La castration chimique pour les pédocriminels ? "À titre personnel, cela ne me choquerait pas". Au micro de Sud Radio, Franck Allisio a répondu aux questions de Benjamin Glaise.
Pédocriminels : "Je suis pour une perpétuité incompressible, une perpétuité réelle"
Benjamin Glaise : La perpétuité pour les violeurs en série de mineurs de moins de 15 ans. La gauche avait supprimé cette mesure de la loi sur la protection des enfants. Finalement, il y aura bien un nouveau vote aujourd’hui, puisque le gouvernement a décidé de proposer une seconde délibération aux députés. Est-ce que vous vous félicitez de la décision du gouvernement ?
Franck Allisio : "Bien évidemment. Je me scandalise surtout du vote des 41 députés de gauche, principalement de LFI, mais il y avait également des écologistes, qui sont revenus sur cette disposition qui me paraît évidente. On ne parle pas de perpétuité incompressible. On parle de perpétuité, donc de quelque chose qui serait susceptible de remises de peine. On parle de violeurs d’enfants récidivistes. Jusqu’où l’idéologie, la folie ou le cynisme de la gauche et de l’extrême gauche, dans ce pays et dans cet hémicycle, vont-ils aller ?"
Benjamin Glaise : Vous auriez pu bloquer la gauche à ce niveau la semaine dernière. Je regardais : seuls 13 des 122 députés RN étaient présents. Si vous aviez été un peu plus nombreux, vous auriez bloqué ce vote de la gauche contre la perpétuité pour les violeurs en série d’enfants.
Franck Allisio : "Un certain nombre d’entre nous avaient une délégation de vote. Mais le plus essentiel, c’est d’être là cet après-midi, d’avoir une délégation de vote et de s’y opposer. Moi, non seulement je suis pour la perpétuité, mais je suis pour une perpétuité incompressible, une perpétuité réelle. On parle de ce qu’il y a de plus sacré : on parle du viol d’enfants."
"Là-dessus, Marine Le Pen a toujours été la première et la plus claire sur ces questions, il y a dix ans ou quinze ans, à une époque où, dans les médias, il n’était pas facile de parler de cela. Il n’était pas facile de dénoncer les écrits de Frédéric Mitterrand, les propos de Daniel Cohn-Bendit et toute cette forme de permissivité héritée de Mai 68, qui avait été exprimée à plusieurs reprises, notamment dans le journal Libération."
Benjamin Glaise : Vous iriez jusqu’à parler d’une forme de complicité ?
Franck Allisio : "Quasiment, oui. En tout cas, d’une forme de laxisme, de laisser-faire et de compréhension. Les médias et une partie du monde politique ont regardé ailleurs. Marine Le Pen a toujours été très claire. Elle l’a toujours rappelé."
"Il n’y a rien de plus sacré que les enfants. Il n’y a rien de plus ignoble que le viol des mineurs. Je suis donc non seulement pour une perpétuité, mais pour une perpétuité réelle. Il faut, de manière générale, que notre Code pénal prévoie une perpétuité réelle. C’est dans notre projet. Certaines personnes sont un danger public et le seront toujours : elles ne doivent plus jamais pouvoir sortir de prison."
"Je ne donnerai jamais une seconde chance à des pédocriminels"
Benjamin Glaise : La gauche va donc voter contre cette perpétuité simple pour les violeurs en série de mineurs. La gauche dénonce une surenchère et du populisme pénal, ainsi qu’un manque de moyens pour prévenir la récidive, puisqu’il en est question en l’occurrence et que ce n’est pas une perpétuité réelle. Éric Coquerel, l’insoumis, déclare que les pédocriminels ne sont pas forcément incurables. Comment jugez-vous ces prises de position à gauche, Franck Allisio ?
Franck Allisio : "Je ne donnerai jamais une seconde chance à des pédocriminels. Voilà, c’est clair. Cette idée de donner une seconde chance à des gens qui ont porté atteinte à des enfants et qui sont des dangers publics, je ne la partage pas, bien évidemment. Je ne comprends pas ce qui fonde intellectuellement cette position."
Benjamin Glaise : Certains chez vous affirment que la gauche est complice des violeurs d’enfants. C’est très lourd de dire cela.
