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Manon Aubry : "Le gouvernement a mené des politiques climatiques criminelles et mortifères"

Par Aurélie Giraud

INTERVIEW SUD RADIO - Canicule et problématiques climatiques, Panthéonisation de Marc Bloch, Présidentielle 2027 : Manon Aubry, députée européenne La France Insoumise, était “L’invitée politique” sur Sud Radio. 

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Manon Aubry, interviewée par Jean-François Achilli sur Sud Radio, le 25 juin 2026, dans “L’invité politique”.


"Le gouvernement a mené des politiques climatiques qui sont aujourd’hui mortifères." Au micro de Sud Radio, Manon Aubry a répondu aux questions de Jean-François Achilli.

Canicule : "Est-ce que, si on met des clims partout, il n’y aura plus d’épisodes climatiques dantesques ? Non."

Jean-François Achilli : C’est devenu un sujet de société : faut-il un grand plan de climatisation pour faire face à la canicule ?

Manon Aubry : "Je pense qu’il faut partir du début. On est au cinquième, sixième jour d’affilée. On suffoque littéralement, au sens propre comme au sens figuré. Chaque jour bat un peu plus les records. Je crois que la nuit dernière a probablement battu encore un nouveau record. Et prendre la question de la canicule par le bout de la lorgnette de la clim, je pense que c’est se tromper de débat."

Jean-François Achilli : Allez dire ça aux gens qui crèvent de chaud chez eux.

Manon Aubry : "Non, c’est ce que j’allais dire. Laissez-moi finir. J’allais dire : évidemment, tout le monde rêve d’avoir la clim chez soi. Tout le monde rêve de pouvoir mieux dormir la nuit. Mais on ne va pas se raconter d’histoires : penser qu’on va répondre à la crise climatique avec une solution technologique qui est la clim, c’est se fourvoyer. Donc, en attendant, bien sûr qu’il faut climatiser les EHPAD, il faut climatiser les écoles, il faut climatiser les hôpitaux. Mais la question climatique doit se prendre dans son ensemble, dans son intégralité."

"Il y a la question du droit du travail, le droit de retrait pour les travailleurs qui sont soumis à des conditions climatiques dantesques. Il y a la question de la réquisition des logements vacants pour les sans-abri et, plus généralement, la question de la rénovation thermique des logements."

"Je veux dire, on peut se poser la question de la clim autant qu’on veut, mais le même jour, hier, le gouvernement a quand même proposé de remettre en location des dizaines de milliers de passoires thermiques. C’est ça, la proposition du gouvernement. Ça va être quoi l’étape d’après ? On va nous proposer un numéro vert pour régler la question climatique ?"

Jean-François Achilli : Jean-Luc Mélenchon, à VivaTech, dit : il ne faut surtout pas faire ça. C’est ce que vous dites ce matin ? Climatiser partout, ça veut dire augmenter les dégâts, dit-il. « Je ne mets pas mon gosse là où il y a de la clim du matin au soir, ça vous détruit les sinus. » Ce n’est pas un sujet léger quand même. Quand vous voyagez beaucoup, vous êtes députée européenne, vous passez votre temps à voyager dans des pays où la clim est généralisée, ça ne pose pas de problème.

Manon Aubry : "Moi, j’essaie d’avoir une approche assez pragmatique. Quand je vous dis qu’il faut climatiser les écoles, les EHPAD, les hôpitaux, là où il y a le plus besoin, je dis juste qu’on ne va pas régler la question de cette manière-là. Penser aujourd’hui qu’on peut continuer comme dans le monde d’avant avec le bon produit, c’est se tromper. Est-ce que, si on met des clims partout, il n’y aura plus d’épisodes climatiques dantesques ? Non."

"Les politiques du gouvernement en matière climatique de ces dernières années ont été criminelles"

Jean-François Achilli : Et qu’est-ce que vous faites quand les gens crèvent de chaud chez eux ? J’entends, je suis comme vous, je suis d’accord avec vous : on ne va pas mettre de la clim partout. Mais qu’est-ce que vous faites quand les gens crèvent de chaud chez eux ? Il y a bien un moment donné où il faut mettre de l’air frais.

