Sur le papier, le message était clair : « venir, c’est soutenir ». Dans les faits, la fréquentation du Salon International de l'Agriculture 2026 est en baisse de 25 %. Un quart de visiteurs en moins sur les quatre premiers jours. Un chiffre inédit, alors que l’événement est habituellement un rendez-vous incontournable et populaire.
7500 € le stand, 10 000 € de frais
Même amertume du côté d’Emmanuelle, rencontrée dans les allées, qui confectionne des brioches royannaises et pour qui le Salon représente un investissement conséquent : « C'est un coup, c'est 7500 euros le stand, vous avez l'hôtel, on a au moins 10 000 euros de frais, on ne se retrouvera pas, moi je vais être à moins 60%, explique t-elle au micro de Sud Radio. Entre le coût du stand, l’hébergement et la logistique, la facture dépasse les 10 000 euros. Avec une telle baisse de fréquentation, l’équation devient difficile à tenir. »
Ludovic, brasseur indépendant, pointe, lui, du doigt une configuration compliquée : « La configuration comme elle est faite là, avec le Hall 7 sur trois étages, est plutôt difficile. On a la chance d'être la meilleure région du monde, la région Occitanie. Malgré ça, il faut venir sur le dernier hall et c'est en fin de course.» Un emplacement excentré qui, selon lui, pèse sur la fréquentation des stands régionaux.
"Je n'ai jamais vu ça"
Derrière son stand de produits ardéchois, Gilles confie : « Je n'ai jamais vu ça, c'est très très compliqué. Là, par exemple, les gâteaux vont nous rester sur le dos et on a beau casser les prix, s'il n'y a personne, il n'y a personne. On s'ennuie, on est fatigué le soir, on est fatigué de rien faire.» Les allées sont clairsemées, les ventes quasi au point mort.
L'absence des vaches pèse très lourd
Pour la première fois depuis huit ans, l’ouverture du Salon a aussi coïncidé avec les vacances scolaires de toutes les zones. Mais les exposants expliquent surtout ce bilan négatif par l’absence de bovins, en raison d’une épizootie de dermatose nodulaire bovine.
Moins d’animaux, moins d’attractivité. Et des professionnels qui commencent à douter. Laurent, éleveur de canards, pose clairement la question de l’avenir : « On commence à réfléchir, est-ce qu'on vient l'année prochaine, est-ce que ça vaut le coup de continuer ce salon ? »