Jean-Luc Moreau a pris le volant de la Kia EV2 pour l'émission On Parle Auto, sur Sud Radio. Ce petit SUV électrique coréen, assemblé en Slovénie, se lance en France en 2026 face à la Renault 4. Autonomie réelle, confort, tarifs et aide à l'achat : voici notre avis complet sur la Kia EV2, essayée sur route ouverte en juin 2026.
Kia EV2 : la cousine de l'Inster, en mieux dessinée
Chez Kia, la logique de nommage reste limpide. Le constructeur numérote ses électriques depuis l'EV9, la plus grande, jusqu'à cette EV2. D'ailleurs, une EV1 devrait logiquement suivre dans un avenir proche.
Techniquement, cette Kia EV2 partage beaucoup avec la Hyundai Inster, puisque les deux marques appartiennent au même groupe. Pourtant, la coréenne s'en distingue nettement sur la forme. « Je la trouve plus aboutie que sa cousine », tranche Jean-Luc Moreau dès les premières minutes de l'essai.
Concrètement, le style fait beaucoup moins gros jouet que celui de l'Inster. On reste dans le design carré maison, avec 4,06 m de long seulement. Sur le papier, la concurrente la plus directe de ce B-SUV s'appelle donc Renault 4.
En revanche, notre essayeur juge la face avant un peu massive, presque façon minibus. Surtout, cette silhouette anguleuse ne sert pas l'aérodynamisme. Vous le verrez plus loin, la consommation en paie le prix dès que le rythme monte. Pour situer ce modèle dans l'offre actuelle, notre guide des SUV 2026 par budget et par énergie reste un bon point de départ.
Un coffre de 362 litres et un intérieur bien pensé
À l'ouverture du hayon, le volume paraît d'abord modeste. Mais un vrai double fond se cache sous la tablette de plancher. Au total, le coffre annonce 362 litres une fois cette tablette retirée.
Le système présente toutefois un défaut d'usage. En effet, il faut embarquer la tablette dans l'habitacle pour libérer tout le volume. Heureusement, un mini coffre avant accueille le câble de recharge, ce qui évite de le poser sur les bagages.
À l'arrière, l'espace aux jambes surprend pour une auto d'à peine plus de 4 m. La version essayée compte cinq places, une déclinaison quatre places à sièges séparés restant envisagée. Ainsi, l'EV2 encaisse un usage familial ponctuel sans grimacer.
La planche de bord aligne trois écrans en bandeau face au conducteur. De plus, des raccourcis tactiles sous l'écran central gèrent la ventilation et la température. Les palettes au volant règlent la récupération d'énergie, avec un mode une pédale et un réglage automatique lié au trafic. Seule ombre au tableau, le planificateur de trajet reste facturé 600 euros en option, un tarif que notre essayeur trouve élevé.
Kia EV2 : autonomie annoncée et consommation relevée
Sous le capot avant, un moteur synchrone à aimant permanent développe 145 chevaux et 250 Nm. La transmission passe par les roues avant. La batterie, elle, adopte la chimie lithium fer phosphate et affiche 42,2 kWh.
Avec les jantes de 18 pouces de notre modèle d'essai, Kia annonce 308 km en cycle WLTP. Autrement dit, le constructeur table sur 15,5 kWh aux 100 km. Sur le terrain, le bilan a plutôt donné 16,3 kWh aux 100 km.
Le parcours n'avait pourtant rien d'exigeant : voie rapide à 110 km/h, petites routes et un peu de ville. Résultat, l'autonomie réelle tombe à 250 km au maximum. Sur autoroute, il faut même compter 180 km. « Ça n'est donc pas une voiture pour aller loin », résume Jean-Luc Moreau, qui pointe une consommation trop élevée pour le gabarit.
Une version 61 kWh doit toutefois rejoindre le catalogue. Dès lors, ce grief pourrait s'effacer en grande partie. Si le budget dicte votre choix, notre sélection de voitures électriques pas chères en 2026 complète utilement cet essai.
Recharge : 22 kW en courant alternatif, V2L et V2G
Notre exemplaire recevait le pack de charge avancée. Grâce à lui, le chargeur embarqué passe de 11 kW à 22 kW en courant alternatif. Ce détail change beaucoup de choses sur une borne publique de quartier.
Ce pack ajoute par ailleurs les fonctions V2L et V2G. La première alimente un appareil, voire une maison, via une prise 220 V embarquée. La seconde renvoie du courant vers le réseau, à condition de disposer d'une borne compatible, avec un intérêt financier réel.
En charge rapide, la puissance culmine à 118 kW. Certes, ce chiffre ne bat aucun record. Toutefois, il se situe dans les standards de la catégorie, avec une courbe de charge annoncée comme relativement plate.
Au volant de la Kia EV2, le confort crée la surprise
Jean-Luc Moreau ne cache pas son aversion pour les grandes roues. Avant de prendre le volant, il redoutait donc les jantes de 18 pouces sur une auto aussi courte. « J'avais tort », reconnaît-il après quelques kilomètres sur routes dégradées.
Le filtrage impressionne vraiment. « Ce n'est pas aussi moelleux qu'une Renault 4 E-Tech, mais on n'en est pas loin », nuance notre essayeur. Sur les pavés comme sur les ralentisseurs, la caisse encaisse avec une douceur inattendue.