Manon Aubry :" Il y a plein de trucs qu’on peut faire et qui ne sont pas faits, et pas aidés par le gouvernement. C’est bête. Je viens du sud de la France. Dans le sud de la France, il y a des volets dans quasiment tous les logements. Ce n’est absolument pas le cas, par exemple, à Paris ou dans le Nord. Vous gagnez deux ou trois degrés, par exemple. Et ensuite, il y a un vrai truc : les bouilloires thermiques, c’est le fruit de quoi ? C’est le fruit de logements qui ne sont pas rénovés."

"Et je le dis : les politiques du gouvernement en matière climatique de ces dernières années ont été criminelles. Quand vous avez divisé par quatre le montant du fonds vert, qui sert notamment à rénover thermiquement les écoles, quand vous avez baissé de 800 millions d’euros MaPrimeRénov’, oui, le gouvernement a mené des politiques climatiques qui sont aujourd’hui mortifères."

Jean-François Achilli : Mais ces programmes de rénovation ne suffiront pas à faire en sorte que les gens puissent supporter la vie chez eux. Il est là, le problème.

Manon Aubry : "Ça contribue à y participer. Quand vous vivez aujourd’hui sous les combles d’un appartement à Paris ou quand vous vivez dans un appartement qui est largement rénové, la différence de température peut aller de plusieurs degrés à presque 10 degrés."

Jean-François Achilli : Donc vous êtes défavorable à une climatisation générale, comme ça existe à Singapour, aux États-Unis, comme vous voyez ça en Espagne, en Italie, partout chez nous ?

Manon Aubry : "Quand bien même on ferait ça, on ne réglerait pas le fond du problème, parce que vous devriez quand même sortir dans la rue et il ferait super chaud. Vous auriez quand même des transports qui tomberaient en panne au vu de la chaleur. Et donc il y a deux choses à faire face à l’urgence climatique. Il y a les mesures immédiates à prendre pour pouvoir survivre. Et puis il y a ensuite : comment on lutte plus généralement contre le réchauffement climatique ?"

"Et là, pardon de le dire, là aussi, les politiques du gouvernement n’ont absolument pas été à la hauteur. Quand on a investi dans les énergies fossiles et qu’on a refusé d’investir dans les énergies renouvelables, quand on a refusé de rénover thermiquement les logements — et je peux vous faire une liste qui est extrêmement longue — parce qu’on n’est pas tous égaux face au réchauffement climatique et parce que la responsabilité n’est pas la même du monsieur tout-le-monde et des personnes les plus riches dans notre pays."

"Comment on fait quand on a des cours d’eau qui sont réchauffés et qu’on doit mettre des réacteurs nucléaires à l’arrêt ?"

Jean-François Achilli : Le nucléaire, source d’énergie électrique, pour vous, n’est pas la solution non plus. Comment on fait ?

Manon Aubry : "Comment on fait pour le nucléaire quand on a aujourd’hui des cours d’eau qui sont réchauffés comme jamais ? Je ne dis pas qu’il ne faut pas de nucléaire. Je vous pose juste une question très pragmatique. Là aussi, vous voyez, face à l’urgence climatique, il faut être pragmatique. Comment on fait quand on a des cours d’eau qui sont réchauffés et qu’on doit mettre des réacteurs nucléaires à l’arrêt ? Parce que, pour que tout le monde comprenne bien comment marchent des réacteurs nucléaires, ça prend de l’eau dans des cours d’eau et ça les rejette."

Jean-François Achilli : Vous dites non à beaucoup de solutions. Vous dites non à la clim, non au nucléaire, non à tout. Mais les gens ont chaud.

Manon Aubry : "Je pense que vous n’avez pas bien compris ce que je dis ce matin. Alors on va faire de la pédagogie. Je peux le répéter, mais ce que je dis, c’est beaucoup de solutions qui sont extrêmement concrètes et pratiques : pour la rénovation thermique des logements, pour le bâti qui est ancien, il faut avancer sur tous ces sujets. Pour l’énergie, on doit avancer vers les énergies renouvelables, a fortiori quand on voit la dose de soleil qu’on a eue ces dernières années, et qui est beaucoup plus fiable que l’énergie nucléaire. Est-ce qu’on va sortir du jour au lendemain de l’énergie nucléaire ? La réponse est non. Évidemment qu’on ne peut pas sortir de l’énergie nucléaire du jour au lendemain. Et en même temps, dans les jours qui viennent, on va devoir mettre à l’arrêt des centrales nucléaires."

