singlesud.php

Périco Légasse : "Vouloir faire taire un média, c’est prendre le risque d’être muselé soi-même"

OPINION - Une pétition pour supprimer CNews dépasse les 500 000 signatures. Périco Légasse sur Sud Radio s’agace de ceux qui veulent voir fermer un média.

Logo de CNews, chaîne accusée de propagande par une pétition
Lionel BONAVENTURE - AFP/Archives

"Pourquoi la censure nous guette-t-elle des deux côtés de l’Atlantique ? Vouloir faire taire un média, c’est prendre le risque d’être muselé soi-même. Une évidence que Donald Trump a apprise à ses dépens. Assis l’autre soir devant mon écran de télévision, j’ai été interpellé par une information qui révèle la relativité des valeurs portant sur la liberté d’expression"

"En effet, le 18 septembre dernier, le président des États-Unis d’Amérique décide d’interdire l’accès à la Maison-Blanche à deux chaînes de télévision, CNN et MS NOW, ainsi qu’au média en ligne Politico, avec effet immédiat. Motif officiel : ces trois médias propagent des fake news. Motif réel : ces trois médias se permettent de donner une version de l’Amérique qui n’est pas celle de la doxa dominante"


"Trois chaînes américaines ont décidé de ne plus assurer le suivi des activités présidentielles"

"Les trois titres concernés ont aussitôt porté plainte pour entrave à la liberté de la presse, mais le plus inattendu dans cette affaire est la réaction des autres médias. Le 21 septembre, trois jours après, bien que non visées par l’anathème présidentiel, les chaînes CBS, ABC, NBC et même Fox News, pourtant réputée pro-Trump, ont décidé de ne plus assurer le suivi des activités présidentielles et de boycotter la Maison-Blanche, cessant de fait la diffusion de toute information aux États-Unis et dans le monde entier. Bien que ces chaînes forment ce que l’on appelle le pôle présidentiel, leur décision a été appliquée le jour même"

"Alors que Donald Trump inaugurait une gigantesque plateforme d’hélicoptères dans l’enceinte de la Maison-Blanche, un projet décidé par lui et par lequel il comptait communiquer sur l’énergie constante dont il fait preuve pour améliorer l’efficacité de sa fonction, aucune image ni aucun son, à part ceux du service de presse présidentiel, ne sont sortis de Washington. Belle démonstration de solidarité professionnelle, disons même de confraternité, de la part de médias aux sensibilités politiques pourtant très différentes, voire parfois opposées. Étonnante différence de traitement d’une situation selon la rive de l’océan Atlantique où l’on se trouve"

"Il y a des accusations d'une violence inouïe en France !"

"Nous entendons depuis quelques jours en France de surprenantes invectives contre certains médias, accusés de colporter des idéologies inspirées par la haine et le racisme. Des accusations d’une violence inouïe, suggérant, voire exigeant, la fermeture de telle ou telle antenne. Quand ce ne sont pas des menaces politiques plus précises encore"

"Mais on est où là ?"

"Si un jour nous sommes au pouvoir, il faudra faire taire ces médias fascistes. Le plus douloureux est que cette opprobre est parfois relayée par d’autres journalistes s’exprimant sans complexe sur la nécessité d’établir désormais une censure pour neutraliser des médias se faisant le relais d’un discours politique nauséabond"

"Mais on est où, là ? Il nous arrive d’avoir des divergences de fond et de forme avec certains confrères sur l’interprétation de tel ou tel événement, sur la lecture d’une conjoncture politique ou sociale donnée"

"Interdire une chaîne, c'est basculer dans une logique qui évoque des périodes et des réalités de triste mémoire"

"Auquel cas, nous débattons, nous contredisons, jusqu’à, si besoin, susciter la polémique au nom de ce parler vrai dont nous avons fait l’ADN de Sud Radio. Ceux qui nous écoutent et nous appellent savent bien qu’en cas de désaccord avec eux, nous leur faisons savoir dans un dialogue apaisé. Mais prenez l’interdiction d’une chaîne ou d’une radio, qui plus est de forte diffusion : c’est basculer dans une logique qui évoque des périodes et des réalités de triste mémoire"

"Je m’en tiens là, évidemment. Mais en serions-nous là en France en 2026 ? Eh bien oui, nous y sommes. J’ai volontairement tu le nom des médias insultés que vous avez tous reconnus et menacés, que j’évoque dans cette humeur, pour ne pas ajouter à cet odieux lynchage public la honte pour mon pays que cette réalité m’inspire"

L'info en continu
15H
14H
13H
12H
11H
10H
Revenir
au direct

À Suivre
/