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Natacha Polony : "L’avantage d’avoir très peu de pub, c’est qu’on se sent très libres"

Par Jean Baptiste Giraud

Natacha Polony, la directrice de la rédaction de Marianne, était l'invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann sur Sud Radio le 22 mars 2024 dans "Le 10h - midi".

Natacha Polony
Natacha Polony, invitée de Valérie Expert et Gilles Ganzmann dans "Sud Radio Média" sur Sud Radio.

Le magazine Marianne lance une nouvelle formule. Natacha Polony est venue nous expliquer ce qu’on va y trouver.

 

Natacha Polony : "Notre rôle, et en particulier lorsqu’on s’appelle Marianne, est d’être sur les sujets cruciaux"

"Le lancement de la nouvelle formule a pris un an, on voulait prendre notre temps. Au départ on imaginait un toilettage de maquette. Puis on s’est dit : mais en fait, est-ce que réellement le modèle du news magazine tel qu’il est devenu est encore valable ? On voit bien que les hebdomadaires sont sur la tendance à l’augmentation des prix, vivant sur la publicité, donc dossiers 'Spécial montres' ou 'Spécial immobilier', pour ramasser de la publicité. Est-ce que c’est réellement ce qui correspond aux attentes des gens sur un journal qui doit leur permettre de comprendre le monde tel qu’il va ? On est dans une période charnière. Notre rôle, et en particulier lorsqu’on s’appelle Marianne, est d’être sur les sujets cruciaux, décrypter ces différentes bascules dans la géopolitique, dans la société française, de leur apporter de l’info, c’est pour ça qu’on a renforcé notre pôle d’investigation. En gros, leur expliquer toutes les tendances oligarchiques qui confisquent la démocratie", a déclaré Natacha Polony.

 

Que peut-on lire dans le numéro actuellement en kiosques ? "Dans le numéro actuel il y a une enquête sur la sécurité d’Emmanuel Macron. Il y a une enquête sur les dîners du Siècle et les nouvelles recrues. On croyait que c’est ringard, les dîners du Siècle. Eh bien, il y a des jeunes, du monde de la techno, ce qui prouve que ça a encore un impact. On a aussi une enquête sur la façon dont la viande française disparaît dans les plats préparés. On a une journaliste qui a comparé la composition, en 2020 et aujourd’hui, de différents plats préparés. Et on voit que sous la pression de la grande distribution, il y a une mécanique qui fait que l’agroindustrie va chercher moins cher, mais elle ne le dit pas", a raconté Natacha Polony.

"On a encore renforcé le dessin de presse"

Tout en traitant des sujets sérieux, Marianne conserve son ton léger… "Je pense qu’il faut d’autant plus d’humour et d’ironie qu’on est sérieux sur le fond. Nous parlons de sujets qui sont graves, nous parlons aussi de sujets un peu plus légers, comme 'Comment pourrir la vie de ses héritiers', pour se marrer un peu. On a cette rubrique qui est l’analyse de l’époque et de ses travers sur un ton extrêmement drôle, c’est une respiration dans le journal. On a encore renforcé le dessin parce qu’on estime qu’un bon dessin vaut un éditorial. Mais un dessin de presse à la place d’un éditorial, c’est encore plus puissant."

 


Marianne est un magazine qui dépend peu de la publicité, ce qui lui donne la liberté de parler de sujets différents comme, dans le dernier numéro, l’agroalimentaire par exemple. "Les premiers annonceurs des médias, c’est la grande distribution et l’industrie agroalimentaire. Ce qui limite beaucoup la possibilité pour les médias de traiter ces sujets. L’avantage d’avoir très peu de pub, c’est qu’on se sent très libres. Cela ne veut pas dire qu’on ne veut pas d’annonceurs, mais le modèle économique de notre journal n’est pas fondé là-dessus. Il est fondé sur les abonnements. J’estime que le but, pour un journal, est de vivre de son lectorat."

 


Retrouvez “L'invité média” de Gilles Ganzmann chaque jour à partir de 10h00 dans “Sud Radio Média” avec Valérie Expert.

Cliquez ici pour retrouver l'intégralité de l’interview média en podcast.

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