Les vins de Bordeaux face à la surproduction

Si les grands crus de Bordeaux se portent bien, il n'en est pas de même pour une partie des vins du Bordelais.

Bordeaux
Va-t-il falloir arracher des vignes dans le Bordelais ? (Philippe LOPEZ - AFP/Archives)

Face à la crise de la surproduction, les vignerons du Bordelais manifestent et en appellent à l’aide de l’État.

Bordeaux : 40.000 hectares qui posent problème

Une manifestation va être organisée avec le Collectif des viticulteurs 33. Faut-il parler de surproduction ? "Le vignoble du Bordelais compte 110.000 hectares", explique Olivier Metzinger, viticulteur et co-organisateur de la manifestation avec le Collectif des viticulteurs 33. "Il y a 30.000 hectares de grands crus, pour qui cela va très bien, et nous en sommes très contents."

"Et puis vous avez 80.000 hectares qui font les appellations les plus prestigieuses, qui sont quand même des vins agréables. À peu près la moitié pose problème. On ne dit pas qu’il faut tout arracher. C’est un peu le mot d’ordre de la manifestation d’aujourd’hui. Mais 40.000 posent problème et doivent être réorientés vers la production d’autres vins, soit arrachés définitivement car il n’y a pas de portes de sortie."

Des petits vins qui ne margent pas assez

Que vont devenir les viticulteurs dans ce cas ? "Au dernier recensement agricole en 2020, 55% des agriculteurs en Aquitaine avaient plus de 55 ans. Ils vont prendre leur retraite. Si vous ne trouvez personne pour prendre la suite, vous n’avez pas de solution. C’est compliqué. Une vigne, c’est un peu comme un enfant. Vous la plantez, vous devez vous en occuper 50 ans. En fait, ce n’est pas comme un enfant !"

Les petits vins, "soit on en fait trop, soit on n'arrive pas à les vendre. On a toujours ces volumes avec une marge trop faible pour assurer une vie à cette filière", détaille Olivier Metzinger. "La conjoncture n’est pas bonne et la trésorerie est à sec. Entre aléas climatiques et économiques, ces 40.000 hectares n’arrivent pas à les assumer."

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