Franck Allisio : "En tout cas, un de leurs candidats et un de leurs cadres a été, et est aujourd’hui, poursuivi. Quand nous, nous allons chercher jusqu’au dernier de nos suppléants pour vérifier ce qu’il a dit sur les réseaux sociaux il y a quinze ans, nous faisons très attention. Manifestement, là aussi, certains médias ont une grande mansuétude envers l’extrême gauche. Quand on a eu des personnes comme cela dans ses rangs, on essaie justement d’être exemplaire dans ses votes et dans ses prises de position, ce qu’ils ne sont pas."
Benjamin Glaise : Vous l’avez dit, vous voulez aller plus loin, avec une perpétuité réelle. Là, c’est une perpétuité simple, avec de possibles remises de peine. En attendant éventuellement d’arriver au pouvoir et de voter cette perpétuité réelle, êtes-vous favorable à la castration chimique pour ces violeurs ? Cela n’existe pas aujourd’hui dans le droit français. Est-ce que vous y êtes favorable ?
Franck Allisio : "Tout ce qui peut les mettre hors d’état de nuire, tout ce qui peut protéger les enfants, tout ce qui permet de réaffirmer sans arrêt que nous sommes du côté des victimes et non des bourreaux, nous y serons favorables."
"La castration chimique, à titre personnel, cela ne me choquerait pas. Maintenant, la question est à poser à mon président de parti et à ma candidate à l’élection présidentielle."
"On voit bien les effets néfastes des réseaux sociaux"
Benjamin Glaise : Parlons maintenant des réseaux sociaux et de leur interdiction aux moins de 15 ans. Un vote est prévu aujourd’hui dans les deux chambres. Est-ce que le RN votera en faveur de ce texte ?
Franck Allisio :" Oui, nous voterons en faveur de ce texte. Il ne faut pas tout confondre : ce n’est pas la seule raison de certaines dérives que l’on constate aujourd’hui du côté de la jeunesse, notamment de la délinquance et de la criminalité des mineurs. Mais on voit bien les effets néfastes des réseaux sociaux. Il faut évidemment faire attention à ce qu’il n’y ait pas un excès qui deviendrait liberticide. Mais, sur le principe, je pense qu’il y a quasiment une unanimité dans l’hémicycle sur cette décision."
Benjamin Glaise : Un rapport sur la désinformation au Sénat propose la création d’un observatoire indépendant. L’un des auteurs de ce rapport explique qu’il s’agit de lutter contre les « ingérences intérieures » sur les réseaux sociaux. Êtes-vous favorable à la création d’un tel observatoire ?
Franck Allisio : "Typiquement, vous voyez, je parlais des dérives liberticides dont il faut toujours se prémunir dans la loi. Là, nous y sommes. Je ne sais pas ce que c’est. Je ne sais pas si c’est la création d’un ministère de la Vérité, c’est-à-dire le cauchemar, la dystopie d’Orwell dans 1984, qui se réaliserait. Je ne sais pas, par exemple, ce qu’est une ingérence intérieure. Critiquer le gouvernement, est-ce une ingérence intérieure ? Parler d’un sujet ou d’un thème sur un plateau de radio ou de télévision, est-ce une ingérence intérieure ? Et puis, qu’en est-il de la liberté d’expression ? Un chef d’entreprise ne pourrait plus s’exprimer sur la conduite des affaires de l’État ? Cela voudrait dire que son entreprise elle-même ne pourrait plus s’exprimer ? Un média est une entreprise. Une chaîne de télévision ou une radio est une entreprise. À quel moment va-t-on venir contrôler ce qu’un journaliste dit ou ne dit pas ? Un parti est une association. Jusqu’où une association peut-elle s’exprimer ? Jusqu’où un syndicat peut-il s’exprimer ? À partir de là, tout est remis en cause. On entre véritablement dans une dictature de la pensée. Ce serait la fin de la démocratie libérale telle qu’on l’entend aujourd’hui, avec la liberté d’expression. Il faut donc faire très attention à de telles dérives. Aujourd’hui, je ne sais pas ce qu’est une ingérence intérieure, si ce n’est l’opposition, tout simplement. Et l’opposition, c’est ce qui fonde la démocratie."
Vaccination obligatoire contre la grippe pour les soignants : "N’allons pas leur courir après avec encore des réglementations, encore des obligations et des sanctions"
Benjamin Glaise : La loi d’urgence agricole a finalement été adoptée hier soir à l’Assemblée nationale, avec la réintroduction, à titre dérogatoire, de deux pesticides, dont l’acétamipride. C’est ce qui faisait débat. L’adoption de ce texte est-elle une victoire selon vous ?
