éditorial

L'édito de Natacha Polony

Natacha Polony ©Anthony Ghnassia

Il y a des zones en France où des citoyens se sentent abandonnés et pas seulement à cause des hausses du carburant.

Il y a en effet une autre colère qui est en train de miner ces zones rurales ou péri-urbaines, c’est l’insécurité. La hausse du prix du carburant par exemple augmente les vols, bien qu’il y ait d’autres cas de figures de vol. Il y a des gens qui viennent siphonner l’essence dans les voitures ou dans les tracteurs. Mais il y a aussi des vols de récoltes, de GPS (un GPS de tracteur c’est 10 000 ou 15 000€!). Tout se vole. Les habitants sont obligés d’en tenir compte, d’autant plus que c’est très facile de voler dans ces endroits qui sont vastes où l’agriculteur va laisser son tracteur dans le champ parce qu’il ne va pas le ranger pour sa pause déjeuner. Il y aussi le vol à la clenche ! On tourne les clenches – les poignées de porte – et on entre chez les gens car ces derniers n’ont pas l’habitude de se calfeutrer comme dans les villes.

Qui vole ? Cela dépend des cas. Mais il y a de plus en plus de réseau issu des pays de l’Est. Il y a 8460 Géorgiens recensés en France dont 2500 ont été mis en cause pour des affaires criminelles, ce qui montre qu’il y a vraiment un réseau.

Le problème, c’est que l’État ne fait rien pour endiguer ce phénomène. Tous les gilets jaunes qui défilent, ce sont aussi des gens qui ont l’impression d’être laissé pour compte parce que l’État est ailleurs. Même si il y a eu une augmentation du nombre de gendarmes, ce n’est pas assez. Tout ce qu’il faut comprendre, c’est que ça mine le lien social. Car ça oblige les gens à modifier leur comportement et à devenir méfiant. Ça détruit leur quotidien. Surtout, ces gens savent très bien que l’État contrôle a peu près tout : les contrôles routiers, les radars, les buvettes de kermesse locale soumis à la TVA… Mais quand il y a des vols, là y a plus personne.

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