single.php

Iran : un silence pesant après la répression

Par Emmanuel Mottet

Après plusieurs semaines de manifestations durement réprimées par le régime, l’Iran semble plongé dans un calme inquiétant. le point sur la situation.

JULIEN DE ROSA - AFP

Un embrasement puis le calme, mais pour combien de temps ? Après les manifestations qui ont débuté le 28 décembre en Iran et les répressions violentes du gouvernement de la République islamique, le calme, ou la peur, semble s’être emparé de l’ensemble du pays.

« Un retour au calme » dans le sens où les manifestations ont cessé, synonyme de la reprise de contrôle de la République des mollahs. Après avoir coupé Internet pour empêcher la diffusion d’images durant cette période de répression, un haut responsable iranien a déclaré ce lundi que l’accès à Internet reviendrait « progressivement » à la normale cette semaine. Signe que les conflits entre les Gardiens de la révolution et les manifestants sont presque terminés.

Plus de 10 000 morts 

Concernant les victimes, il est à l’heure actuelle difficile d’énoncer un véritable bilan. Les chiffres varient, mais il est certain que des milliers de personnes ont été tuées, reste à savoir s’il s’agit de 3 000 morts comme l’annoncent les plus basses estimations ou de 10 000 comme l’estiment plusieurs ONG. Des milliers de personnes ont également été arrêtées et encourent la peine capitale, c’est-à-dire la peine de mort. L’Iran semble d’ailleurs utiliser ces exécutions comme « un outil d’intimidation étatique », comme l’ont qualifié ce lundi les Nations unies.

Des familles regroupés devant la morgue 

Des milliers de victimes que les familles tentent de retrouver, lorsque le courage de sortir leur vient. À la morgue, les queues n’en finissent pas, les parents tentent tant bien que mal de fouiller parmi les corps qui s’entassent. Selon les informations de nos confrères du Parisien, une fois le corps d’un proche identifié, les familles ont alors deux options : soit déclarer que le défunt est un bassidji (milicien), c’est-à-dire un martyr, ou alors payer, car le régime considère avoir gaspillé des balles et se rembourse donc sur les victimes.

En raison des prisons pleines à craquer, les responsables iraniens ont dû créer des geôles de fortune, dans des hangars ou des garages, signe de l’ampleur du mouvement et des arrestations. Pour empêcher toute nouvelle révolte, les autorités iraniennes ont aussi interdit les rassemblements de plus de deux personnes dans la rue sous peine d’être interpellé ou attaqué par des soldats lourdement armés. Mais les mollahs, dans leur volonté d’un retour à la norme, intiment également l’ordre aux employés administratifs de retourner travailler pour éviter tout risque de grève.

La télévision comme outil de propagande

Pour enrayer la révolte, la propagande télévisuelle iranienne est en marche. Chargée de retourner l’opinion publique, la télévision diffuse des images de manifestants se repentant d’avoir participé au mouvement populaire. Les morgues sont également montrées à l’écran pour dissuader toute tentative de nouvelles manifestations.

L'info en continu
18H
17H
16H
15H
14H
13H
12H
Revenir
au direct

À Suivre
/