence une association entre une forte consommation de produits ultra-transformés et un risque accru d’obésité. Ces aliments tendent à être denses en calories sans apporter une sensation de satiété durable, ce qui peut conduire à consommer plus de calories qu’il n’en faut sans en avoir conscience. Par exemple, les sodas sucrés, les snacks industriels, les pâtisseries industrielles et certaines boissons énergétiques sont souvent pointés du doigt pour leur contribution à un apport calorique excessif.
"Un produit ultra-transformé a été transformé parce qu'il a été cuit, ce qui entraîne des modifications chimiques. Parce qu'il a été mixé, ce qui entraîne des modifications chimiques. Parce qu'on a rajouté beaucoup d'additifs : pas seulement les colorants, les émulsifiants, qui nous posent aussi beaucoup un problème", explique Jean-Michel Cohen au micro de Sud Radio.
"Cette alimentation s'intègre dans le cadre d'une société qui est pressée. Pressée de manger, pressée de préparer, pressée d'accomplir tous les gestes de la vie quotidienne. Et c'est pour ça que les gens se servent de cette nourriture, parce qu'elle elle correspond à la vie actuelle. Donc, on ne peut pas la condamner complètement, mais elle doit rester anecdotique", poursuit Jean-Michel Cohen.
Cela dit, l’obésité ne se réduit pas à une "simple faute individuelle" ou à un seul type d’aliment. Elle est aussi influencée par des déterminants économiques et sociaux : niveau de revenus, accessibilité à des aliments de qualité, conditions de travail, environnement où l’on vit etc. Les familles ou les personnes avec moins de ressources peuvent être plus exposées à une alimentation hautement industrialisée faute d’accès à des produits frais ou à des environnements favorables à l’activité physique.
Une journée pensée dans un esprit de promotion de l'alimentation saine
La Journée mondiale contre l’obésité vise à encourager des approches globales et positives. Plutôt que de stigmatiser les personnes concernées, les stratégies de prévention s’appuient sur l’éducation alimentaire, l’amélioration de l’accès à des aliments nutritifs, la promotion de l’activité physique adaptée et le soutien psychologique lorsque nécessaire.
Il s’agit aussi de rappeler que toutes les formes d’alimentation — qu’elles incluent ou non des produits d’origine animale — peuvent être saines si elles sont équilibrées et adaptées aux besoins individuels. De même, réduire la consommation de produits ultra-transformés au profit d’aliments riches en nutriments est un conseil général qui peut contribuer positivement à la santé.
En fin de compte, lutter contre l’obésité demande une approche globale, qui intègre l’alimentation, le mode de vie, l’environnement social et les politiques publiques. Cette journée est l’occasion de sensibiliser, d’informer et de rappeler qu’une alimentation de qualité et des choix de vie conscients peuvent contribuer à une meilleure santé pour tous.
Retrouvez "C'est quoi le problème ?" avec Félix Mathieu.