Les députés vont se prononcer à nouveau sur la question de la perpétuité pour les violeurs en série de mineurs de moins de 15 ans. Après le meurtre de la jeune Lyhanna, le gouvernement avait ajouté ce point à son texte de loi sur la protection des enfants.
"Nous ne sommes pas aux États-Unis, au Canada, en Angleterre"
Cette mesure qui propose la perpétuité simple va-t-elle dans le bon sens ou est-elle démagogique ? « Quand on entend cette proposition, on se dit que c’est normal, estime Évelyne Sire-Marin, magistrate honoraire et vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme, au micro de Benjamin Glaise, sur l'antenne de Sud Radio. Mais il faut replacer cette mesure dans l’ensemble de notre système pénal. Le viol est puni actuellement de 15 ans de réclusion criminelle, 20 ans si c’est un enfant."
"Un crescendo dans les peines"
"Il existe une échelle des peines en droit français. Nous ne sommes pas aux États-Unis, au Canada, en Angleterre. Les peines ne s’ajoutent pas. Si l’on condamne des personnes ayant violé plusieurs enfants à la perpétuité, que va-t-on faire pour un meurtrier en série ? Il y a une sorte de crescendo dans les peines qu’il faut continuer à respecter."
⚖️ « Il y a un crescendo dans les peines qu’il faut respecter »
🗣️ Évelyne Sire-Marin, magistrate honoraire et vice-présidente de la Ligue des droits de l’Homme, réagit à la perpétuité pour les violeurs d’enfants récidivistes
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— Sud Radio (@SudRadio) July 21, 2026
"Une comptabilité horrible et sinistre"
"Est-ce que pour M. Le Scouarnec, qui a violé pratiquement 300 d’enfants, le peine doit être la même que pour quelqu’un qui a violé deux enfants ?, interroge Évelyne Sire-Marin, magistrate honoraire et vice-présidente de la Ligue des droits de l'homme, sur l'antenne de Sud Radio. C’est une comptabilité absolument horrible et sinistre. C’est très difficile à entendre. On est sur un plan moral quand on en parle, mais les juristes ne sont pas sur ce même plan."
"Par ailleurs, cela risque d’être inconstitutionnel. Le problèmes est aussi la prévention. On a vu dans l’affaire Lyhanna que chacun était dans son couloir de nage, sans coordination. Il faudrait trois milliards d’euros pour que le système marche mieux, comme en Espagne. Avec beaucoup plus de policiers et de préventions. Cette mesure, c’est du sparadrap."
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