Franck Allisio :" En tout cas, nous l’avons voté et cela va dans le bon sens. Cela aide nos agriculteurs. Moi, j’ai une règle. Que ce soit pour nos agriculteurs ou pour d’autres secteurs d’activité français, je ne fais pas monter les entreprises françaises, les agriculteurs français et les entrepreneurs français avec les mains liées sur le ring de la concurrence et de la compétitivité internationales. Je n’impose pas à nos agriculteurs des règles auxquelles les importations ou les entreprises étrangères qui viendraient produire ou vendre dans notre pays ne seraient pas soumises."
Benjamin Glaise : Franck Allisio, j’aimerais entendre la position du RN à propos de cette recommandation de la Haute Autorité de santé de rendre la vaccination contre la grippe obligatoire pour tous les professionnels de santé. Y êtes-vous favorable ou non, au Rassemblement national ?
Franck Allisio : "En pleine canicule, en pleine saturation de nos hôpitaux, alors que nos soignants souffrent et peinent à accomplir leur tâche au quotidien, venir imposer une obligation vaccinale maintenant, la réponse est non. Nous n’avons rien contre la vaccination. Globalement, elle est toujours plutôt souhaitable. Mais une obligation vaccinale accompagnée de sanctions serait incompréhensible. Laissons nos soignants travailler tranquillement. Leur métier est déjà assez difficile au quotidien. N’allons pas leur courir après avec encore des réglementations, encore des obligations et des sanctions."
"Ce budget sera un non-budget, de même que ce gouvernement est un non-gouvernement"
Benjamin Glaise : Le budget 2027 est qualifié par le gouvernement de budget de « sauvegarde républicaine ». À quelques mois de la présidentielle, est-ce que le RN exclut d’ores et déjà de censurer le gouvernement ? Vous ne prendrez pas la responsabilité de faire tomber Sébastien Lecornu ?
Franck Allisio : "Ce budget sera un non-budget, de même que ce gouvernement est un non-gouvernement. Vous avez compris que, depuis Lecornu 2 — ou je ne sais plus quel numéro —, plus rien ne se fait. Il ne se passe plus rien. Ce gouvernement gère les affaires courantes. On attend un véritable gouvernement. On attend une véritable alternance. Il faut que ce budget passe très vite et que la prochaine majorité et le prochain gouvernement, que j’espère dirigé par Jordan Bardella sous la présidence de Marine Le Pen, fassent à nouveau un véritable budget, un budget de rupture avec tout ce qui se fait depuis dix ans ou trente ans."
Benjamin Glaise : Vous ne nous le confirmez donc pas : pas de censure du RN à l’automne sur ce budget ?
Franck Allisio : "Écoutez, encore une fois, c’est notre groupe. C’est Marine Le Pen, c’est Jordan Bardella : nous prendrons la décision collectivement. Mais aujourd’hui, ce budget n’aura aucune conséquence, puisque ce sera un budget d’affaires courantes. Ce sera un budget qui poursuivra le budget précédent. Le gouvernement n’a plus les moyens d’appliquer quoi que ce soit comme réforme ou comme volonté politique. Que ce gouvernement se prépare à partir et que les Français se préparent à faire un véritable choix de rupture. Il faut à nouveau chercher à créer de la richesse et de la croissance dans ce pays. Il faut donc baisser les impôts, parce que baisser les impôts est le meilleur moyen de créer de la croissance, de relancer la machine et de juguler notre dette et nos déficits."
Benjamin Glaise : Justement, à propos de la présidentielle, Emmanuel Macron appelle à se méfier des sondages prédisant la victoire de Marine Le Pen en 2027. Cela vous fait réagir ? Que répondez-vous au chef de l’État ?
Franck Allisio : "Il a tout à fait raison de se méfier des sondages. Moi-même, je me méfie des sondages. Les sondages sont une photographie à un moment donné. Pour nous, les sondages nous obligent, parce que faire la course en tête, pour l’instant, signifie avoir davantage de responsabilités, davantage de prudence et davantage de volonté acharnée pour convaincre les Français."
Benjamin Glaise : Vous êtes donc effectivement d’accord avec ces propos d’Emmanuel Macron ?
