Les stupéfiants sont impliqués dans près de 20 % des accidents mortels sur la route. Alcool, cannabis, protoxyde d’azote : leurs effets sur la conduite sont multiples et souvent aggravés lorsqu’ils sont associés. Le docteur Patrick Daimé, vice-président d’Addiction France, était l’invité de l’émission On parle Auto, au micro de Laurence Péraud et Jean-Luc Moreau.
Les stupéfiants, troisième cause de mortalité sur la route
En 2024, 3 193 personnes sont mortes sur les routes françaises selon un rapport de l'Observatoire national interministériel de la sécurité routière. Dans le détail des causes, l’alcool reste impliqué dans environ 30 % des accidents mortels, une proportion qui n’a, selon le Dr Patrick Daimé, « pas baissé depuis 40 ans », malgré l’amélioration des véhicules et des infrastructures.
Les stupéfiants, eux, sont positifs dans environ 18 à 20 % des cas. Une tendance en légère hausse, qui inquiète les spécialistes de santé publique. Le médecin rappelle également que dans 50 % des cas de conduite sous stupéfiants, l’alcool est aussi présent, une combinaison particulièrement dangereuse. Laurence Perraud alerte sur un point souvent méconnu : « C’est la première cause de mortalité, toutes causes confondues, chez les 18-25 ans », en parlant de l’alcool au volant.
Les stupéfiants impliqués dans 20 % des accidents mortels sur la route
— Sud Radio (@SudRadio) January 3, 2026
Dr Patrick Daimé (Addiction France) : "L’alcool est malheureusement un sport national en France"
Suivez le direct : https://t.co/QKa5EfuJSu pic.twitter.com/E1c3SsrGfa
Quels effets des drogues sur la conduite ?
Le Dr Patrick Daimé refuse le terme de « drogue dure », qu’il juge imprécis. Il rappelle que « les drogues qui tuent le plus en France sont l’alcool et le tabac », avec 42 000 morts par an pour l’alcool et 80 000 pour le tabac.
Sur les effets spécifiques à la conduite :
- L’alcool entraîne une désinhibition, une diminution du contrôle, puis des troubles de la vigilance à dose plus élevée.
- Le cannabis provoque surtout une baisse de la réactivité et des troubles de l’attention.
- En termes de risques, l’alcool multiplie par 20 le risque d’accident mortel, le cannabis par 3,5, mais l’association des deux fait grimper le risque à 28.
Pour illustrer, le médecin utilise une image marquante : « Le conducteur alcoolisé est en marche arrière sur la bande d’arrêt d’urgence à 90 km/h, alors que le consommateur de cannabis roule à 70 sur la file de gauche. »
Protoxyde d’azote : une consommation en forte hausse
Autre sujet d’inquiétude abordé à l’antenne : le protoxyde d’azote, dont la consommation explose depuis 4 à 5 ans, notamment chez les jeunes. Selon les chiffres cités, 6 % des moins de 25 ans en consommeraient.
Le Dr Patrick Daimé met en garde contre un produit « extrêmement toxique sur le plan neurologique », provoquant troubles de la mémoire et du comportement, et totalement incompatible avec la conduite.
Le protoxyde d’azote au volant
— Sud Radio (@SudRadio) January 3, 2026
Dr Patrick Daimé (Addiction France) : "Ça existe depuis très longtemps, mais la consommation a explosé depuis 4 à 5 ans"
Suivez le direct : https://t.co/QKa5Efuc2W pic.twitter.com/IFB5NhxI14
Prévention, réduction des risques et répression : une réponse globale nécessaire
Pour conclure, le vice-président d’Addiction France insiste sur la nécessité d’une réponse équilibrée : « Il ne faut pas avoir qu’une réponse répressive. Il faut absolument associer prévention, réduction des risques et répression », notamment face aux consommations de substances psychoactives.
Il appelle aussi à s’interroger sur les causes profondes de ces usages, évoquant des difficultés sociales et sociétales qui favorisent le recours aux substances.