L’actualité internationale, balayée par l’affaire Epstein, aurait presque fait oublier les enjeux cruciaux du Moyen-Orient. À la veille des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis où l’avenir de la région pourrait bien se jouer, la République islamique mène également de son côté des exercices militaires dans le stratégique détroit d’Ormuz.
Face à l’armada militaire déployée par Washington dans le Golfe, composée de plusieurs navires de guerre dont le porte-avions USS Abraham Lincoln, les Gardiens de la révolution ont décidé de riposter. Annoncées à la télévision iranienne ce lundi, les autorités ont entamé à leur tour des manœuvres dans le golfe Persique et la mer d’Oman, sous la supervision de leur chef Mohammad Pakpour.
Le détroit stratégique comme zone de cristallisation
Si ce déploiement n’est qu’un exercice, il montre bien que la tension dans la région est toujours présente. Cette action, dont la durée n’a pas été précisée, a pour objectif de préparer les Gardiens de la Révolution "aux menaces sécuritaires et militaires potentielles" dans ce détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de la production mondiale de pétrole.
- @LeSommierRgis :"Trump veut la paix, Poutine dit qu'il veut la paix et il n'y a que les Européens qui veulent la guerre mais pourquoi ? Dans quel but ? Qui va la faire ?" #PoulinSansReserve pic.twitter.com/q3XIi9MMig
— Sud Radio (@SudRadio) February 26, 2025
Des pourparlers cruciaux
Pour autant, un second cycle de pourparlers entre les deux pays aura bien lieu demain en Suisse, à Genève. Des discussions sur le nucléaire iranien qui se dérouleront sous haute tension, puisque le président américain Donald Trump menaçait encore vendredi le gouvernement iranien de conséquences "traumatisantes" et d’un renversement de pouvoir faute d’accord. Pour cela, le propriétaire de la Maison-Blanche a envoyé ses émissaires spéciaux : Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump.
Côté américain, le but de ces pourparlers est toujours le même : maintenir la pression sur l’Iran et faire accepter aux mollahs de diluer leur uranium le plus fortement enrichi. Mais les Etats-Unis exigent également que l'ancienne Perse limite son programme de missiles balistiques et cesse de soutenir des groupes armés régionaux.
Dans un entretien publié ce dimanche par la BBC, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Majid Takht-Ravanchi, annonçait que l’Iran était prête à "envisager des compromis" pour parvenir à un accord nucléaire avec les États-Unis. Cependant, une condition demeure : Washington doit accepter la levée des sanctions sur le pays du Moyen-Orient.