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Gironde : des plages payantes pour supporter les frais de surveillance ?

Par Benjamin Glaise

GROS PLAN SUD RADIO - La surveillance des plages représente un coût de plus en plus important pour les communes du littoral girondin. Face à l'augmentation de la fréquentation et à l'allongement des périodes de surveillance, les élus réclament une meilleure répartition du financement de ce dispositif de sécurité.

Face à une fréquentation toujours plus importante des plages girondines et à l’allongement des périodes de surveillance, plusieurs communes du littoral estiment ne plus pouvoir financer seules la sécurité des baigneurs. Laurent Peyrondet, maire de Lacanau et président du syndicat de sécurité des plages CV33, était invité du Petit Matin Sud Radio au micro de Benjamin Glaise. Il a notamment appelé les collectivités à participer davantage à l’effort financier.

"On n’arrive plus à financer seuls les secours et l'entretien"

Les plages girondines attirent chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Un afflux qui s’accentue lors des épisodes de fortes chaleurs, comme la récente période de canicule ayant poussé de nombreux habitants de la métropole bordelaise vers le littoral.

Pour Laurent Peyrondet, maire de Lacanau et président du CV33, cette fréquentation croissante met les communes face à un défi financier de plus en plus difficile à relever. "On n’arrive plus à financer seuls les postes de secours, les sauveteurs, les investissements et l’entretien des plages", alerte-t-il. Selon l’élu, les trois communes d’Hourtin, Carcans et Lacanau consacrent chaque année près de 300 000 euros aux travaux nécessaires pour réaménager les accès aux plages après l’hiver.

Sur les cinq dernières années, près de deux millions d’euros ont également été investis pour maintenir les infrastructures en état. À cela s’ajoutent les dépenses liées à la surveillance des plages. Le coût des sauveteurs représente à lui seul environ 1,1 million d’euros par an pour les collectivités concernées. "Plus les déchets, plus le fonctionnement, plus les investissements. Aujourd’hui, nous ne pouvons plus assumer seuls cette charge", insiste Laurent Peyrondet.

"Les plans de plage seront rendus payants si nécessaire pour les financer"

« Il faudra une aide financière, que ce soit de Bordeaux Métropole, du Département, de la Région et des partenaires, ou du mécénat si on peut en trouver. Mais on ne pourra pas continuer à travailler ainsi. Il y avait autant de monde que le 15 août. Nous n’avions pas le même dispositif que celui déployé à cette période. Aujourd’hui, nous sommes à la limite : nous ne pouvons plus supporter des sommes astronomiques. Les partenaires se sont désengagés en raison de leurs difficultés financières. Nous ne pouvons pas rester dans cette situation. Les plans de plage, environ 12 000 à 13 000 places, seront rendus payants si nécessaire pour les financer. Sinon, nous n’y arriverons pas. »

Vers une extension de la période de surveillance

L’allongement de la saison touristique oblige également les communes à adapter leurs dispositifs de sécurité. À Lacanau, la surveillance est désormais assurée pendant sept mois de l’année. Une nécessité selon l’élu, notamment lors des périodes de beau temps précoces ou tardives.

Cette question est d’autant plus sensible après les récentes noyades survenues sur le littoral girondin. Quatre décès ont été enregistrés ces derniers jours, rappelant les dangers de l’océan et des baïnes. Faute d’aides supplémentaires, certaines communes envisagent désormais de faire payer le stationnement sur les grands parkings situés derrière les dunes.

Une solution qui n’était pas prévue lors de la création des plans-plages il y a quarante ans. "Ce n’est pas notre objectif. Nous voulons rester un territoire d’accueil populaire. Mais un parking à trois euros la journée permettrait de financer une partie des travaux", explique Laurent Peyrondet.

Des effectifs de sauveteurs complets pour l’été

Malgré les difficultés budgétaires, les communes assurent être prêtes pour la saison estivale. Le CV33 a reçu plus de 460 candidatures cette année et finalisé ses recrutements. Au total, 267 sauveteurs seront mobilisés sur les plages girondines cet été, auxquels s’ajouteront une quarantaine de CRS.

Reste désormais à trouver un modèle de financement pérenne. Une réunion avec les différentes collectivités pourrait être organisée à la rentrée, à l’initiative de la préfecture de Gironde, afin d’aborder la question du partage des coûts liés à la sécurité des plages.

Pour tout comprendre, vous pouvez retrouver l'intervention complète du maire ici.

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