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675 incarcérations en un mois : la réponse judiciaire après le drame Lyhanna

DÉCRYPTAGE SUD RADIO - Un peu plus d'un mois après l'affaire Lyhanna, la réévaluation nationale des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs a déjà conduit à 675 incarcérations et à l'ouverture de 1.350 informations judiciaires. Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, salue une mobilisation exceptionnelle des magistrats.

675 incarcérations en un mois : la réponse judiciaire après le drame Lyhanna
Ludovic MARIN - AFP/Archives

Pour les professionnels du droit, cette accélération traduit une évolution profonde de la réponse judiciaire face aux violences sexuelles faites aux enfants, même si le défi reste immense pour résorber les milliers de dossiers en attente.

"La demande de Gérald Darmanin a été appréhendée dans toutes ses dimensions par les magistrats"

La réponse judiciaire voulue par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, après l'affaire Lyhanna prend une ampleur inédite. Selon le bilan présenté mardi 15 juillet par le ministre de la Justice, 675 personnes ont été incarcérées depuis le 8 juin 2026 dans le cadre de la réévaluation des procédures relatives aux violences sexuelles commises sur des mineurs. En parallèle, 1.350 informations judiciaires ont été ouvertes à travers le pays, à la suite du réexamen des plaintes et signalements conservés dans les parquets. Ces chiffres illustrent l'ampleur de l'opération engagée après le meurtre de la jeune Lyhanna, dont l'affaire avait suscité une vive émotion et relancé les interrogations sur le traitement des dossiers de violences sexuelles sur mineurs.

À la suite de ce drame, Gérald Darmanin avait demandé à l'ensemble des procureurs de reprendre les dossiers en attente afin d'identifier ceux nécessitant des investigations complémentaires ou des poursuites. Cette revue nationale concernait plusieurs dizaines de milliers de procédures, parfois anciennes, restées sans évolution ou en attente d'un traitement plus approfondi.

Pour Bruno Questel, avocat en droit de la famille chez Arst Avocat, au barreau de Paris, cette mobilisation constitue une réponse attendue. "Je pense que la demande de Gérald Darmanin a été appréhendée dans toutes ses dimensions par les magistrats, et c'est une bonne chose. Le drame de l'assassinat de cette jeune fille, Lyhanna, a bouleversé le pays tout entier. Et les magistrats se devaient de répondre à cette émotion, à cette attente. Et aussi la nécessité de démontrer que le pouvoirs publics étaient à leur place pour déblayer le champ inextricable de ces dizaines de milliers de dossiers ouverts en souffrance, en attente", commente Bruno Questel au micro de Sud Radio.

Faire de cette mobilisation exceptionnelle un mode de fonctionnement durable

Au-delà des résultats chiffrés, l'avocat estime que cette séquence marque une évolution durable de la justice face aux violences sexuelles commises sur les enfants. "Je crois qu'on assiste à une vraie révolution. Une révolution par rapport au sujet des violences sexuelles faites aux enfants. Une révolution sur la prise de conscience collective : chacun peut être concerné, frappé par ces actes, soit dans sa chair, s'agissant des enfants, soit dans son rôle de parent. J'avais déclaré à l'époque que la société, l'État, était à un carrefour. Il devait y avoir un 'avant' et un 'après' pour répondre à cette attente. Alors, les magistrats ont répondu à cette attente. La justice, c'est un fonctionnement spécifique : des règles de procédure et aussi une forme d'embolie qui caractérise les parquets de France sur le nombre de dossiers auxquels ils sont confrontés. Là, les magistrats ont démontré leur capacité à agir dans un délai court. Il est à souhaiter que ce bouleversement, cette révolution devienne la pratique courante, notamment dans domaine, qui doit être une des priorités nationales", poursuit Bruno Questel à l'antenne de Sud Radio.

Si ces premiers résultats témoignent d'une accélération spectaculaire, ils ne constituent qu'une étape. Le volume des procédures encore en attente demeure considérable et la capacité de la justice à inscrire cette dynamique dans la durée sera désormais observée de près. Pour les magistrats comme pour les associations de protection de l'enfance, l'enjeu dépasse le seul traitement de l'urgence : il s'agit de faire de cette mobilisation exceptionnelle un mode de fonctionnement durable afin d'améliorer la protection des mineurs victimes de violences sexuelles.

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