Le projet de loi constitutionnelle « pour une Corse autonome au sein de la République » est examiné cette semaine à l’Assemblée nationale. Un texte issu du « processus de Beauvau », enclenché après le meurtre d’Yvan Colonna à la prison d’Arles le 2 mars 2022 et les manifestations violentes qui ont suivi dans l’île"
"Les débats s’annoncent houleux, tant les oppositions sont fortes à droite comme à gauche. Il ne s’agit rien moins que de l’aboutissement d’un demi-siècle de lutte armée clandestine et fratricide pour tenter de doter la Corse « d’un statut d’autonomie au sein de la République, qui tient compte de ses intérêts propres, liés à son insularité méditerranéenne et à sa communauté historique, linguistique, culturelle, ayant développé un lien singulier à sa terre », comme le dessine le nouvel article 72-5 de la Constitution. En clair, les lois et règlements pourront faire l’objet d’adaptations insulaires, si la réforme est adoptée"
"Le moment est historique"
"Il y a tout d’abord un mot qui coince celui de « communauté », imposé par le gouvernement en lieu et place de « peuple corse », comme le rappelle Gilles Simeoni, maire nationaliste de Bastia et ancien président de la Collectivité territoriale. La gauche dénonce une rupture avec l’universalisme républicain. Ce qui bloque ensuite est le pouvoir normatif censé être accordé à l’île, celui de pouvoir voter ses propres lois ou règlements. Pas question, dit la droite qui veut que ce pouvoir soit soumis au contrôle préalable du Parlement à Paris. Certains s’inquiètent enfin d’un glissement, à terme, vers une indépendance de la Corse. « Les Baléares, les Açores, la Sardaigne ou la Sicile sont autonomes depuis des décennies et ont progressé sur le plan économie et social », rappelle Gilles Simeoni"
"Le moment est historique. Le leader nationaliste prévient : « si le Parlement nous ferme la porte au nez ou s’il nous envoie un signal négatif en édulcorant ce texte et en remettant en question l’accord politique qui le sous-tend, ce sera lourd de conséquences perturbantes. » La Corse déjà en proie au grand banditisme ne peut plus renouer avec les années de plomb. Elles seraient synonymes de chaos"