Dominique Chargé, agriculteur français installé en Loire-Atlantique, éleveur de volailles et de vaches laitières, mais surtout Président de la Coopération Agricole qui représente trois agriculteurs sur quatre en France et une marque sur trois dans les rayons alimentaires des grandes surfaces, appelle à un « New Deal » productif dans l’alimentation sur cinq ans, "pour retrouver notre place autant dans l’assiette des Français que sur les marchés internationaux, souligne-t-il. Il n’est pas trop tard pour inverser le sens de la pente, mais il y a urgence à redonner des moyens de production à nos agriculteurs.” Au micro de Sud Radio, il s'en explique.
"Nous sommes devenus dépendants pour notre consommation d’œufs, de volailles"
Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, Dominique Chargé est revenu sur cette 62e édition du Salon de l’Agriculture qui se déroule dans une ambiance assez particulière, en raison de l’absence des bovins. Avec à la clé une baisse claire de la fréquentation. « Cela aurait une occasion privilégiée d’aller voir les autres espèces, les moutons et les cochons, estime-t-il. C’est un salon qui s’est déroulé dans une ambiance apaisée. La tension est perceptible et compréhensible, car les sujets à traiter, les difficultés du monde agricole sont nombreuses."
"Nous proposons un new deal, une loi d'exception"
Alors, comment faire pour que les produits français regagnent du terrain dans les assiettes ? « La balance commerciale est déficitaire pour la première fois : la France ne se nourrit plus. Nous sommes devenus dépendants, pour notre consommation d’œufs, de volailles, d’importation de produits venus d’Europe ou hors de l’Europe. Nous proposons un « new deal », un plan Notre-Dame, une loi d’exception qui nous permette d’aller vite sur les constructions de poulaillers. Parfois à 18 h, il n’y a plus d’œufs en magasins. Nous n’en produisons plus assez, à un moment où la consommation augmente de 6% par an car les œufs sont très demandés. "
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"Nous devons construire 220 poulaillers par an"
"Nous devons construire 2200 bâtiments en dix ans, soit 220 par an, deux à trois par département", rappelle Dominique Chargé, président de la Coopération Agricole, par ailleurs agriculteur installé en Loire-Atlantique, éleveur de volailles et de vaches laitières, sur l’antenne de Sud Radio. "Tout le monde est pour, mais personne ne les veut près de chez soi. Les premiers problèmes que l’on rencontre sont d’abord administratifs et réglementaires. Cela alourdit les dossiers, les rend complexes. Il nous faut deux à trois plus de temps en France pour produire un bâtiment par rapport à l’Allemagne : 18 mois contre trois à quatre ans."
"Pour consommer français, il faut pouvoir produire français"
"Il y a aussi beaucoup de recours, de controverses sociétales. Pour consommer français, il faut pouvoir produire français. Il nous faut ces élevages et ces usines pour transformer. La « vuittonisation » de notre alimentation, le développement de la production très haut de gamme, a entraîné la « sheenisation » de la consommation. Ce qui fragilise aussi la filière agricole et agro-alimentaire française, ce sont les négociations commerciales. Il y a une pression énorme."
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