Le comportement routier suit la même logique. Malgré 1 645 kg sur la balance, l'auto ne prend pas de roulis et reste saine en virage. Le 0 à 100 km/h tombe en 8,7 secondes, ce qui suffit très largement. Bref, les ingénieurs coréens ont soigné le châssis.
En ville, le format compact fait évidemment merveille. Un bémol subsiste néanmoins : le diamètre de braquage atteint 10,06 m, un chiffre banal pour une citadine surélevée.
Kia EV2 : prix, finitions et aide à l'achat
La Kia EV2 démarre à 26 670 euros en entrée de gamme, tarif toujours affiché par Kia France au 14 août 2026. La grille publiée par L'Argus le 22 mars 2026 place ensuite la finition Air à 28 820 euros et l'Earth à 31 320 euros. Les versions à grande batterie s'échelonnent de 33 320 à 37 320 euros selon cette même source.
Notre modèle d'essai correspondait à la version facturée 31 320 euros. Avec les options embarquées, la note grimpait à 35 420 euros. « Je trouve ça honnêtement un peu cher pour les prestations de la voiture », estime Jean-Luc Moreau.
Bonne nouvelle en revanche du côté des aides. Parce qu'elle sort d'une usine slovène, cette électrique franchit le filtre du score environnemental. Lors de l'essai, notre journaliste évoquait une aide comprise entre 3 500 et 5 600 euros selon les revenus. Le dispositif en vigueur s'appelle la prime « Coup de pouce Véhicules particuliers électriques », qui a remplacé le bonus écologique le 1er juillet 2025. Le véhicule doit rester sous 47 000 euros TTC, peser moins de 2 400 kg et afficher un score environnemental d'au moins 60 points. Une bonification s'ajoute depuis le 1er octobre 2025 pour une fabrication européenne avec batterie européenne. En revanche, service-public.gouv.fr ne publie aucun barème unique. Faites donc chiffrer votre cas auprès du concessionnaire.
Kia EV2 ou Renault Twingo E-Tech : le vrai match
En conclusion de son essai, Jean-Luc Moreau glisse une comparaison qui pique. La Renault Twingo E-Tech vient en effet d'arriver, avec une batterie plus petite. Or elle consomme beaucoup moins, ce qui lui donne une polyvalence proche de celle de la Kia.
L'écart tarifaire pèse ensuite très lourd. La française reste affichée sous 20 000 euros, bonus non déduit. Certes, les deux autos ne jouent pas exactement dans la même catégorie, la Kia offrant davantage d'espace et un vrai statut de B-SUV.
Notre essai complet de la Renault Twingo E-Tech détaille ce positionnement. À vous ensuite d'arbitrer entre habitabilité et coût d'usage.
Notre verdict sur la Kia EV2
La Kia EV2 séduit par sa présentation, son confort et son agrément de conduite. Elle corrige surtout le principal reproche adressé à sa cousine Inster, ce look de gros jouet. Pour un usage urbain et périurbain, elle coche donc presque toutes les cases.
Le talon d'Achille reste l'autonomie. Avec 250 km réels et 180 km sur autoroute, cette version 42,2 kWh impose une vraie discipline sur longs trajets. La future batterie de 61 kWh devrait corriger le tir, moyennant un supplément.
Reste la question du tarif. À 35 420 euros options comprises, la facture pique face à une Twingo E-Tech sous les 20 000 euros. Si votre budget se tend, la seconde main mérite un détour, et nos conseils pour bien choisir un véhicule électrique d'occasion vous éviteront les pièges.
En résumé, nous conseillons la Kia EV2 aux conducteurs urbains équipés d'une recharge à domicile. Les gros rouleurs, eux, attendront la grande batterie.
FAQ : vos questions sur la Kia EV2
Quel est le prix de la Kia EV2 en 2026 ?
La Kia EV2 démarre à 26 670 euros, tarif constaté sur le site de Kia France le 14 août 2026. La version essayée atteignait 31 320 euros, et 35 420 euros avec les options.
Quelle est l'autonomie réelle de la Kia EV2 ?
Kia annonce 308 km WLTP avec les jantes de 18 pouces. Lors de notre essai, la consommation relevée de 16,3 kWh aux 100 km ramène l'autonomie à 250 km, et même à 180 km sur autoroute.
La Kia EV2 donne-t-elle droit à l'aide à l'achat ?
Oui, car elle sort d'une usine implantée en Slovénie et respecte les critères de la prime Coup de pouce Véhicules particuliers électriques. Le montant dépend de votre revenu fiscal de référence et de l'offre de l'opérateur, sans barème public unique.
Quelle puissance de recharge accepte la Kia EV2 ?
Elle grimpe à 118 kW en courant continu. Avec le pack de charge avancée, le chargeur alternatif passe de 11 à 22 kW et ajoute les fonctions V2L et V2G.
Une version à plus grande autonomie est-elle prévue ?
Oui, Kia annonce une batterie de 61 kWh. Elle devrait lever une bonne partie des réserves formulées sur l'autonomie de la version 42,2 kWh.
Sources : essai Kia EV2, émission On Parle Auto, Sud Radio, par Jean-Luc Moreau ; Kia France, page offre commerciale EV2, tarif consulté le 14 août 2026 ; L'Argus, « Kia EV2 (2026) : prix, gamme et équipement du petit SUV électrique coréen », publié le 22 mars 2026 ; service-public.gouv.fr, prime Coup de pouce Véhicules particuliers électriques, mise à jour du 1er janvier 2026.
Source : émission On Parle Auto, Sud Radio. Replay et podcasts sur sudradio.fr.