Violences après la victoire du PSG, maintien de l’ordre, immigration, remigration, différences avec le Rassemblement national, islam, Jean-Luc Mélenchon, présidentielle 2027 et équipe de France. Au micro de Sud Radio, Éric Zemmour a répondu aux questions de Jean-François Achilli.
Victoire du PSG : "Une jeunesse arabo-musulmane venue des banlieues déferle sur Paris pour conquérir la ville symboliquement"
Jean-François Achilli pour Sud Radio : Comment avez-vous vécu la victoire du PSG et les violences qui ont suivi ?
Éric Zemmour : “J’ai vécu le match comme tous les amoureux du football, entre souffrance et soulagement. Arsenal n’était pas venu pour jouer, mais pour empêcher le PSG de jouer, avec une organisation admirable. Le PSG a gagné et cette équipe méritait sa victoire. Je veux rendre hommage à Luis Enrique, un entraîneur exceptionnel qui a transfiguré cette équipe.”
Selon vous, ce qui s’est passé après la victoire du PSG n’a donc rien à voir avec le football ?
“Oui, ce qui s’est passé après n’a rien à voir avec le football. Il faut arrêter de ressusciter les vieux souvenirs des hooligans. Comme à chaque fois, c’est une jeunesse arabo-musulmane venue des banlieues qui déferle sur Paris et sur d’autres villes de France. Elle vient prendre possession de la ville par la violence, piller et conquérir la ville symboliquement.”
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Vous estimez que cette violence a une portée politique et symbolique ?
“La violence n’est jamais gratuite. Elle n’est pas seulement liée au pillage. Elle est aussi une symbolique de conquête de Paris et de conquête de la France. C’est pour cela que je refuse qu’on présente ces scènes comme de simples débordements festifs.”
"Sous couvert du maintien de l’ordre, les ministres font du maintien de la horde !"
Le ministre de l’Intérieur a affirmé que la situation était globalement sous contrôle. Que répondez-vous ?
“Je pense qu’il a un humour noir. Laurent Nunez fait exactement la même chose que ses prédécesseurs. L’an dernier, après une victoire du PSG, il y avait déjà eu les mêmes violences, les mêmes pillages et les mêmes agressions. Sous couvert de maintien de l’ordre, ces ministres font du maintien de la horde.”
🗣️@ZemmourEric : "Sous couvert du maintien de l'ordre, les ministres font du maintien de la horde ! Il faut mater l'ennemi intérieur et que les sanctions tombent !" #PSG #GrandMatin
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Que voulez-vous dire par là ?
“Ils encadrent une horde de pillards au lieu de rétablir réellement l’ordre. Même le maintien de l’ordre est dépassé, parce qu’il s’agit d’une forme de guérilla. Il faut mater l’ennemi intérieur, donner de bons ordres aux forces de l’ordre et faire tomber les sanctions. On savait que cela allait arriver, car ces scènes sont régulières et récurrentes.”
Vous faites un lien avec d’autres rassemblements et d’autres violences récentes ?
“Toutes les fêtes deviennent désormais l’occasion de ces déferlements : la Fête de la musique, le Nouvel An, le 14-Juillet ou les grands matchs du PSG. Il faut rapprocher ces événements d’autres scènes, comme celles de La Baule ou de Deauville. On y entend des cris comme “mort aux juifs” ou “mort aux Français”. La violence est utilisée comme une marque de conquête.”
Des jeunes issus de l’immigration assistent aussi aux matchs sans rien casser. Votre analyse n’est-elle pas trop générale ?
“Bien sûr qu’il existe des jeunes issus de l’immigration arabo-musulmane qui vont voir le match sans casser. Cela existe, évidemment. Mais ceux que l’on voit casser sont aussi leurs cousins, leurs frères ou leurs proches. Je ne vois pas de grande manifestation pour dire que cela ne se fait pas en leur nom.”