Jean-François Achilli : Vous avez évoqué le droit de retrait climatique pour les salariés. Déclaration de Jean-Pierre Farandou : « On ne va pas mettre le pays à l’arrêt parce qu’il fait 30 degrés », a dit le ministre du Travail. « Il faut s’adapter », dit-il. Il y a des préfets qui peuvent prendre des dispositions localement sur les chantiers et autres. Vous voulez, vous, un droit de retrait climatique ? Dans beaucoup de pays chauds, les gens travaillent. Est-ce qu’il ne faudrait pas plutôt s’adapter à la chaleur plutôt que de s’arrêter de travailler ?

Manon Aubry : "Monsieur Achilli, vous avez le privilège, et c’est tant mieux, de pouvoir travailler dans un studio qui est climatisé. C’est le cas aussi pour beaucoup de salariés dans le privé, dans des bureaux, mais ce n’est pas le cas pour beaucoup de travailleurs. Et je voudrais avoir une pensée ce matin, par exemple, pour Daniel, qui est mort sur un chantier il y a quelques semaines, lors de la première vague de canicule. C’est le résultat d’une impréparation en matière de droit du travail. Et donc oui, quand il fait un certain nombre de degrés, les salariés devraient pouvoir avoir le droit de se retirer."

"Le droit du travail n’est pas encore suffisamment adapté aux conditions climatiques"

Jean-François Achilli : Et chez les agriculteurs qui nous appellent tous les jours, ils travaillent plus tôt, très tôt le matin, ils s’arrêtent en journée, ils s’adaptent.

Manon Aubry : "Que des types de métiers arrivent à s’adapter, c’est tant mieux. Mais vous avez aussi des métiers qui travaillent à l’extérieur. Vous pouvez penser, je ne sais pas, aux serveurs qui sont en train d’aller sur les terrasses et de servir dans ces conditions-là, jusque dans le monde du bâtiment où, parfois, les préconisations ne sont pas toujours respectées."

"Combien d’accidents du travail avez-vous eus ces dernières semaines liés à la chaleur ? Je vous redis : il y a eu plusieurs décès sur des chantiers, et ça, ce n’est pas normal. Et donc c’est bien la démonstration que le droit du travail n’est pas encore suffisamment adapté aux conditions climatiques."

Panthéonisation de Marc Bloch : "la famille n’a pas la mémoire courte et se souvient de qui le Rassemblement national sont les héritiers, à savoir les héritiers des Waffen-SS qui ont créé le Rassemblement national."

Jean-François Achilli : Je voudrais revenir ce matin sur l’hommage à Marc Bloch. Il y a cette photo au Panthéon de Suzette Bloch, la petite-fille de Marc Bloch, avec Jean-Luc Mélenchon, une partie de l’appareil, tout sourire. Ma question ce matin, c’est : quel est le sens de cette photo ? Est-ce que c’est une sorte de brevet de respectabilité ? Est-ce que cette photo, prise à ce moment, à cet endroit, après l’hommage, devant les portraits de Marc Bloch et Simone Veil, est censée vous laver de tout soupçon d’antisémitisme ?

Manon Aubry : "Que vient faire l’antisémitisme là-dedans ? Est-ce que nous avons été condamnés une seule fois dans notre vie pour antisémitisme ? Nous étions là, comme de nombreux parlementaires d’ailleurs étaient là, pour rendre hommage à Marc Bloch, qui est un résistant, un résistant qui fait honneur à la France et à qui la patrie est désormais reconnaissante avec sa panthéonisation. Nous sommes là aussi à l’invitation de la famille. Et donc je ne vois pas ce que cette polémique indécente vient faire ici."

Jean-François Achilli : C’est un peu une captation politique, si vous voulez.

Manon Aubry : "Rendre hommage à un résistant, c’est une captation politique pour vous ?"

Jean-François Achilli : Qu’un parti politique s’affiche en groupe devant la photo du résistant en question, c’est une forme de détournement politique d’un instant qui est censé être universel. Un hommage au Panthéon est un hommage universel.

