Soyez libre Elisabeth Lévy, bonjour. On parle de cette guerre des Américains et des Israéliens contre l'Iran, qui ressuscite aussi la fracture de 2003, juste avant l'Irak, entre les faucons et les colombes.
« On est loin quand même des passions de 2003. Rappelez-vous, la France, gonflée à bloc par le lyrisme chiraco-vilpiniste, fustigeait le néo-impérialisme américain et les rares défenseurs des néo-conservateurs étaient conspués. Bon, si on fait abstraction aujourd'hui, et on le fait, des dingueries des insoumis, et bien le débat est plus feutré.
D'ailleurs, je ne suis pas sûr que l'opinion soit encore passionnée par cette guerre qui semble, pour l'instant, assez lointaine. Sur les plateaux, en tout cas de télé, on ne voit pas partisans et adversaires de cette guerre s'invectiver. Il faut dire qu'après la répression sanglante du début d'année, il est difficile de pleurer publiquement Khamenei.
"Trump et Netanyahou vont mettre le feu à la région"
Alors, cependant, vous avez raison, il y a une petite musique qui monte. Et cette petite musique nous dit telle que Donald Trump et Netanyahou vont mettre le feu à la région, qui d'ailleurs, comme chacun le sait, était jusque-là calme et pacifique.
Parce que si une puissance menaçait ses voisins, si cette puissance armait des groupes terroristes et opprimait sa population, oui, on pourrait discuter de la légitimité de la guerre, mais non, on psalmodie toujours le même mantra : « Jamais un régime n'est tombé par la force, et surtout à la suite d'une campagne aérienne ».
🇮🇷 Guerre en Iran : la politique de la force oublie le droit international
— Sud Radio (@SudRadio) March 3, 2026
🗣️ @ELevyCauseur :"Cette guerre n’est peut-être pas conforme au droit international et tant mieux. Droit international, ça veut dire impuissance" #GrandMatin
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"L'Iran, ce n'est pas l'Irak"
Alors d'abord, je dirais trois choses. Ça n'arrive jamais jusqu'au jour où ça arrive, la géopolitique, ce n'est pas une science exacte. Donc c'est absurde de répéter un peu bêtement la même chose. Deuxièmement, l'Iran, ce n'est pas l'Irak, et ce n'est pas la Libye, je n'ai pas besoin de détailler.
Enfin, le but de guerre des Américains et des Israéliens, ça n'est pas d'ailleurs de renverser le régime, c'est de priver l'Iran de ses capacités de les nuire. Et tout le monde espère, au passage que cela va créer les conditions pour que le peuple iranien, au sol, se débarrasse de ces mollah. »
"Le Monde a mobilisé d'obscurs spécialistes pour fustiger cette transgression"
Mais cette politique quand même de la force oublie le droit international.
« Ah bah oui, ça désole. Je cite Le Monde qui a mobilisé d'obscurs spécialistes pour fustiger cette transgression. Marine Tondelier, elle a donc été citée, qui regrette qu'on ait tué Khamenei au lieu de le juger. Elle ne nous dit pas d'ailleurs quel tribunal s'en serait chargé, et puis il y a toutes les bonnes âmes qui nous expliquent que l'ONU devrait être à la manœuvre.
Autrement dit que rien ne devrait se passer, vu que l'Assemblée Générale de l'ONU, c'est un conglomérat de dictatures ou de régimes plus ou moins démocratiques, plutôt moins, animés par la haine d'Israël et de l'Amérique.
"Cette ligne mollassonne est la colonne vertébrale de la diplomatie française"
Alors le problème, c'est que cette ligne mollassonne, cette ligne pour le droit international, et bien c'est aussi la colonne vertébrale de la diplomatie française, puisque pour Emmanuel Macron, il l'a encore dit il y a quelques jours, la question du nucléaire iranien doit être réglée par la diplomatie. Autrement dit, pas réglée du tout, parce que depuis 15 ans, la diplomatie, on en fait et le régime trimballe l'Occident.
Alors Jean-Noël Barrot a dit que cette intervention unilatérale aurait mérité d'être débattue. Oui, l'histoire est en marche et la France regrette qu'il n'y ait pas eu assez de blabla. Alors oui, peut-être que cette guerre n'est pas conforme au droit international mais j'ai tendance à m'en réjouir quand le droit international est synonyme d’impuissance. »
Retrouvez Soyez Libre dans le Grand Matin Sud Radio au micro de Patrick Roger.