"Le vrai objectif, c’est la remigration, étendre la déchéance de nationalité"
Une vidéo vous montre poursuivi après le match. Que s’est-il passé ?
“J’ai voulu aller dîner après le match avec un ami. Je croyais que nous étions encore à Paris et en France, et que l’on pouvait aller dîner librement quand on voulait. Apparemment, je ne le peux plus vraiment. Mon service de sécurité m’a très bien protégé et il ne m’est rien arrivé.”
Emmanuel Macron a dit que ces violences n’étaient ni le football ni le sport, et qu’il fallait que cela cesse. Que lui répondez-vous ?
“Je ne sais pas, il va peut-être se présenter à l’élection présidentielle pour changer cela. Il est président depuis neuf ans, il faut arrêter de plaisanter. Tant que 500.000 immigrés, pour la plupart venus de contrées arabo-musulmanes, entreront légalement en France, vous aurez une accumulation. Il faut être sérieux et dire ce qu’il faut faire.”
Quelles mesures proposez-vous après les violences PSG ?
“Il faut d’abord sanctionner vraiment ces jeunes. On exhibe des chiffres d’arrestations et d’inculpations, mais c’est du cinéma si la justice ne suit pas. Les policiers disent depuis longtemps que le problème de la police, c’est la justice. Il faut rétablir les peines planchers, construire des prisons et appliquer de vraies sanctions.”
Vous voulez aller plus loin que les sanctions judiciaires classiques ?
“Oui, il faut aller beaucoup plus loin. Il faut expulser ces gens des HLM quand ils en ont, supprimer les allocations sociales et sanctionner les parents quand les auteurs sont mineurs. Le vrai objectif, c’est la remigration, c’est-à-dire le renvoi de ces gens. Il faut étendre la déchéance de nationalité pour des crimes comme le trafic de drogue ou le viol, puis les renvoyer chez eux lorsqu’ils sont doubles nationaux.”
"Le problème du RN, c’est qu’il croit que l’islam est un christianisme des arabes"
Le Rassemblement national demande lui aussi un choc d’autorité. Avez-vous servi de laboratoire idéologique au RN ?
“J’ai surtout servi de laboratoire idéologique aux Français. Je ne suis ni un affidé ni un vassal du Rassemblement national. Le RN parle de maintien de l’ordre, ce qui est le minimum, mais je ne l’entends pas parler de remigration. Quand j’en ai parlé pendant la présidentielle, on m’a répondu que ce n’était pas républicain.”
Quelles sont vos différences de fond avec le Rassemblement national ?
“Le Rassemblement national est un parti patriote, mais socialiste et étatiste. Il pense que l’islam est compatible avec la République et que l’islam n’est pas l’islamisme. Nous avons des différences de fond. Reconquête et le Rassemblement national sont deux partis différents, sinon il n’y en aurait qu’un seul.”
Vous affirmez que l’islam et l’islamisme ne doivent pas être séparés. Pourquoi ?
“Des musulmans qui connaissent leur religion ne font pas cette différence. Le mot islamisme a d’abord été utilisé pour faire pendant à christianisme et judaïsme. Depuis la révolution iranienne de 1979, on a construit ce faux distinguo. L’islamisme ne veut pas dire terrorisme, mais le djihad est dans le Coran.”
Vous reprochez au RN de se tromper sur la nature de l’islam ?
“Le problème du RN, c’est qu’il croit que l’islam est un christianisme des Arabes. Le christianisme repose sur la foi et a façonné notre conception de l’individu libre. L’islam repose sur la charia, un texte juridique qui impose des règles strictes. J’appelle les musulmans à se détacher de la charia, car c’est l’enjeu principal.”
"Le clivage, c’est entre moi et Mélenchon. Mélenchon est la figure du parti de l’étranger"
Un auditeur redoute un duel entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. Partagez-vous cette analyse ?