Manon Aubry : "Ou alors, peut-être, c’est une façon de lui rendre hommage aux côtés de la famille, qui nous a invités et qui a souhaité que nous soyons présents."

Jean-François Achilli : Donc pour vous, c’est tout à fait normal ?

Manon Aubry : "Bien sûr. Oui. Pour être honnête, je ne comprends même pas le sens de la polémique et je pense qu’elle est indécente, parce qu’aujourd’hui elle vient précisément polluer un hommage qui devrait être national. Je comprends que le Rassemblement national ait été un peu vexé de ne pas avoir été invité à cet hommage. Et je crois que la famille n’a pas la mémoire courte et se souvient de qui le Rassemblement national sont les héritiers, à savoir les héritiers des Waffen-SS qui ont créé le Rassemblement national."

Jean-François Achilli : La panthéonisation d’une personnalité n’a-t-elle pas vocation universelle ? Il faut qu’un parti politique s’affiche à ce moment-là ?

Manon Aubry : "Non, non. Là, en l’occurrence, vous savez comment marche la panthéonisation ? La petite-fille de Marc Bloch l’a raconté. Elle a été contactée par les services du protocole de l’Élysée. Il faut l’accord de la famille. Et la famille a donné son accord à certaines conditions, en disant : bien sûr que la patrie, la nation, peut rendre hommage à Marc Bloch, mais elle ne peut pas le faire aux côtés de ceux qui l’auraient fusillé hier. C’est aussi simple que cela."

Hubs de retours européens : "C’est contraire au droit international, c’est contraire aux conventions de Genève"

Jean-François Achilli : Vous êtes députée européenne de La France insoumise. Parlons d’immigration. Il y a ce phénomène de la création de hubs de retour. Vous avez écrit sur X : « Sarah Knafo ne fête pas la Coupe du monde, elle fête la déportation massive de familles et d’enfants. » Ce mot, « déportation », il est un petit peu superflu, non ? Encore, enfin pardonnez-moi, mais « déportation », nous pensons tous à la Shoah.

Manon Aubry : "Vous savez de quoi on parle avec ce texte, le règlement retour, qui a été en effet célébré telle la Coupe du monde par la droite et l’extrême droite au son de « send them back », ce qui veut dire « renvoyez-les chez eux ». Donc on a des parlementaires qui s’esclaffent dans l’hémicycle, qui chantent « renvoyez-les chez eux », parce que ce texte crée ce qu’on appelle des centres de retour dans lesquels pourront être envoyés des enfants, des mineurs non accompagnés, dans des pays dans lesquels ils n’ont jamais mis les pieds."

"Vous prenez, par exemple, une jeune Afghane qui fuit les talibans : elle pourra être envoyée en Albanie sans avoir jamais mis les pieds dans ce pays. C’est contraire au droit international, c’est contraire aux conventions de Genève. Et ce texte, je le dis en toute solennité, fait de l’arsenal européen l’arsenal le plus répressif et le plus inhumain en matière migratoire. Et pire encore, il prend modèle sur l’ICE américain en ouvrant la possibilité de raids dans des écoles. On va aller arrêter des enfants dans des écoles. Voilà de quoi ce texte est réellement le nom."

Jean-François Achilli : Manon Aubry, d’accord, mais le retour des clandestins, c’est la Shoah ? À vos yeux, ce mot « déportation », moi, me titille.

Manon Aubry : "Le mot « déportation » est un mot qui est utilisé en anglais. « Deportation », c’est le mot exact qui est utilisé dans le texte. C’est le mot exact qui est utilisé dans le texte, et donc il est utilisé dans une forme de franglais : déportation en anglais, déportation en français. Ce qu’il faut bien comprendre, et ce qui devrait davantage vous scandaliser, Jean-François Achilli, ce matin, ce n’est pas tant l’utilisation de ce mot que le fond de ce texte."

Jean-François Achilli : Vous avez vu que le président de la République est opposé à ce que la France mette en place le dispositif...

Manon Aubry : "Sauf que ses parlementaires l’ont voté. Nathalie Loiseau à commencer par elle. Je ne salue pas la position du gouvernement, qui à aucun moment n’a bataillé contre ce texte, qui est inhumain et dont ses parlementaires, une grande partie de ses parlementaires, l’ont voté au Parlement européen. Donc non, je ne salue pas un texte qui est inhumain, contraire au droit international."

