Soyez libres avec Elisabeth Levy. Vous avez déniché une étude révélant que les hommes sont eux aussi complexés.
« C’est une étude d’Ifop. Mais avant de vous parler de cette étude, je dois vous dire que je suis un peu perdu car sur ce genre de sujet nous sommes bombardés d'informations contradictoires. Si je vais à l'église, c'est-à-dire quand je lis Le Monde, notre nouvel ennemi, le nouveau danger, c'est le masculinisme.
"Nous acceptons tel que nous sommes, moches et méchants"
Une menace qui justifie un rapport sénatorial et un coup de gueule de Philippe David hier. Alors, il paraît que c'est une idéologie de plus en plus violente, de plus en plus populaire chez les jeunes et qu'elle se déploie en réaction à la glorieuse révolution MeToo. Et la directrice de la DGSI dit que ces jeunes gens qui braillent sur les réseaux sociaux, et bien et qui expliquent que les femmes sont faites pour obéir, et bien elles seraient même une nouvelle menace terroriste.
Et puis, d'un autre côté, on nous rebat les oreilles avec le body positif, tous les corps sont beaux, les rondeurs, c'est génial. On a même vu quelques mannequins qui mettent du 36, alors les maigrichonnes habituelle c'est plutôt du 32. Bref, nous serions loin de ces fameux dictats de la mode que vous évoquiez, et nous nous acceptons tel que nous sommes, moches et méchants. »
"C'est toujours la même norme qui fascine"
C'est plutôt bien que les gens acceptent leur corps, non ?
« Oui sauf que c'est faux. Voyez alors que la plage arrive, l'angoisse du bourrelet monte. Et en fait, d'acceptation de soi, c'est toujours la même norme qui fascine. Sur les réseaux sociaux, écrit Le Parisien, « des influenceuses retouchées vendent abondamment des coupes faims, des capsules minceurs et des gommages anticellulites ».
🚨Les hommes aussi sont complexés !
— Sud Radio (@SudRadio) June 25, 2026
🗣️ @ELevyCauseur : "La nouveauté n’est pas que les hommes soignent leur apparence mais qu’ils épousent les codes du féminin" #GrandMatin
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"61% des femmes se trouvent trop grosses et 50% des hommes"
Et non seulement les femmes sont toujours aussi complexées, mais c'est ce que nous dit cette étude, les hommes s'y mettent, bombardés d'injonctions pour ressembler à Schwarzenegger jeune. Alors, 61% des femmes se trouvent trop grosses et 50% des hommes seulement. Ça, c'était seulement un quart il y a vingt ans.
Aujourd'hui, c'est la moitié. Alors ça veut dire que la moitié des hommes n'adhèrent pas à l'idée simple du respect de tous les corps. Alors, la nouveauté, en fait, ce n'est pas que les hommes soignent leur apparence, mais qu'ils épousent les codes du féminin. D'ailleurs, les hommes et les femmes font la même fixette sur leur ventre, objet de toutes nos angoisses. C'est la partie du corps que nous aimons le moins.
"Le prince charmant se torture"
Alors, ça me fait penser, vous savez, dans une série américaine où il y avait cette conversation entre un couple. Elle dit : "dis-moi quelque chose de gentil", et lui répond, "you lost weight", tu as perdu du poids. Eh bien, désormais, l'homme et la femme peuvent échanger leur réplique. On peut imaginer ce dialogue dans l'autre sens.
Maintenant, avant d'aller réveiller sa belle, le prince charmant se torture, miroir, mon beau miroir, suis-je assez mince, musclé, appétissant ? Les hommes parlent régime et muscu avec leurs copains. Bref, ils sont en train de devenir des filles, comme les autres, à chacun, et surtout à chacune, de juger si c'est un progrès. »
Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.