Le meurtre tragique de Lyhanna et les accusations de violences sexuelles sur mineur(e)s de Jérôme Barella, ainsi que son frère et son père, ont plongé de nombreuses familles françaises dans l’angoisse. Entre surveillance accrue, recours à la géolocalisation et perte de confiance, les parents transforment leurs habitudes quotidiennes pour tenter de protéger leurs enfants dans un climat de suspicion généralisée.
Des parents qui « posent beaucoup plus de questions »
L'insouciance semble avoir quitté le pas de la porte pour de nombreux parents de famille. Sur Sud Radio, la mère d'une petite fille de neuf ans, dévoile un changement brutal de comportement. Alors qu'elle déposait son enfant « au niveau du passage piéton », elle l'accompagne désormais systématiquement « jusqu'à la porte » de l'établissement scolaire.
Son regard sur l'environnement extérieur a changé : elle se montre bien plus méfiante envers les passants le matin et « pose beaucoup plus de questions » à sa fille pour s'assurer que rien d'anormal ne s'est produit durant la journée. Ce qui était autrefois une routine banale est donc devenu une source d'angoisse.
La fin de l'innocence pour les activités sociales
Le climat de suspicion touche également la sphère privée et les moments amicaux entre enfants. Les sorties de classe, les goûters ou les soirée pyjamas ne sont plus perçus comme des moments de détente, mais comme des risques potentiels pour eux. « Si des parents que je ne connais pas invitent mon enfant, c’est impossible », explique ainsi une autre mère de famille.
Pour pallier cette peur omniprésente, certains parents se tournent vers des solutions plus radicales. Laura, dont la fille est âgée de 11 ans, explique utiliser la géolocalisation pour savoir en permanence où se trouve son enfant, « avec qui elle est et dans quel environnement » elle évolue. Elle assume un rôle de « maman parano » mais considère que « la sécurité doit passer avant tout ». De son coté, Ariane a d’abord refusé de voir sa fille rentrer seule de l’école, avant de finalement accepter, tout en l’encadrant. « Je fais gaffe aussi à ce que ça n'empiète pas sur la confiance que je peux lui faire sous prétexte de peur ou de prudence excessive » conclut-elle.