Franck Allisio : "Il faut tout le temps être prudent. Il fallait qu’il le soit également quand les sondages le servaient. Nous avons toujours été très prudents face aux sondages, notamment en 2021 et en 2022, lorsqu’ils nous desservaient. On garde la tête froide, on garde le calme des vieilles troupes. Les sondages sondent et nous, nous militons. Nous sommes sur le terrain."
Benjamin Glaise : A priori, une pause du RN est prévue pendant l’été : pas de meeting ni de déplacement. Il n’y a pas encore de programme ?
Franck Allisio : "Laissez quelques semaines de repos aux Français, à Marine Le Pen et à sa future équipe de campagne, pour pouvoir reprendre du souffle et s’oxygéner. Ne pas faire de politique entre le 1er août et le 15 août, ce n’est pas trop demander, je pense. Surtout que nous allons avoir une année présidentielle très importante, une année politique très importante pour nous en tant qu’élus et en tant que candidats, mais aussi pour les Français."
Benjamin Glaise : Jordan Bardella plaide pour un gouvernement d’union nationale en cas de victoire. Tout cela reste encore assez flou. À qui tend-il concrètement la main ? À Bruno Retailleau, par exemple ?
Franck Allisio : "Encore heureux que cela reste flou. Nous sommes à plus d’un an de l’élection. Un gouvernement d’union nationale, cela commencera à se réfléchir entre les deux tours de l’élection présidentielle. Cela se réfléchira surtout après le second tour de l’élection présidentielle et après le second tour des élections législatives."
Benjamin Glaise : Vous discutez déjà avec Bruno Retailleau ?
Franck Allisio : "Je n’en sais rien. Pour l’instant, Bruno Retailleau est candidat à la présidentielle. Pour l’instant, Bruno Retailleau a été le ministre d’Emmanuel Macron. Il a participé à des gouvernements macronistes qui ont fait du mal au pays et qui n’ont pris aucune décision salvatrice pour le pays."
"Toutes les personnes, politiques ou non politiques d’ailleurs, qui nous rejoindront, nous rejoindront sur notre projet, sur le projet de la candidate Marine Le Pen"
Benjamin Glaise : Donc, pour vous, il n’a aucune vocation à intégrer un gouvernement d’union nationale ?
Franck Allisio : "En politique, « jamais », cela n’existe pas. Il faut réfléchir. Il faut voir comment monsieur Retailleau évolue. C’est à monsieur Retailleau de clarifier sa position. C’est à monsieur Retailleau de dire les choses et d’évoluer. Nous, par définition, nous tendons la main à tous les Français. Nous tendons la main à tous ceux qui veulent rompre avec le macronisme, qui est maintenant terminé, Dieu merci."
Benjamin Glaise : Vous dites que vous tendez la main à tous les Français. Est-ce que des personnalités de gauche pourraient intégrer ce gouvernement d’union nationale ?
Franck Allisio : "Encore une fois, c’est à elles de clarifier leur position. Toutes les personnes, politiques ou non politiques d’ailleurs, qui nous rejoindront, nous rejoindront sur notre projet, sur le projet de la candidate Marine Le Pen et sur le projet de la présidente Marine Le Pen. Une majorité présidentielle, par définition, dépasse le parti présidentiel stricto sensu."
Benjamin Glaise : Ce ne serait donc pas une union des droites, mais une union nationale. Nous sommes d’accord ?
Franck Allisio : "Ce serait clairement une union nationale. Ce serait une union pour la France. Encore une fois, nous sommes dans une démarche où, au-dessus de la droite et de la gauche, il y a l’intérêt de la France. Parmi nos électeurs, il y a des gens qui sont venus de la gauche et des gens qui sont venus de la droite. Moi, à titre personnel, je viens de la droite, mais d’autres personnes pourraient nous rejoindre."
Benjamin Glaise : Laurent Jacobelli nous parlait notamment d’Arnaud Montebourg. Vous pensez à quelqu’un d’autre, par exemple ?
Franck Allisio : "Pourquoi pas Arnaud Montebourg ? Mais on peut penser à d’autres personnes. Vous savez, moi, à Marseille, j’avais des centristes sur ma liste. Parmi mes électeurs, j’avais des électeurs de gauche. Il faut laisser tous ceux qui veulent nous rejoindre nous rejoindre, à condition que ce soit avec sincérité et sur la base de convictions, c’est-à-dire sur le projet de Marine Le Pen."
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