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L'humeur de Périco Légasse : « Si les journalistes sont des nazis alors le nazisme ne doit pas être très grave »

Le journaliste Hugo Clément a été pointé du doigt par la député Ersilia Soudais. C'est le sujet de l'humeur du jour de Périco Légasse

Loi Duplomb / Agriculture / Assemblée
Le journaliste Hugo Clément a été pointé du doigt par la député Ersilia Soudais. C'est le sujet de l'humeur du jour de Périco Légasse © AFP/Archives

"On a eu les humeurs de Mme Panot qui a affirmé que quel que soit le choix du peuple français, ils ne laisseront pas le RN prendre le pouvoir, ils s'y opposeront. Nous avons eu Mme Chikirou qui a menacé les journalistes en disant qu'elle va les envoyer presque en enfer parce que nous sommes la cause des malheurs de la France.

L'anathème a été jeté. D'après elles, ce sont ces journalistes qui font le lit de l'extrême droite, du fascisme, quasiment du nazisme, voilà, nous sommes des pro-nazis. C'est terrible parce que tout ça banalise des termes qui sont gravissimes, qui dénoncent et qui signalent des faits tragiques de l'histoire. Et alors, si ce sont nous les nazis, cela ne doit pas être très grave.

Là, c'est un fait très précis à l'Assemblée Nationale, une députée de La France Insoumise, Ersilia Soudais, elle est députée de la Nation, élue par le suffrage universel, je respecte la fonction et elle s'en prend à Hugo Clément, journaliste.

"Jeter l'anathème sur les journalistes de cette façon, c'est ce qu'on appelle l'opprobre"

Hugo Clément, c'est un journaliste prudent, qui sait ce qu'il dit, qui sait ce qu'il fait, on peut lui trouver des failles. Mais il est un journaliste assez sérieux, rigoureux.

Elle s'en prend à lui en disant que parce qu'il a interviewé Jordan Bardella, il fait le lit de l'extrême droite. Là, les choses deviennent très claires. C'est-à-dire que La France Insoumise, le parti de Jean-Luc Mélenchon, cette gauche un peu radicale, un peu intégriste, a remplacé un parti socialiste qui s'est effondré parce que les socio-démocrates ont fait tellement de concessions au capitalisme que leur peuple les a abandonné.

Le parti communiste aussi a été abandonné par son peuple qui se sont tournés vers des partis dits d'extrême droite ou de droite nationale parce que c'est là où ils se sentent représentés. C'est là où ils sentent que leur souffrance est prise en compte.

Mais là, jeter l'anathème sur les journalistes de cette façon, avec des termes très forts, très violents, très menaçants, c'est ce qu'on appelle l'opprobre. L'Inquisition faisait ça, c'est la guerre de religion. Là, La France Insoumise est en train de lever le voile sur ses intentions.

Est-ce que vous êtes, oui ou non, des démocrates ? Parce que la façon dont vous parlez n'est pas un langage de démocrate. Vous ne respectez pas la diversité, vous n'êtes pas tolérants, vous ne respectez pas le suffrage universel. Les partis que vous dénoncez sont, aujourd'hui, que ça vous plaise ou pas, majoritaires dans le pays. Si, en mai 2027, le peuple français décide majoritairement de donner le pouvoir aux représentants du RN et à ses alliés, vous sortirez dans la rue, vous lâcherez vos troupes, et vous créez un climat d'insurrection.

Ça veut dire que vous jetterez vos troupes contre les journalistes qui seront coupables d'avoir favorisé cette élection. C'est-à-dire qu'on viendra nous chercher chez nous ! On nous interpellera dans la rue, on nous montrera du doigt, on nous cassera la gueule !

"On entend aujourd'hui des fatwas françaises"

Aujourd'hui, il y a des gens qui ne sont pas tout à fait en possession de leurs moyens, qui reçoivent ce genre de consignes, qui écoutent ce genre de discours, et qui se disent : « il faut passer à l'acte ! » Ça s'appelle des fatwas.

Alors je pensais que les fatwas étaient réservés aux musulmans radicaux. Non, on entend aujourd'hui des fatwas françaises, issues de la bouche d'élus de la nation censés être républicains.

Nous jeter tous les journalistes, comme ça, parce qu'on discute avec le RN, justement parce que nous sommes dans le débat contradictoire et que nous voulons démontrer, peut-être, qu'ils ont tort par leurs idées, mais toujours dans le dialogue républicain et dans l'échange démocratique. Et bien ça s'appelle une fatwa.

Alors, écoutez ce que je dis à la Jeune Garde : si c'est une jeune garde, je lui dis que la vieille garde que je représente les emmerde !"

Retrouvez L'humeur de Périco Légasse du lundi au jeudi dans La France Dans Tous Ses États sur Sud Radio de 12h à 14h. 

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