Élisabeth Lévy : "On ne répare pas l'injustice en piétinant toutes les formes de la justice"

PPDA, la justice et le harcèlement : retrouvez l'édito d'Élisabeth Lévy dans le Grand Matin Sud Radio.

Élisabeth Lévy : "On ne répare pas l'injustice en piétinant toutes les formes de la justice"

Huit femmes accusent PPDA de viol ou agression sexuelle. À visage découvert

En fait sept, qui ne se cachent pas derrière l’anonymat, ne publient pas des tweets vengeurs et ont contacté la police pour témoigner après la première plainte pour viol déposée contre lui en février, classée sans suite pour cause de prescription pour la plupart des faits allégués et pour un autre, parce que « pas assez d’éléments pour aller contre la présomption d’innocence du mis en cause ».

En mars, après la première affaire, PPDA a déclaré : j’attends qu’on m’accuse, les yeux dans les yeux.
Stéphanie, Hélène, Aude, Emmanuelle, Cécile, Muriel et Cécile l’ont pris au mot, elles racontent des histoires qui se ressemblent. Elles sont jeunes, en quête d’un job, de gloire, d’une interview, d’un coup de pouce.

"PPDA est la plus grande star de la TV (JT de 87 à 2008). Le rencontrer est une chance qui ne se refuse pas. Peut lancer une carrière. Elles se retrouvent seules avec lui, dans son bureau ou chez lui. Attouchements, agressions, viols. Brutalité/Tapidité"

Toujours selon elles, tout le monde sait à TF1. Mais puissance intouchable qui devrait nous faire réfléchir au statut délirant des animateurs-vedettes de la télé.

À la lecture de l’article, on croit les victimes et c’est le problème. Lui nie catégoriquement toute contrainte. Or, aussi poignant soit un témoignage il n’est pas une preuve. Les médias ne rendent pas la Justice.
Nous avons mis des siècles à inventer les formes d’un procès équitable. Instruction à charge et à décharge/Débat contradictoire/Présomption d’innocence. La prescription n’est pas un hochet. Au bout d’un certain temps, on ne peut plus juger, PPDA ne sera ni blanchi, ni condamné.

Il faut dire la vérité aux femmes qui se disent agressées ou violées. Certaines n’obtiendront jamais réparation. Soit parce que faits prescrits, parfois parce que parole contre parole. C’est injuste. Mais on ne répare pas l’injustice en en piétinant les formes de la Justice.

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