"L'argent ne tombera pas du ciel" : après la grêle, la désillusion des viticulteurs

Alors que les orages de grêle du week-end dernier ont fait bien des dégâts dans les exploitations viticoles de Gironde, l’heure est désormais à la constatation des préjudices subis.

Thumbnail

Quand ce n’est pas le gel, c’est la grêle… Ces derniers temps, les intempéries n’ont pas épargné les exploitations agricoles en France, au grand dam des producteurs, bien souvent désemparés face à ces facteurs qu’ils ne peuvent contrôler ou même anticiper. Ce samedi, de violents orages de grêle ont ainsi touchés pas moins de 7 100 hectares de vignes en Gironde. Le préfet de région Didier Lallement a visité ce mardi plusieurs exploitations sinistrées en assurant que l’État prendrait les mesures d'urgences qui s'imposent.

"Mon travail est de prendre des mesures immédiates dans le cadre de ce qu’il est possible de faire, et surtout de faire remonter au ministère de l’Agriculture les difficultés et les propositions novatrices qui sont sur la table. Il faut que chacun comprenne que nous sommes face à des phénomènes nouveaux de récurrence des événements climatiques. Leur fréquence désormais quasiment annuelle fait que les dispositifs conçus il y a de nombreuses années commencent à montrer leurs limites", admet-il au micro de Sud Radio.

Mais pour Bernard Farges, viticulteur et vice-président du CIVB (Conseil Interprofessionnel du Vin de Bordeaux), il faut aller plus loin et réfléchir à de nouvelles mesures pour venir en aide à des viticulteurs. "Nous savons que si les grêlons sont tombés du ciel, l’argent, lui, ne tombera pas du ciel. Nous le savons depuis des années. Il faut cesser d’attendre des miracles, ça n’existe pas. On va avoir dans cette zone des viticulteurs qui n’ont rien récolté en 2017 et en 2018 ! Aucun secteur d’activité, en France et ailleurs, ne peut résister à ça ! On doit donc pouvoir avoir des réserves physiques de vin, et des réserves d’argent non fiscalisées pour accompagner les entreprises lorsqu’elles subissent de tels aléas", plaide-t-il.

Propos recueillis par Christophe Bernard