Faut-il faire un lien entre les réseaux sociaux et les comportements agressifs d’une partie de la jeunesse lycéenne ?
Réseaux sociaux : "Un contenu violent qui capte l'attention"
"Il faut d’abord rappeler que cette violence demeure marginale, explique Baptiste Detombe, essayiste, auteur de “L’homme démantelé” et “La révolution affective” (Albin Michel), au micro de Jacques Cardoze, sur l'antenne de Sud Radio. Ensuite, une fois dit cela, le monde numérique et algorithmique augmente l’exposition à ces violences. En sciences cognitives, on parle de l’effet de simple exposition. Il vient normaliser des contenus violents au quotidien."
"L’algorithme favorise lui-même un contenu violent qui capte l’attention. Au-delà de cela, le lien social est menacé. La boussole du bien et du mal passe largement par le regard, par les retours que l’on a dans les interactions sociales du quotidien. Le problème d’une jeunesse qui grandit auprès du numérique est qu’elle perd cette boussole morale, sa capacité à savoir ce qui est bien ou mal."
📱Quel lien entre réseaux sociaux et colère lycéenne ? #BlocusLycées
🗣️ @BaptisteDetombe : "L'algorithme favorise un contenu violent qui attire bien mieux l'attention" #GrandMatin
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— Sud Radio (@SudRadio) October 6, 2026
Une addiction au sexe et à la violence
Voir et revoir les mêmes scènes de violence crée-t-il une addiction ? "Il y a l’accoutumance, la chose qui paraît normale alors qu’elle était indécente auparavant, résume Baptiste Detombe, essayiste, sur l'antenne de Sud Radio. Ce que Georges Orwell appelait la décence commune. Ensuite, il y a une forme d’addiction qui mène à un mimétisme. Ce désir mimétique est reproduit de manière industrielle par le numérique. Les contenus les plus addictifs, ceux qui attirent le plus l’attention, ont rapport au sexe et à la violence. Ce qui amène à ce que la jeunesse y soit surexposée. Le monde numérique amène à un siècle antisocial, à une grande désinhibition où l’absence de liens amène à des comportements déviants."
"Si une bonne partie de la jeunesse parvient à y échapper, une partie marginale s’y adonne. Ce qui explique les violences auxquelles nous avons pu assister. On voit que la violence est beaucoup plus décomplexée. La présence des écrans fait écran aux visages, le véhicule de l’empathie. On manque d’empathie quand on grandit dans un monde numérique. Mais le temps d’écran de la Génération Z est en train de se réduire depuis 2022. Des signaux d’espoir existent, il faut y croire."
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