Une envolée générale des prix n’est pourtant pas acquise : stocks, importations, contrats avec la distribution et abondance de certaines récoltes peuvent amortir les tensions. Les cultures d’automne et d’hiver restent néanmoins sous surveillance.
"Le conseil que je vous donne, c’est de regarder les étiquettes"
Le constat est déjà visible sur les étiquettes. Selon l’Observatoire 2026 de Familles Rurales, les légumes conventionnels coûtaient en juin 10 % de plus qu’un an auparavant, et les légumes bio 7% de plus. La courgette affichait +32%, la tomate grappe +31% et le haricot vert +24%. Les fruits, eux, résistaient davantage : leur prix moyen était quasiment stable en conventionnel (-0,2%) et reculait de 10% en bio.
Depuis, la sécheresse a accentué les difficultés. Dans la grande distribution, les laitues auraient enregistré des hausses allant jusqu’à 40% sur un an et les tomates grappes 35%. La production nationale aurait parallèlement reculé de 30% pour la carotte, 25% pour la courgette et jusqu’à 60% pour le brocoli. Mais ces tensions ne se traduisent pas mécaniquement par une hausse uniforme : certains distributeurs lissent les prix ou travaillent avec des contrats négociés plusieurs mois à l’avance.
Au micro de Sud Radio, Daniel Sauvaitre, président d’INTERFEL, l'Interprofession des fruits et légumes frais, invite donc à comparer : "Le conseil que je vous donne, c’est bien entendu de regarder les étiquettes, puisque nous sommes sur un marché totalement ouvert. Mais il y a une obligation : c’est la mention de l’origine. Quand le consommateur va devant son étal de fruits et légumes, il voit l’origine du fruit, du légume qu’il achète. Même les importateurs sont bien d’accord aujourd’hui, à Interfel, pour dire qu’il est tout à fait légitime que les consommateurs donnent une préférence positive à ce qui est produit en France et soutiennent nos maraîchers et nos arboriculteurs, qui sont bien à la peine cette année".
Hausses des prix : les melons résistent, les poire, prunes et raisins aussi
Tous les produits ne sont d’ailleurs pas orientés à la hausse. "C'est tout d'abord le melon, Il avait été annoncé des risques de manque, donc toute la campagne l'a craint. Et en fait, on a toujours été bien achalandés. Et puis, les producteurs se plaignent même encore aujourd’hui de dire : finalement, on a eu une très bonne campagne, une belle offre, la demande était là, et nos prix ont toujours été en dessous de notre coût de production. Du côté des fruits, vous avez les pommes qui vont arriver sur les étals, les poires. On va avoir les prunes, les raisins. Sur l’ensemble des fruits, malgré les difficultés de production, on a un début de saison d’automne, avec ces fruits qui se mettent en place, avec des prix qui sont assez voisins de ceux qu’ils étaient l’an passé. D’ailleurs, ça inquiète un peu les producteurs. On a toujours des pêches, des nectarines. Mais voilà, du côté des fruits, les rayons sont toujours bien achalandés", poursuit Daniel Sauvaitre à l'antenne de Sud Radio.
Une récolte globalement déficitaire n’entraîne pas non plus automatiquement une pénurie quotidienne. Daniel Sauvaitre rappelle : "Vous savez, la campagne, elle est sur une longue période. Ce sont des fruits, pour certains, qui se stockent. Et donc, on peut très bien manquer globalement pour la campagne, mais avoir une offre qui reste conséquente au quotidien, et donc des prix qui se forment et qui sont à peu près du niveau de ce qu’ils étaient l’an passé".
"Il y a toujours une bonne affaire à faire au rayon des fruits et légumes frais"
L’incertitude porte désormais sur les mois à venir. Les cultures d’automne et d’hiver déjà en terre ont souffert de la chaleur, notamment les légumes-racines et les légumes à feuilles. INTERFEL avertit également que les épisodes climatiques extrêmes affectent les rendements, les calibres et la conservation de certaines productions.
Pour les consommateurs, la hausse pourrait donc rester très différente d’un produit à l’autre. "Le consommateur, c’est ce qu’il faut lui dire : devant un étal, il faut qu’il soit rusé, il faut qu’il soit malin, il faut qu’il cherche la bonne affaire. Parce qu’il y a toujours un fruit, il y a toujours un légume qui est en promotion. Il y a toujours une bonne affaire à faire au rayon des fruits et légumes frais."
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