Jean-François Achilli : Vous ne saluez pas la position du président de la République là-dessus, qui est la même que la vôtre ?

Manon Aubry : "Moi, ce que je saluerai, c’est si demain ces centres de retour n’existaient pas, si demain des enfants n’étaient pas arrêtés dans les écoles. Il se trouve que le gouvernement n’a rien fait contre cela."

Marine Le Pen et Jordan Bardella "défendent le même programme, qui est un programme raciste et xénophobe"

Jean-François Achilli : 2027, Marine Le Pen sera fixée le 7 juillet. Est-ce qu’elle serait pour vous un adversaire plus difficile si, d’aventure, elle n’était pas empêchée de se présenter, que Jordan Bardella ?

Manon Aubry : "Pour moi, c’est la même chose. Ils défendent le même programme, qui est un programme raciste et xénophobe. Vous avez peut-être vu ces images qui ont assez peu fait parler dans les médias, et je suis assez surprise, de jeunes qui crient : « Marine au pouvoir, les Arabes à l’abattoir. » Voilà l’état d’esprit, la philosophie globale."

Jean-François Achilli : Condamné hier par Julien Odoul, qui était à votre place ici. Il a totalement condamné la chose.

Manon Aubry :" J’entends bien, mais c’est la banalisation des idées racistes par ce parti d’extrême droite qui aujourd’hui conduit à ce type de slogan. Vous n’auriez jamais ce type de slogan avec Jean-Luc Mélenchon, de la même façon."

Jean-François Achilli : Vous avez été accusés, vous, à LFI, de votre soutien à Gaza, d’avoir libéré, si vous voulez, une forme d’antisémitisme.

Manon Aubry : "À quel moment certains de nos partisans ont défendu l’antisémitisme ? Je pense qu’il faut être précis. Laquelle de mes paroles, ce matin comme à chaque fois que vous m’avez entendue, a développé l’antisémitisme ? Et je vous le dis, ce deux poids, deux mesures est insupportable."

"C’est trop facile de jeter à l’opprobre populaire un mouvement politique comme le mien quand vous n’avez absolument aucun fait pour l’étayer. Vous voulez que je vous cite la liste des paroles racistes qui ont été tenues au Rassemblement national ? Donc vous voyez, c’est un peu facile de dire « ah non, surtout pas » quand je vous donne des exemples précis, et ensuite de mettre un signe égal entre La France insoumise et l’antisémitisme. Ce que vous faites, je vous le dis, ça porte un nom, c’est insupportable."

Jean-François Achilli : Un responsable politique, à votre place, c’est-à-dire qui condamne la chose, prenez acte de la condamnation.

Manon Aubry : "Quand le Rassemblement national crée une hiérarchie entre les Français, par exemple entre les Français qui sont binationaux et les Français d’origine, vous ne croyez pas que ce type de position-là ne conduit pas à des comportements racistes ? Donc moi, ce à quoi j’aspire en 2027, c’est à faire campagne sur le fond et sur un programme. Sur le fond et sur un programme. Et je vais faire campagne contre le Rassemblement national précisément sur leur volonté de trier les Françaises et les Français en fonction de leur origine, en fonction aussi de leur niveau de patrimoine. Parce que je n’oublie pas que Jordan Bardella, en particulier, est celui qui défendra les plus riches dans notre société et qui sera une forme de relais du macronisme en la matière. On le voit sur la réforme des retraites, où tout d’un coup le Rassemblement national est pour la retraite à 64 ans. On le voit sur leur opposition à l’augmentation du salaire minimum. Vous voyez, cette bataille, on va la mener front contre front, projet contre projet, et j’espère sans les anathèmes que j’ai pu entendre ce matin encore."

Jean-François Achilli : Et le RN sera votre principal adversaire ?

Manon Aubry : "De facto, dans les sondages, ce sont ceux qui sont les plus élevés aujourd’hui. Mais nous sommes prêts à affronter n’importe quel candidat au second tour, que ce soit un candidat issu du bloc macroniste ou du Rassemblement national. Mais je pense que, pour notre pays, ils sont le plus grand danger, oui."

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