Face à la police de la pensée, peut-on débattre en France de manière libre et contradictoire, sans se faire traiter de facho ? Dans ce contexte, le Rassemblement national pose-t-il de bonnes questions sur notre société ? Elément de réponses avec le politologue Jean-Yves Camus, au micro de Sud Radio.
"Une pression qui risque de s’accentuer jusqu’à l’élection présidentielle"
Pour le politologue, on peut débattre librement en France. "Même si on sent une pression et que cette pression risque de s’accentuer jusqu’à l’élection présidentielle. Cette pression est due à deux facteurs : le Rassemblement national est donné en tête de tous les sondages, et la culture du clash dont la France insoumise s’est fait une spécialité, et les thèmes hautement inflammables qu’elle a mis au cœur de son programme politique" explique-t-il au micro de Sud Radio.
🇫🇷 Peut-on considérer que le RN pose de bonnes questions sans se faire traiter de facho ?
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"Tous ceux qui ne se rangent pas dans cette doxa là sont des fascistes, des complices du fascisme, des alliés objectifs du fascisme, ou des gens qui contribuent à normaliser ceux qui seraient fascistes. Toutes ces allégations sont fausses. Et même si elles étaient vraies, le débat politique doit rester ce qu’il est" ajoute Jean-Yves Camus au micro de Sud Radio. Déplorant un appauvrissement du débat public, du débat d’idées.
"Ne pas ignorer les 10 millions de mes compatriotes qui votent pour ce parti"
Et pour cause, la dialectique du débat public aujourd’hui repose sur la disqualification de l’autre. "La France est un pays qui a une très longue culture de guerre civile. Qui sont les acteurs de cette polarisation ? Les deux extrémités politiques : l’extrême droite et la gauche radicale. Que ce soit dans la dénonciation des siens, et la dénonciation de ses adversaires" lance-t-il encore également. "On me reproche d'ailleurs aujourd'hui d'être allé au contact des personnes sur lesquelles j'écris et que j'étudie. Je vais voir les évènements, je lis les revues, j'achète les livres. Je rencontre les gens. Parfois éminemment déplaisants. D'autres plus courtois. Chacun connaît la position de l'autre. Il n'y a aucune ambiguïté" précise Jean-Yves Camus.
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"Je n’ai jamais eu la moindre complaisance pour les extrêmes, notamment le Rassemblement national. Mais je ne peux pas ignorer les 10 millions de mes compatriotes qui votent pour ce parti. Je ne peux pas les considérer comme des citoyens de seconde zone. Je dois écouter leurs récriminations pour m’imprégner de ce qui fait ce vote" conclut Jean-Yves Camus.
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