“Je ne suis pas d’accord avec l’idée d’un affrontement inéluctable entre Jean-Luc Mélenchon et le Rassemblement national. La présidentielle n’a pas vraiment commencé. Quand elle commencera, on s’attachera aux hommes et à l’incarnation, pas seulement aux étiquettes partisanes. Une présidentielle, c’est d’abord une question d’homme.”
Vous ne pensez donc pas que le RN soit forcément l’adversaire principal de Jean-Luc Mélenchon ?
“Marine Le Pen a elle-même déclaré que son adversaire privilégié était Édouard Philippe. On se définit par le clivage que l’on instaure et par l’adversaire que l’on désigne. Le RN choisit l’affrontement entre le bloc populaire et le bloc élitaire. Moi, je ne suis pas d’accord avec ce clivage.”
Quel est alors votre clivage politique principal ?
“Le clivage, c’est entre Jean-Luc Mélenchon et moi. Jean-Luc Mélenchon peut être au second tour, bien sûr. Pour moi, il est l’adversaire que je désigne depuis des années. Il est la figure du parti de l’étranger.”
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Face aux autres figures de droite, comme Bruno Retailleau, Jordan Bardella ou Édouard Philippe, comment vous distinguez-vous ?
“Aucun des gens que vous citez ne parle comme moi. Bruno Retailleau a été ministre de l’Intérieur et on l’a vu à l’œuvre, avec un record d’entrées légales d’étrangers. Ce que l’on ne dit pas avant, on ne le fait pas après. Certains font semblant, mais aucun d’entre eux ne parle comme moi et donc n’agira comme moi.”
"Les joueurs de l’équipe de France représentent surtout la banlieue et l’immigration arabo-musulmane"
Soutiendrez-vous l’équipe de France de football ?
“J’ai toujours soutenu l’équipe de France depuis mon enfance, même quand elle ne parvenait pas à se qualifier pour la Coupe du monde. J’ai souffert lors de la défaite de 1982 face à l’Allemagne, avec cette grande équipe de Platini. Bien sûr que je soutiendrai l’équipe de France. Je constate simplement que les joueurs représentent surtout la banlieue et l’immigration arabo-musulmane.”
Vous dites que l’équipe de France ne représente pas toute la France ?
“Elle ne représente pas vraiment toute la France, mais elle est le produit de ce qu’est devenu le football. Dans les clubs français, dès l’enfance et l’adolescence, il y a une prise de ces clubs par la jeunesse arabo-musulmane. Cela chasse les petits blancs, et c’est une réalité que l’on ne veut pas regarder. Cela n’empêche pas que ce sont des joueurs remarquables.”
Cela signifie-t-il qu’une partie des Français ne se reconnaît plus dans cette équipe ?
“Oui, je pense que des Français sont gênés par l’image que donne cette équipe de France. La presse étrangère se moque régulièrement de nous en disant qu’il s’agit d’une équipe africaine. Cela ne veut pas dire que ce ne sont pas de bons joueurs ni que ce n’est pas une belle équipe. Tous les Français qui aiment le football la soutiendront malgré cette gêne.”
Kylian Mbappé a pris position politiquement. Que pensez-vous de ses déclarations ?
“Je pense que Kylian Mbappé ne devrait pas profiter de sa situation médiatique pour faire de la politique. Ce serait une forme de décence de sa part. Il montre aussi qu’il est le reflet de cette France des banlieues dont je parle. Un joueur doit éviter d’utiliser son aura sportive pour peser dans le débat politique.”
Votre livre Le suicide français ressort dans une version enrichie. Que voulez-vous y ajouter ?
“Cette version prolonge les analyses de la première édition. L’originalité du livre est de regarder l’évolution du pays depuis la mort du général de Gaulle à travers la culture populaire, les films, les chansons, les matchs de football, les débats politiques et les lois. La première version s’arrêtait dans les années 2010, je la prolonge jusqu’à aujourd’hui. Quand je me relis, je me dis malheureusement que tout s’est passé comme prévu.”
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